Actualités :: Burkina / Réseaux sociaux : La dépravation des mœurs sur la plateforme TikTok (...)

Les préoccupations croissantes liées à la dépravation des mœurs, la diffusion d’images obscènes, la promotion de la haine et la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux ont été au cœur des discussions à la plénière de ce mardi 5 décembre 2023, à l’Assemblée législative de la transition (ALT). La ministre en charge de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabané, a été invitée à répondre à une question orale mettant en lumière les mesures nécessaires pour préserver les valeurs de la société face à ces dérives, en particulier sur la plateforme TikTok.

L’interpellation de l’Assemblée législative de transition souligne une préoccupation grandissante concernant l’influence négative des réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes. La question orale a mis l’accent sur la nécessité de réglementer l’utilisation de TikTok par les enfants et d’instaurer des mesures efficaces pour contrer la dépravation des mœurs.

La ministre Aminata Zerbo/Sabané a reconnu l’importance cruciale du rôle des parents dans le contrôle des activités en ligne de leurs enfants. Elle a souligné que les parents devraient être actifs dans la configuration et la surveillance des téléphones qu’ils offrent à leurs enfants. De plus, elle a insisté sur la nécessité de former les jeunes à une utilisation responsable des réseaux sociaux.

« À travers les initiatives des différents ministères et des organisations de la société civile, il y a pas mal de sensibilisations et de formations qui sont faites à l’endroit de plusieurs cibles, comme les journalistes, les parents, les enseignants, les jeunes pour l’utilisation responsable des réseaux sociaux », a déclaré la ministre, soulignant les efforts en cours pour éduquer la population sur les conséquences de la dépravation des mœurs en ligne.

« Il faut jauger la pertinence d’offrir ou pas un smartphone aux enfants. Car malheureusement aujourd’hui, pour avoir la paix on leur donne le smartphone », Aminata Zerbo/Sabané, ministre en charge de la Transition digitale

Cette interpellation faite au ministère en charge de la Transition digitale, intervient dans un contexte mondial où les gouvernements cherchent à renforcer la régulation des réseaux sociaux pour protéger la société des contenus néfastes. En raison de sa popularité croissante chez les jeunes, TikTok fait donc l’objet de débat, devenu un sujet préoccupant pour les autorités burkinabè.

Une peine d’emprisonnement allant jusqu’à deux ans en cas d’infraction

« Les réseaux sociaux ne sont pas un espace de non droit. C’est pourquoi certains contenus, sources de dépravation des mœurs qui y sont véhiculés, peuvent tomber sous le coup de la loi. En effet, les cas d’exhibition de nature sexuelle ou d’utilisation abusive des réseaux sociaux sont constitutifs d’infraction au sein du code pénal burkinabè. Ainsi, l’article 533-1 du code pénal dispose que : est puni d’une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 250 000 à 2 000 000 de francs CFA, quiconque commet un outrage public à la pudeur », a rappelé la ministre en charge de la Transition digitale.

« Les enfants ont plus d’un tour dans leur sac », a témoigné le 4e vice-président de l’Alt dont le fils a plusieurs fois trouvé les moyens de contourner le système de contrôle

Aminata Zerbo/Sabané a expliqué que « constitue un outrage public à la pudeur, toute exhibition sexuelle ou tout autre acte intentionnel contraire aux bonnes mœurs accompli publiquement ou dans un lieu privé accessible aux regards du public, susceptible d’offenser la pudeur et le sentiment moral des personnes qui en sont les témoins involontaires ».

L’alternative aux limites de la loi et des moyens techniques

Au regard des limites de la loi et des moyens techniques, le ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques, préconise la sensibilisation et l’éducation à la consommation responsable des contenus des réseaux sociaux. Et le ministère estime que cela passe par une forte implication des parents, familles, enseignants, leaders religieux, chefs coutumiers et traditionnels, etc.
« Il nous revient à tous dans notre société de surveiller ce que regardent nos enfants sur Internet, d’installer et d’utiliser des outils techniques de contrôle parental sur leurs appareils électroniques et discuter avec eux des contenus qu’ils consomment », exhorte la ministre de la Transition digitale.

Vers le blocage des comptes en conflit avec la loi

La ministre Aminata Zerbo assure que son département est engagé dans des discussions avec notamment Facebook et TikTok afin de voir les perspectives de collaboration pour diligenter les fermetures de comptes, ou leur blocage sur le territoire burkinabè. Les comptes ciblés sont ceux dont les administrateurs foulent au pied, les lois édictées au Burkina Faso.

Aussi, il faut noter qu’au niveau du ministère en charge de l’Éducation nationale, les préoccupations posées sur les réseaux sociaux et principalement TikTok, ont été prises en charge, selon la ministre de la Transition digitale. Elle rappelle qu’à la faveur de l’introduction de l’éducation civique au post-primaire et secondaire, la construction des curricula a réservé une place de choix aux réseaux sociaux et à la télévision. Et ce, à travers le thème : « Les avantages et les inconvénients des réseaux sociaux et des programmes télévisuels ». [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Hamed Nanéma
Lefaso.net

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