Actualités :: Le chef de l’Etat face à la presse : L’accueil de l’opinion

Que pense l’opinion en général, la classe politique en particulier, de l’entretien radio-télévisé que le président Blaise Compaoré a accordé le jeudi 5 août dernier à cinq journalistes de la presse nationale et internationale ? C’est ce que nous avons voulu savoir en promenant notre dictaphone ce week-end.

Docteur Emile Paré (Président de l’OBU) :

Premièrement, l’impression que cet entretien laisse c’est qu’on a donné une occasion au chef de l’Etat pour justifier (et non faire un bilan) toute sa politique, tous ses actes et comportements de ces dernières années. Et pour lui, tout est bien ; alors que les indicateurs sociaux disent le contraire (depuis 1997, soit 7 ans, nous sommes à la queue dans le classement du PNUD).

En 1994, c’est 44,5% des Burkinabè qui vivaient en dessous du seuil de pauvreté ; en 2004, soit 10 ans après, c’est près de 50% qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Deuxièmement : le chef de l’Etat a esquivé les questions fondamentales de l’heure, alors que c’est sur ces questions que le peuple veut des réponses claires. C’est notamment la question de sa candidature, c’est à dire sa lecture de l’article 37 de la Constitution.

Ici, il a eu une réponse éclectique. Il dit que c’est prématuré, qu’il a d’autres préoccupations, qu’il est cependant sensible "aux propos" de ceux qui veulent qu’il se présente, pour dire en fin de compte que c’est la chambre constitutionnelle qui va trancher. Donc il est candidat, puisque la chambre ne se prononce que sur les dossiers de candidature qui lui sont soumis.

Ensuite sur la crise ivoirienne, nous n’avons pas perçu la politique du gouvernement du Burkina Faso pour aider à sortir de cette crise qui pèse sur les Burkinabè tant en Côte d’Ivoire qu’au Burkina. C’est à un jeu de cache-cache que nous assistons entre Blaise et Gbagbo. Blaise attend que Gbagbo parle, Gbagbo attend que les rumeurs cessent pour parler. Alors ! ! ! Sur le plan économique, le Président n’admet pas un seul instant l’échec de la politique de libéralisation qu’il mène ; alors que les institutions internationales qui en sont les auteurs tendent à reconnaître l’échec de cette politique.

Le Président cite la montée fulgurante du nombre de cellulaires (300 000) comme un indicateur du dynamisme économique. Ça c’est grave. Ce nombre indique plutôt que le Burkina est devenu un pays de simples consommateurs des produits des autres, où on pratique une politique économique affairiste, qui ne tient pas compte des nécessités ; une passoire économique. En résumé, cet entretien révèle que Blaise sera candidat à sa succession en 2005 ; c’est déjà une pré-campagne. L’entretien intervient à un moment où l’OBU, que je dirige, vient de publier son programme de gouvernement pour 2005, qui met à nu l’échec de la politique du gouvernement de la IVe république et propose des solutions alternatives. Alors, que le peuple apprécie les deux politiques.

Hermann Yaméogo, président national de l’UNDD :

Merci de recueillir mon point de vue. Cela participe d’une volonté de gestion plus équilibrée des opinions et c’est tout à votre honneur. Ceci dit, pour ne pas être accusé de faire des commentaires réducteurs ou de l’opposition primaire, je n’irai pas jusqu’au fond de ma pensée. Je dirai simplement que c’était mauvais, à la limite blessant pour notre fierté nationale.

Intervenant sur un organe gouvernemental, le président a eu droit, de la part dudit organe, à une introduction glorificatrice de son action et l’opposition, par ricochet, à un tableau destructeur de son image. Mais Dieu faisant bien les choses, Blaise Compaoré a détruit cette « surpaye » par une prestation médiocre tant du point de vue de la forme que du fond. Sur la forme, il n’a pas assuré, comme on dit. Je n’en dirai pas plus. Sur le fond, certaines questions ont été éludées, d’autres escamotées et il a choisi, le plus clair du temps, de faire dans le dilatoire, n’hésitant même pas à insulter l’intelligence des Burkinabé.

