Actualités :: Province de la Kossi : Haut-commissaire ou agent de liaison (...)

Ainsi, le 13 novembre 2005, les Burkinabè se rendront aux urnes pour élire celui qui, pour les 5 ans à venir, présidera à leurs communes destinées.

Ce scrutin, à coup sûr, sera l’un des plus ouverts et des plus disputés de l’histoire du Faso démocratique. Et pour cause : il se tient à un moment où l’opposition, autrefois abonnée au boycott, et qui s’est enfin rendue compte que la politique de la chaise vide ne paie pas, entend descendre dans l’arène.

De plus, cette consultation a lieu après l’autodafé de Sapouy qui, il faut le dire, lui a permis de se refaire une cure de jouvence en décrochant de nombreux sièges à l’Assemblée nationale.

« Cette fois, nous ne boycotterons pas », avait déjà martelé l’opposition, dont la frange dite radicale a déjà désigné ses jockeys (Mes Hermann Yaméogo et Sankara Bénéwendé ainsi que M. Philippe Ouédraogo). Pour sûr, le chef de file de l’opposition, Me Gilbert Ouédraogo de l’ADF/RDA, ainsi que les leaders du PDP/PS et de l’OBU seront, eux aussi, sur la ligne de départ. Sans oublier Ram l’écolo, recalé aux primaires d’Alternance 2005, mais décidé à prendre le départ de la course.

Si les candidats de l’opposition sont déjà connus ou presque, c’est toujours l’attente, le silence du côté du parti au pouvoir. En effet, on se demande si Blaise Compaoré va se présenter à la présidentielle. On se souvient du débat houleux sur la constitutionnalité ou non de sa plus que probable candidature à ce scrutin.

A présent, ce débat semble s’être essoufflé et on a l’impression que les adversaires du régime ont compris que, sans pour autant négliger les joutes juridiques, il fallait s’organiser et batailler ferme sur le terrain pour vaincre tout candidat du CDP, qu’il s’appelle Blaise Compaoré ou autre.

En vérité, c’est presqu’acquis, l’enfant terrible de Ziniaré sera le poulain du CDP, car rien, apparemment, ne peut l’en empêché, et il est illusoire de penser que le Conseil constitutionnel lui jouera un tour pendable, lui fera une vacherie en le disqualifiant.

Depuis, les associations genre Tanties, Tontons, Cousins, Papys, Mamies, Amis et Promotionnaires de Blaise Compaoré, sans oublier les commerçants, les handicapés, les apprentis, les mangeurs de haricot, les charretiers et autres pousseurs de barriques... battent le pavé pour le supplier de se représenter. A ce rythme, on se demande si les associations des survivants du Tsunami et des attentats de Madrid ne vont pas annoncer dans les jours qui suivent leur soutien à l’enfant terrible de Ziniaré.

Le beau Blaise, pour sa part, est « très sensible à ces appels et à cette mobilisation populaire » tous azimuts en sa faveur.

Vendredi dernier encore, la Radiotélévision du Burkina a diffusé un reportage sur une manifestation de soutien des populations de Komki -Ipala au chef de l’Etat : il s’agissait pour elles de conjurer Blaise Compaoré de se présenter à l’élection présidentielle à venir. Leur marche a pris fin à la préfecture, où un message destiné au président sortant a été remis à madame le préfet.

Elle a promis aux manifestants que leur message serait transmis à qui de droit. On se rappelle que c’est dans ce département, que Blaise Compaoré avait, en 1991, annoncé son intention de briguer la magistrature suprême.

Le lendemain samedi, on a servi aux téléspectateurs de la « chaîne du plaisir partagé » un autre reportage de la même veine. Cette fois, c’était les populations de Nouna, dans la Kossi, qui sollicitaient la candidature du même Blaise. Là, on est monté en grade puisque l’agent de liaison était le haut-commissaire en personne, qui a aussi promis de transmettre le message à son destinataire.

A l’allure où vont les choses, il est clair que les 44 autres provinces du pays vont suivre la cadence donnée par la Kossi. Il ne serait pas non plus étonnant que les 350 départements suivent l’exemple de Komki-Ipala. Puis viendront les villages, les secteurs, les quartiers, les sous-quartiers et les concessions.

Cette spirale lancée, il est à craindre que les autorités locales (préfets et hauts-commissaires) se transforment en plantons transportant tout temps du courrier vers Ouagadougou. Au fait, après la brèche ouverte à Komki-Ipala et à Nouna, les autorités locales peuvent-elles refuser de prendre aussi du courrier pour les leaders de l’opposition ? Démocratiquement, non !

A l’occasion de ces joutes électorales, on s’attendait à ce que l’Administration fasse preuve de neutralité, mais elle semble rouler pour un camp. Sinon entre nous, pourquoi ne pas envoyer à Komki-Ipala ou à Nouna un Simon ou un Salif ou encore un Roch récupérer le courrier de leur patron ? Sous d’autres cieux, l’opposition pourrait demander qu’on relève le préfet de Komki-Ipala et le haut-commissaire de la Kossi de leurs fonctions pour comportements partisans.

La CENI, pour préserver en amont la sérénité de ce scrutin, doit ordonner qu’on mette fin à cette dérive, qui n’honore pas notre Administration et notre démocratie.

C’est vraiment dommage qu’on en soit encore là, et on peut s’étonner de ce que les responsables en question, le CDP et les multiples soutiens de Blaise, n’aient pas suffisamment d’intelligence pour ne pas tomber dans ces travers.

C’est proprement honteux et il est grand temps que Moumouni Fabéré, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, envoie une lettre-circulaire à ses agents pour leur intimer l’ordre d’arrêter ces conneries.

Dans quelle République sommes-nous pour que les hauts-commissaires, les préfets, sous-préfets et les "fous pressés" se transforment en facteurs pour acheminer du courrier partisan ? On l’aurait compris, si l’objet de la démarche était d’utilité publique ou d’intérêt général, or là... Ces messieurs et dames auraient d’ailleurs voulu nous faire comprendre qu’ils sont là pour servir le CDP et son chef, mais non la nation, qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Faut-il croire que certains sont nés après la honte ?

San Evariste Barro
Sidwaya

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