Actualités :: Thomas Sankara et Joseph Ki-Zerbo : "Un comportement patriotique et une (...)

Pour l’auteur de cette déclaration, le moment est aujourd’hui venu d’arrêter le triomphe du ridicule et le tourbillon des alliances contre-nature. La seule alternative, c’est le vrai sankarisme, qui se démarque de "l’actuelle famille politique dite sankariste".

Face aux propos et agissements multiples et multiformes des politiciens de tous bords et dont nul n’ignore les tenants et les aboutissants, je n’ai pu m’empêcher d’associer ma petite et modeste voix à ce débat fort contradictoire certes, mais souvent révélateur d’un esprit de dénigrement qui exaspère immanquablement le lecteur respectueux des principes élémentaires qui fondent l’Etat de droit.

Ma voix, s’il faut le préciser, ne participe d’aucune manière à cette polémique politicienne en ajoutant de la fumée à la fumée pour obscurcir davantage l’expression démocratique. Ma voix, en fait, est celle d’un citoyen nostalgique des temps révolutionnaires, à qui on a appris à chérir sa patrie, mieux à la défendre envers et contre tout.

Toujours imbu de ces valeurs patriotiques, je voudrais tant oser lutter et savoir vaincre, mais, « heurté » à la question de savoir sur qui jeter mon dévolu, je me rends compte que je souffre encore et plus que jamais de ce sevrage identitaire et idéologique survenu brutalement au soir du 15 octobre 1987.

Hélas, rien ne me permet, pour l’instant, de clamer fort, avec une conviction inébranlable, du haut d’une tribune, à l’endroit d’un seul dirigeant politique, ce refrain des temps révolutionnaires : « Mon candidat n’est pas voleur, il n’est pas véreux, il n’est pas corruptible, jamais, jamais, c’est pourquoi je le suis ... démocratie ». Faut-il alors me résigner à choisir un borgne parmi les aveugles dans le seul souci d’accomplir mon devoir citoyen ?

C’est là que s’éveille en moi, et d’une façon prégnante, l’instinct sankariste dans son sens originel : conscience patriotique qui me défend de cautionner toute candidature qui n’est pas porteuse d’avenir pour chaque Burkinabè et pour la nation toute entière.

"Thomas Sankara n’a jamais voulu d’un peuple qui subit"

Ce valeureux et digne fils du Pays des hommes intègres, en son temps, a su, grâce à son sens élevé du patriotisme, réaliser avec son peuple et pour son peuple de grandes œuvres, et ce, malgré des ressources limitées, des moyens dérisoires. Ces performances réalisées en un temps record rappellent, s’il en est besoin, cette célèbre pensée de notre illustre homme d’histoire, le professeur émérite Joseph Ki- Zerbo : « On ne développe pas, on se développe ».

C’est pour dire qu’aucun peuple n’est complètement dépourvu au point de ne pas connaître un certain niveau de bonheur et de prospérité pour peu qu’il sache, par un élan de patriotisme, utiliser judicieusement les ressources dont il dispose. Si Dieu, en créant le crapaud, avait placé sa pitance au sommet d’un arbre, nul doute qu’il I’aurait doté des moyens Iui permettant d’y accéder.

Le Burkina est mémoratif que Thomas Sankara n’a jamais voulu d’un peuple de vaincus, qui subissent leur destin ; de ce fait, il n’aurait jamais permis à la gent féminine, faute d’alternative meilleure, de vivre de son corps, une pratique avilissante qui jouit de nos jours d’une certaine légitimité (c’est le lieu de supplier notre célèbre DG de la police nationale d’abroger « sa fameuse loi » qu’on pourrait assimiler à tort ou à raison à une incitation à la débauche juvénile ; espérons que le Président du CNLS/IST va sensibiliser son homme qui, vraisemblablement, n’a pas cure des comportements à risque).

Pour en revenir à notre éminent professeur Ki-Zerbo, nous avons le grand bonheur de compter parmi nous cet inspirateur d’une idéologie de développement. Malgré le poids des années, qui n’a nullement affecté ses facultés de penser, ce géant du panafricanisme s’est laborieusement investi à distiller des théories indéniablement porteuses de progrès pour l’Afrique et à apporter une éclaircie dans cette Afrique pervertie par la malgouvernance.

Parlant justement de la malgouvernance (une maladie invalidante), nous en avons bien un cas illustratif : c’est le régime actuel, qui a le mérite d’enrichir de façon fulgurante et vertigineuse une poignée d’individus, laissant le peuple dans son écrasante majorité dans une misère indescriptible ; un modèle de développement solidaire dont seuls son concepteur et ses courtisans saisissent le sens et le bien-fondé.

Par ailleurs, il convient de rappeler que la famille restreinte des « enfants choyés » s’est récemment élargie avec la désignation de l’opposant « idéal » et le ralliement officiel de l’ADF/RDA qui a solennellement choisi de sortir de cette coquille (le chef de file de l’opposition) qui ne nourrit pas gracieusement son homme, surtout que l’éléphant doit son élégance à sa ration, un appétit féroce qui l’amène à dévorer sans vergogne ses alliés (une stratégie souterrainement approuvée et entretenue suivant les circonstances par le plus solidaire des solidaires).

"Maintenant, arrêtons !"

Pionniers d’hier, nous sommes devenus aujourd’hui des électeurs potentiels du fait de notre âge, de notre maturité ; nous estimons que le moment est venu d’arrêter le triomphe du ridicule et le tourbillon des alliances contre-nature. Donnons-nous rendez-vous au carrefour du sankarisme en tant que comportement patriotique (qui se démarque de l’actuelle famille politique dite sankariste) et du « ki-isme », une idéologie de développement que nous sommes tenus de concilier harmonieusement pour réhabiliter l’intégrité qui sommeille dans notre subconscient, pour assainir nos mœurs et relever vaillamment les nombreux et pressants défis qui se posent à nous.

Ce sont ces deux béquilles sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour réaliser ce sursaut salvateur en inversant résolument la tendance ; le chemin du développement n’est pas rude, encore moins aride ; nous nous en sommes simplement écartés, alors arrêtons cette errance et ressaisissons-nous pour célébrer à l’unisson la mémoire de notre géniteur.

Dès lors, les politiciens qui ont toujours redouté le réveil d’un peuple déterminé à sanctionner la gabegie, la démagogie et la rapacité se verront obligés de tirer leur révérence sans tambour ni trompette et les éminents juristes agrégés en manipulation des lois et désireux d’assujettir notre démocratie à ce « truc » mouvant apprendront à leurs dépens que la marche est victorieusement engagée pour l’avènement d’une démocratie véritable.

Cissé Boubacar Ousmane

50 36 21 66/76 64 94 23

(1) La titraille et le chapeau sont de la rédaction

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