Actualités :: Sommet de l’UA : La grande mascarade

Lors du sommet de l’UA sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté à Ouagadougou, les réunions se succédaient et se ressemblaient . J’ai lu les journaux durant toute une journée entière. Quelle déception ! Une quinzaine d’interventions lors de la cérémonie d’ouverture. Des phrases oratoires impressionnantes mais qui ne nous sortent ni du chômage ni de la pauvreté.

Voyez vous-même : - un chômage structurel dont les pays ne sortiront pas sans une réorientation profonde des politiques qui, pour être juste, doit viser la satisfaction des besoins fondamentaux des populations.

- nécessité de renforcement du secteur privé africain de façon à lui permettre de créer des emplois rémunérateurs et sécurisés.
- nécessité de la prise en compte de la population. Ce sommet a-t-il accouché des mesures réalistes et réalisables pour l’emploi et la lutte contre la pauvreté ? Le président met l’accent sur le fait que la pauvreté est un terreau favorable à tous les problèmes dans lesquels se débat l’Afrique. Il faut mettre rapidement en place des stratégies pour résoudre tous les problèmes qui empêchent le continent de décoller.

S’il y a quelque chose à souhaiter, c’est qu’après avoir vitupéré du haut de la tribune de Ouaga 2000, leurs excellences passent maintenant enfin aux actes car des discours de cette sorte, on en a suffisamment entendu sans pour autant que le sort du continent noir en trouve amélioration. Une rencontre de plus.

Mais qu’est-ce que vous voulez ? Tous ces grands personnages présents au sommet de l’UA ne savent même pas ce qu’est la pauvreté. Avec leurs perdiems et le remboursement de leurs frais sans compter le coût général de ce sommet, des milliers de charrues auraient pu être achetées.(...)

Naturellement, des abus ont été fortement critiqués : la dette insupportable, le commerce international déloyal et injuste, la privatisation imposée par le FMI et la Banque mondiale qui conduit au chômage, le PAS encore imposé par le FMI et la Banque mondiale qui empêchent l’Etat d’embaucher des fonctionnaires et le pressent à la compression du personnel.

Le directeur général du FMI, Rodrigo De Rato, a même dit : "Nous n’avons jamais imposé le PAS". Celui -là n’est pas décédé à cause de son mensonge. Par ailleurs le président de la commission de l’UA, Alpha Omar Konaré, a publiquement interpellé le FMI et la Banque mondiale d’assumer leur responsabilité. Car le non recrutement à la fonction publique et les privatisations qu’ils ont imposés ont montré leurs limites.

En clair, ils ont échoué et au lieu de nous sortir de la pauvreté, ils nous ont enfoncés dans la misère. Mme Lucie Mboto Fouda porte -parole du FMI, a même promis que le FMI va désormais adapter ses stratégies aux besoins réels des pays africains. Elle l’a dit sans le moindre signe de honte. Oui ! Mieux vaut tard que jamais. Seulement, je me demande à qui et à quoi les stratégies du FMI étaient adaptées jusqu’à maintenant ?.

Ces abus sont réels ; donc, c’est la faute des autres ; et ainsi le chômage et la pauvreté ne sont pas de notre faute. Ce qui est faux ! C’est bien aussi la nôtre .
Quelles sont les orientations concrètes réalisables et efficientes de ce sommet ? Employer les fonds des PPTE (Pays pauvres très endettés ) à des fins de création d’emplois, surtout au bénéfice des populations qui souffrent aujourd’hui du chômage. Ce qui est bien dit n’est-ce pas ?

Mais il y a des possibilités réelles : donner de petits crédits aux petits groupes pour des activités rémunératrices comme l’élevage, la restauration, le petit commerce. De petits crédits qui pourraient augmenter au fur et à mesure que le groupe se montre capable de gérer des crédits et de les rembourser à l’échéance convenue (je n’invente rien ; ça existe déjà au Burkina ). Il faut une rigueur pour les remboursements et les mesures coercitives pour les retards de remboursements .

Ces fonds peuvent être gérés par des employés qui ne reçoivent pas automatiquement leurs salaires à la fin du mois mais sont payés selon l’efficacité de leur travail. Avec 10% d’intérêt, ces employés peuvent être payés.
Où trouver l’argent ? Il peut être trouvé sur le plus d’impôt sur les riches. Aller voir les châteaux à Ouaga 2000 . Un peu moins de constructions de prestige tels que les bâtiments publics à Ouaga et ailleurs et des milliers de pauvres pourraient être aidés avec cet argent.

Notre adage : consommons burkinabé.

Bonne nouvelle : la Hollande a donné plus de 260 millions de frs CFA pour la lutte contre les criquets qui sont arrivés au nord du Burkina

F. Balemans
BP 332 Koudougou

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