Quelques exemples. Pour le putsch à l’ADF-RDA, que vont penser les Burkinabé, les partenaires, de la réponse donnée avec feintise à ce qu’il qualifie en gros de « bisbille entre Hermann Yaméogo et Gilbert Yaméogo, pardon, Gilbert Ouédraogo » ? Qu’il se moque du monde. C’est le même sentiment que l’on a quand il suggère, avec ironie, que les déguerpis du projet ZACA, sont bien mieux là où ils sont maintenant que dans leurs huttes, et lorsqu’il traite par-dessus la jambe l’affaire sensible du policier Juvénal Hien.

Quant au statut du chef de file de l’opposition, le président a fui le débat en prétextant qu’il y avait des prétentions exagérées, oubliant de mentionner que la Concertation de l’opposition (COB), se substituant au président de l’ADF-RDA que j’étais, avait repris le dossier à son compte, pour faire de nouvelles propositions assorties d’un projet de décret tout à fait acceptable. Mais elle n’a eu droit, on le sait, qu’à une réponse méprisante. Au sujet de sa candidature contestée, le prétexte de l’éloignement des consultations pour garder le mystère n’a convaincu personne, encore et surtout qu’insidieusement, la campagne est déjà lancée.

Du reste, il a donné le sentiment que le pouvoir était taillé à sa seule mesure. Quand vous recevez tant de sollicitations des provinces pour construire des écoles, des dispensaires, vous ne cherchez pas à partir, a-t-il fait savoir. Comme si c’était de sa poche qu’il faisait ses réalisations, comme si avant lui, il n’y avait pas eu de telles demandes satisfaites et comme s’il n’y en aura pas après lui. C’est du messianisme de mauvais aloi. S’agissant du différend ivoirien, le président Compaoré a joué les vierges effarouchées quand on lui a fait remarquer que beaucoup ont fait une relation de cause à effet entre la crise au sein de l’ADF-RDA et le fait que je le contredisais sur sa gestion de ce différend. Ses dénégations n’ont convaincu personne.

Ce qui n’a pas davantage plu, c’est cette façon qu’il a eue de vouloir capitaliser, avec rouerie, les manifestations populaires qui ont précédé son départ à Kléber, en profitant de la télévision pour donner à consommer que la majorité des Burkinabé partageait en tout point ses visions sur la gestion de cette crise. Quant au refus d’assumer enfin son implication dans cette affaire ivoiro-sous-régionale, dont les effets se font ressentir maintenant jusque dans le panier de la ménagère, j’en ai été outré. Enfin, j’ai trouvé déplacé qu’il enjoigne pratiquement aux autorités ivoiriennes de faire ce que lui, Blaise Compaoré, pense être le mieux pour leur pays.

Pour ce qui est du tout dernier classement du PNUD, le débat a laissé entier le sentiment partagé par la majorité des Burkinabè, que les taux de croissance agressifs et triomphants de 4, 5 ou 6% exhibés n’étaient qu’un leurre pour ferrer les bailleurs, mais qui masque de moins en moins le fossé grandissant entre gouvernants et gouvernés, dans les redistributions sociales des fruits de la croissance. Le président n’a pu que reproduire les mêmes vieilles litanies : c’est l’avenir qui compte, les indices de développement retenus sont sujets à caution...

Pourtant, il y a 10 ans, Norbert Zongo dénonçait déjà notre classement à cette antépénultième place. Et on lui répondait, comme aujourd’hui, que c’est une question de temps, que les critères sont discutables... Si après plus de 18 ans de gestion, le pouvoir n’a toujours pas pu faire bouger le pays d’un iota, c’est que le temps n’y est vraiment pour rien dans l’affaire. Sur le registre des interventions sociales, on ne peut pas contester effectivement qu’il y a des choses de faites, notamment en matière de bitumage de nos routes, mais le président n’a pas véritablement expliqué pourquoi les secteurs de l’éducation et de la santé, en particulier, sont en crise.

Il ne suffit pas que chaque jour, il y ait inauguration d’une école, d’un dispensaire ; encore faudrait-il les ouvrir à la hauteur de l’augmentation de la population, donc des demandes, mais aussi les pourvoir en personnels, en matériels, en ressources. Encore faudrait-il donner à l’enseignement un contenu conforme à ce qu’on souhaiterait que le jeune burkinabè soit à la fin de son cycle scolaire, si cette vision existe !

