Actualités :: Affaire Norbert Zongo : Les anniversaires se suivent et se ressemblent

Chaque 13 décembre est devenu un jour de douleurs. Pour les bourreaux du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons de voyage, dont la conscience est à vif, rongée par un des crimes les plus odieux que le Burkina ait connus. Pour les parents des victimes qui attendent toujours la vérité pour pouvoir véritablement porter leur deuil ; et pour le peuple burkinabè fatigué de traîner depuis six ans un si lourd fardeau.

Sans aucun doute, il serait salutaire d’en finir avec ce voile d’obscurité qui couvre encore l’assassinat du journaliste Zongo. Il s’agit d’avoir à coeur de le voir déchiré pour qu’enfin, apparaissent au grand jour, les auteurs de la forfaiture et que justice se fasse, seuls gages d’un véritable pardon des coeurs.

On ose croire que les pouvoir exécutif est aussi déterminé qu’une grande partie des Burkinabè dont le Collectif incarne certaines aspirations. Le président du Faso, premier magistrat du pays, l’a dit et redit, tous les moyens (financiers et matériels) ont été mis à la disposition du juge d’instruction pour mener à bien son travail. Une façon de faire porter la responsabilité du blocage du dossier au juge ? Ou aux témoins qui se rétractent ou hésitent à franchir la porte du juge ? Mais, au delà de la seule personne du juge, tout le monde est interpellé par les déclarations du chef de l’Etat.

L’affaire David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, torturé à mort, est connexe à celle Norbert Zongo. Elle a connu un dénouement judiciaire, des peines ont été prononcées. Sans être entièrement satisfaite, la famille de la victime a tout de même accepté d’être dédommagée, preuve qu’elle a, d’une façon ou d’une autre, pardonné. Et depuis, l’affaire David Ouédraogo est quasiment classée.

C’est dire la force de persuasion d’un verdict de justice, fût-il contestable. Si c’est la crainte d’un séisme socio-politique, voire d’une remise en cause des institutions, qui justifie les lenteurs judiciaires sur l’affaire Norbert Zongo, il y a maldonne. Les Burkinabè, même s’ils ont la mémoire tenace, savent pardonner. Il n’y a qu’à se référer aux crimes politiques et économiques commis au Burkina et dont les auteurs continuent de circuler en toute liberté, sans crainte de représailles. Une faute avouée est à moitié pardonnée, dit-on. Et il n’est pas exclu qu’en dépit de la gravité du drame de Sapouy, le peuple pardonne.

En tous les cas, l’impunité n’est jamais éternelle et il vaut mieux éteindre la douleur par l’humilité de la confession plutôt que de compter sur une prescription pour s’en sortir. L’usure du temps ne peut effacer les événements du 13 décembre 1998. La plaie restera béante. Nous en voulons pour preuve, les tourments que connaît Pinochet, plus de trente ans après le régime de terreur qu’il a instauré.

Dans l’affaire Zongo, la chance a une chance unique de s’affranchir davantage et de se réhabiliter aux yeux du peuple, ce d’autant que le feu vert a été donné par le chef de l’Etat. La peur de la relégation administrative peut-elle tétaniser et empêcher de servir une cause hautement significative, à savoir permettre aux fils et aux filles du Burkina de se donner la main ? Le sursaut d’orgueil s’impose plus que jamais, car il permettra d’impulser une nouvelle dynamique au pacte social qui régit une vie apaisée en communauté.

Toute action allant dans ce sens placera résolument le Burkina sur la voie irréversible de la démocratie et de la lutte contre l’impunité.
Cette prise de conscience devait déjà s’affirmer au 5e anniversaire, pour le symbolisme du chiffre. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et les Burkinabè espèrent sans doute ne pas avoir à rouvrir cette page sombre en décembre 2005. Tout simplement parce que le dossier aura été jugé, et la plaie cicatrisée, ouvrant une nouvelle ère véritable de pardon.

Le Pays

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