Actualités :: Les Africains responsables de leurs souffrances

L’Afrique noire a souffert depuis des siècles et des siècles. Les fléaux se sont succédé et ont blessé l’Afrique profondément.

D’abord, c’était l’esclavage. Ensuite, la colonisation. Ce sont encore les Blancs. Ceux-ci avaient de meilleures armes ; dans le combat ils étaient tellement forts qu’avec une centaine de soldats ils étaient capables de vaincre tout le peuple moaaga (et tout le Burkina Faso actuel). Le moogo naaba avait quand même une grande armée, bien organisée, avec des combattants redoutables.

Après la conquête, des atrocités nombreuses ont été commises. Les colonies étaient une source de revenus. Comme souvent, les plus forts sucent les plus faibles. Les Blancs avaient des motos et des voitures mais il n’y avait pas de bonnes routes. Pas de problème. Tout le village sur la piste ! Apporter le gravier bien sûr sur la tête.

Et bien battre le sol, comme les gens le faisaient pour le toit des cases rectangulaires des chefs. Les travaux forcés avec exploitation humaine : "pour le bien du pays". Pour dire vrai, "pour le bien des colonisateurs". Transporter de grandes poutres sur des dizaines de kilomètres, sur la tête, des jours entiers, pour la construction des maisons des colonisateurs. Naturellement, les femmes devaient apporter la nourriture.

Un travail forcé car il y avait des punitions sévères si le travail n’était pas vite et bien fait. Les routes à faire, les maisons à construire, les arbres à planter et à arroser, et le chemin de fer à construire. Les gens étaient obligés de venir de loin pour faire ces fameux chemins en fer. Dans d’autres pays africains, c’était pareil ou encore plus grave.

Au Congo, les gens devaient fournir du caoutchouc : 15 kgs de rubber par homme adulte et par mois. Ils devaient faire saigner le caoutchouc, le récolter et le sécher loin dans la brousse. Ils devaient aller de plus en plus loin car on ne pouvait pas saigner un même arbre indéfiniment. Quand les gens n’apportaient pas la quantité imposée, on les punissait.

Souvent, on leur coupait une main. Pour montrer aux autres qu’il faut travailler sérieusement pour les maîtres. A la longue, certains villages exemplaires devaient décourager ceux qui avaient des velléités de révolte. Un cas très précis pris dans un rapport de 1895 : un commissaire du district Loonga jw’Ekondaqui écrit qu’il a reçu un jour 1308 mains coupées. Les soldats devaient apporter autant de mains des morts que de balles qu’ils avaient tirées. S’ils n’avaient pas assez de mains, ils coupaient les mains des vivants.

Dans le même lieu et dans la même période, dans un même village, 956 personnes sur qui on a tiré, 200 personnes ont été faites prisonnières dont la moitié des enfants qui ont entre 4 et 10 ans en une journée. Ne pensez pas que ce fait est unique et tout à fait exceptionnel. Entre 1885 et 1925, la population du Congo a été diminuée de moitié.

Les nombreuses blessures de la colonisation ne sont pas encore guéries de nos jours. Quelle saignée pour l’Afrique ?
Mais, qui recrutaient (forçaient) tous les hommes et femmes pour faire les routes, pour construire les maisons et les chemins de fer, pour récolter le caoutchouc, et qui punissaient ceux qui n’exécutaient pas ou pire ceux qui se révoltaient ?

Bien sûr, le colonisateur ordonnait le travail forcé et était souvent au courant des atrocités. Les officiers des soldats étaient en général encore des Blancs. Mais la plus grande partie des exécutants de ces atrocités, au moins 90%, étaient des Noirs. Mieux vaut reconnaître notre part de culpabilité pour ne plus répéter les mêmes fautes. Nous les Africains, nous étions en partie responsables de notre souffrance.

Sans l’aide des Noirs, les Blancs n’auraient jamais pu faire ce qu’ils ont fait. Je répète, ce sont les colonisateurs, ce sont les Blancs qui sont coupables du travail forcé, de toutes les atrocités du temps colonial. Mais je répète aussi que sans nos frères africains, les colonisateurs auraient été incapables de nous coloniser. Luttons contre tout ce qui fait souffrir les Burkinabè.

Bonne nouvelle : L’immunité des soldats américains devant le tribunal international n’a pas été prolongée par l’ONU.

F. Balemans
BP 332 KOUDOUGOU (frans_balemans@hotmail.com)

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