Toujours sur le front de la cohésion sociale, il n’a pas, comme beaucoup s’y attendaient, annoncé des mesures concrètes et crédibles pour débloquer les avancements ou pour relever un tant soit peu le niveau des salaires, pour « désangoisser » réellement les jeunes par rapport à la question de l’emploi ; quant aux mesures d’apaisement concernant le capitaine Ouali et ses camarades, là aussi, c’est la déception. A la question attendue sur la santé de l’armée, il a rougi les yeux pour tenter d’ébranler les journalistes et il a botté en touche en affirmant que tout roule au sein de la grande muette, ce qui, tout le monde le sait, est loin d’être le cas.

Sur le chapitre du coton, on retiendra une baisse de pugnacité dans son combat. Il se contente cette fois-ci de ce que le débat ait pu avoir lieu à Genève, mais on aura remarqué qu’il n’a plus du tout mouillé la chemise comme pour Cancun. C’est vrai qu’entre temps, il y a eu un rapprochement avec la partie américaine, sur la base d’un contrat aventureux pour l’OGMisation du Burkina Faso. Et à ce sujet du reste, il a manqué de retenue en allant jusqu’à se substituer aux scientifiques pour dire que l’innocuité des OGM a été pour une grande part scientifiquement prouvée. Au total, cet exercice du président, pour innover, n’était pas mauvais en soi, mais il aura déçu en ce qui le concerne.

Toutefois, la surprise est venue des journalistes, qui (malgré les interrogations sur les critères de leur sélection) ont pour la plupart montré du courage, du professionnalisme, n’hésitant pas à mettre le doigt sur les vrais problèmes. Je tiens à les féliciter. Sans l’avoir voulu, ils ont quelque part mis en lumière la nécessité du changement et surtout ils ont coupé court aux vaines tentatives pour convaincre que hors Blaise Compaoré, personne ne peut gérer le Burkina Faso.

Achille Tapsoba (CDP) :

Je crois que cette sortie du chef de l’Etat est originale. Cela tranche avec tous les discours qu’il a eu à prononcer lors des 5 août passés. Le contenu de cette conférence de presse était bon également, car il ne s’est pas agi d’un discours monocorde ou convenu.

Gilbert Ouédraogo, chef de file de l’opposition (ADF/RDA) :

D’abord je dois dire que c’est une innovation pour le Burkina Faso (ailleurs, en France par exemple, le 14 juillet, c’est désormais une tradition). Cela permet aux journalistes de pouvoir interpeller le chef de l’Etat sur les préoccupations majeures des populations. C’est une bonne chose qu’il ait accepté de se prêter aux questions de la presse. Mais je suis resté sur ma faim, car sur certaines questions, il aurait dû aller en profondeur.

Par rapport au chef de file de l’opposition, il faut que les gens croient à la démocratie au sein des partis, qu’ils croient aux partis, mais non aux dirigeants éclairés. Il n’y a pas de main externe qui ait agi dans tel sens ou dans tel autre au niveau de l’ADF/RDA. La réponse du chef de l’Etat a été claire, et il ne pouvait en être autrement. Pour ce qui est de l’accélération de la désignation de ce chef de file, je crois que les gens oublient trop vite. Dès juin 2002, Hermann Yaméogo avait adressé une lettre au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale pour parler de son gouvernement alternatif. Nous, nous avons mis une année à voir le PM, et nous attendons toujours le décret. En fait on est plus avancé que lui.

A l’époque, on lui avait fait la proposition, mais il avait dit que c’était tout ou rien, sinon à l’époque il était le chef de file de l’opposition. Quant à moi, si le président de l’Assemblée m’a désigné, c’est parce qu’il y avait une polémique autour du nombre de députés et il fallait agir de la sorte pour éclaircir la situation. L’ADF/RDA a toujours été, depuis 2002, le premier parti de l’opposition ; c’est cela qui compte. Si demain quelqu’un prend ma place et que l’ADF/RDA est toujours dans cette situation, cette personne sera toujours ce chef de file de l’opposition. Enfin, j’aurais voulu que le président du Faso évoque la modification unilatérale du code électoral et la question de la décentralisation.

Zémané Mathieu : artiste (Batik) :

Moi, je dirai que le chef de l’Etat nous a tenu un langage politique, le 5 août 2004, jour anniversaire de notre indépendance. Le langage politique et le langage ordinaire sont différents. Le langage politique multiplie le langage ordinaire par dix. Et moi, je vous dis que dans de pareilles circonstances, il ne faut pas prendre cela pour argent comptant, il faut le prendre avec discernement.

Le oui d’un politicien peut souvent signifier un non. Par exemple pour la candidature du président aux prochaines élections, il fallait s’attendre à ce qu’il ne se prononce pas. Car s’il le fait maintenant, peut-être que ses adversaires vont encore mieux se préparer pour l’affronter. Il préfère laisser les gens dans le suspense. Nous attendons 2005. On ne juge pas un politicien par ce qu’il dit, mais par le résultat de son action. Tout est souvent bien dit, c’est le résultat qui déçoit quelquefois le peuple.

Idrissa Compaoré (commerçant) :

Ce qui a le plus attiré mon attention dans ce que le président a dit, c’est la question liée à l’affaire Norbert Zongo. Le chef de l’Etat nous a rassuré que le dossier suit son court. Nous, nous attendons son dénouement. Nous sommes dans une société qui apprécie beaucoup les vertus de l’humilité et de la bonne foi. Jusque-là le président nous semble être de bonne foi et humble dans la recherche de solution à cette affaire. Nous attendons donc le bon dénouement de l’affaire. Il y a aussi la situation du marché Rood Woko. C’est vraiment important pour nous les commerçants. Car depuis, beaucoup d’activités sont paralysées. Nous voulons vraiment que nos activités soient vraiment relancées et le plus tôt serait le mieux.

Boureima Zouma (élève) :

J’ai été déçu par l’entretien que le président a accordé à la TNB le 5 août dernier. De toutes les façons, il nous a habitué à ce genre d’entretien. Pourtant, nous attendions beaucoup de cet entretien. Par exemple à propos de la vie politique nationale, le président est resté évasif sur la polémique de sa très probable candidature aux élections de 2005 et de sa retraite politique. Alors qu’il aurait pu apporter des réponses franches pour rassurer les Burkinabè de la tenue d’élections transparentes et acceptées de tous.

J’avoue que sur le volet socio-économique, le président répond de façon laconique au problème de l’affaiblissement croissant du pouvoir d’achat des consommateurs. A la question de savoir ce que gagne le Burkina Faso à organiser des sommets tels que celui de la Francophonie, le chef de l’Etat laisse entendre que ce sont les mêmes qui profiteront encore tandis que le peuple continue de gérer sa misère comme il peut. De cet entretien, le chef de l’Etat a beaucoup parlé, mais n’a pas apporté les réponses aux nombreuses préoccupations de ses concitoyens.

Mamadou Barro (Secrétaire général du SYNTER) :

J’ai suivi comme beaucoup de citoyens l’entretien du chef de l’Etat avec la presse. Je suis un acteur social et la première chose que j’ai remarquée, c’est l’absence quasi-totale d’analyse et de réflexion sur les questions d’éducation. Quand on sait que l’éducation est un domaine qui vaut à notre pays le classement qu’il a dans le rapport du PNUD, encore que le président a lui-même reconnu les insuffisances du gouvernement dans le domaine éducatif, je m’attendais à ce qu’il ait des propositions concrètes à faire.

C’est à ne rien comprendre, à moins que le chef de l’Etat ait d’autres préoccupations que celles des citoyens concernant l’éducation. Je note deuxièmement, que c’est la deuxième fois que le président du Faso se livre à cet exercice et cela un an avant les échéances électorales. Rappelons-nous 1997. Cette fois-ci encore, c’est à une année avant la présidentielle de 2005. On peut en tirer certaines conclusions. Cette sortie du chef de l’Etat peut se faire selon une régularité moins espacée dans le temps. C’est ce que je peux dire en attendant que d’autres voix syndicales plus autorisées puissent se prononcer.

Laurent Ouédraogo (Secrétaire général de la CNTB) :

Nous avons suivi la prestation du chef de l’Etat, je l’appelle comme ça, à l’occasion du 4 août 2004. D’abord je pense que c’est une innovation, parce que cela rompt avec l’habituel discours que nous entendons, avec les clairons qui sonnent. Cela nous a permis de le voir s’exprimer, des fois par rapport à des questions très difficiles. Du reste, c’est un exercice qui vaut ce qu’il vaut.

Quand on est chef d’Etat, on doit pouvoir répondre aux questions des journalistes, sur les préoccupations du moment, sur les problèmes internationaux, nationaux. Je crois que le président du Faso a fait un bilan de son exercice à la tête de l’Etat. C’est une très bonne chose. C’est un exercice auquel je l’encourage à continuer. Cela permet de l’écouter, de voir comment il se comporte, c’est très intéressant. On a vu qu’il y avait des questions pièges, notamment celle relative à sa candidature. En somme, il s’en est bien sorti. On commence à voir qu’il a une certaine amabilité, en tant que chef de l’Etat, vis-à-vis de la presse.

Nous souhaitons qu’il rencontre la presse, pour que les gens l’entendent le plus souvent par rapport à ces questions-là. Si l’on ne vous entend pas, on vous prête souvent des idées qui ne sont peut-être pas les vôtres. L’exercice de l’autre soir est un contact avec son peuple. Il ne doit pas y avoir de questions taboues. Toutes les questions méritent une réponse et il faut y répondre avec le plus de précision possible ; sinon les gens se feront eux-mêmes des réponses et c’est cela qui est dangereux.

Bélem Salam (contrôleur des eaux et forêts à la Direction régionale de l’environnement du Nord).

J’ai suivi avec un grand intérêt l’entretien accordé par le chef de l’Etat aux journalistes, principalement dans les domaines politique et social. Mais c’est surtout la partie politique qui a retenu mon attention. J’ai d’ailleurs trouvé que les questions étaient bien posées. Mais vous voyez, concernant la présidentielle de 2005, que l’on soit à la place du chef de l’Etat ou non, il est très difficile de répondre à la question de sa candidature, car il est difficile d’avoir le point de vue de quelqu’un dans sa position.

Il est certain que s’il y a des groupes qui manifestent en sa faveur, il ne peut être que content, mais il ne peut pas se prononcer sur place. Il attend de peser le pour et le contre, avant de prendre position. Mais telles que les choses se présentent, qui veut y croire ou non sait que le président va se présenter. Maintenant, est-ce que le droit l’autorise à le faire ?

Si la loi le permet et qu’il bénéficie d’un appui, il va se présenter, que les gens le veuillent ou pas. Sur le plan social, je me dis que les avancées ne sont pas l’œuvre du président seul, mais de toute une nation. Et ce qui a retenu mon attention, c’est le problème de la crise ivoirienne à l’occasion de laquelle on a vu l’arrivée de nombreux rapatriés. Il y a eu un élan patriotique et tout le monde a fait de son mieux. Mais concrètement, sur le terrain, on voit des gens qui ne sont pas satisfaits, bien que l’Action sociale ait fait ce qu’elle a pu ; on voit que dans toute œuvre humaine, il y a des hauts et des bas.

Congo Issa (enseignant) :

Dans l’ensemble, ça va. Mais sur un point précis, je n’ai pas du tout été satisfait. Il s’agit de la gifle infligée par le colonel Camara au policier Hien. Le chef de l’Etat n’a même pas été capable de condamner l’acte. Il a banalisé l’affaire. J’aurais voulu qu’il condamne fermement l’acte, car de la part d’un dignitaire de l’armée, ce n’est pas bon. Le chef de l’Etat ne devait donc pas passer sur cet acte comme s’il était banal, car il donne ainsi l’opportunité aux grands, quels que soient leur milieu, armée ou service, et pourvu qu’ils soient un peu gradés, de brimer les plus petits sans être inquiétés. Sinon, sur la question de la crise en Côte d’Ivoire, le président a émis des points de vue que je partage parfaitement. En tout cas, nous sommes fiers de lui et nous le soutenons par rapport à cela. Mais concernant la gifle, franchement, il faut que le Président condamne fermement cette attitude.

Propos recueillis par Bernard Zangré Dieudonné Zoungrana Agnan Kayorgo Hermione Ouédraogo Jeanne Françoise Kaboré

Observateur Paalga

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