Actualités :: Convergence pour une citoyenneté responsable : promouvoir le civisme et la (...)

Convergences pour une citoyenneté responsable est une association laïque et apolitique qui existe légalement depuis le 9 avril 2004. Dans le papier qui suit, cette jeune structure expose les raisons et les objectifs qui expliquent sa création.

De par notre statut de citoyen et d’observateur de la vie politique en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier, il nous a semblé que les politiques de développement des pouvoirs publics, plus de quarante ans après les indépendances formelles, restent encore et toujours axées sur la théorisation de la notion de développement et malheureusement pas encore suffisamment sur la pratique réelle et efficace du développement.

C’est, à notre sens, ce qui pourrait expliquer que nos Etats aient expérimenté, avec les résultats que l’on sait, plusieurs politiques de développement, qui sont allés des plans quinquennaux de développement à la lutte effrénée contre la pauvreté par la détermination disputée de cadres stratégiques, en passant par les fameux programmes d’ajustement structurel.

Par ailleurs, l’état de domination du monde par la pensée unique, qui a enfanté le monstre hybride qu’est la mondialisation, n’a pas fini de rendre possible l’évaluation de son impact réel sur notre continent. Qu’on se le dise, la mondialisation n’est pas mondiale ; il y a ceux qui l’exercent et qu’elle nourrit, et ceux sur qui elle s’exerce et qu’elle annihile par le biais de subterfuges divers, au nombre desquels la tentative de mystification qui a été débusquée et contenue à Cancun.

Il y a en effet beaucoup de raisons d’être perplexe en pensant à notre avenir en tant que continent et en tant que pays : ni dans les règles de cohabitation intelligente à l’échelle planétaire, ni dans la participation équitable au commerce mondial sur la base de lois et de règlements arrêtés de commun accord, encore moins dans le partage des richesses du monde, nous n’obtenons rien sans que l’on essaie de nous rappeler que nous sommes des citoyens de seconde zone. Le pire est qu’à l’intérieur même de nos Etats dits modernes, on observe les mêmes types de traitement d’une catégorie de citoyens par d’autres.

Quels citoyens devons-nous être ?

C’est de cette géométrie plus que variable que la majorité de nos populations attendent la satisfaction de leurs besoins primaires : manger, boire, se soigner, pour rester dignes.

Dès lors, on est en droit de poser la question de savoir si, en tant que citoyens, nous n’avons pas notre part de responsabilité dans cet état des choses. L’attitude qui a consisté à tout accepter, à ne rien contester de ce que l’on nous propose ou que l’on nous impose, quand bien même on serait fondé à le faire en tant que citoyens, n’y est-il pas pour quelque chose ?

Presque cinquante ans après les indépendances, il n’est pas exagéré de dire, comme disait Martin Luther King, que pour la plupart, la majorité de nos concitoyens reproduisent encore l’image de "l’homme noir qui se gratte là où ça ne démange pas et qui se chatouille pour rire".

Sommes nous conscients de notre citoyenneté ? Qu’implique la notion de citoyenneté pour les gouvernants et les gouvernés ? Y a-t-il un lien entre citoyenneté et démocratie ? Nos traditions ont-elles un impact sur notre citoyenneté ? Y a-t-il un lien de cause à effet entre citoyenneté et justice, citoyenneté et pauvreté ? Quels citoyens sommes-nous ou devons-nous être ? Ce sont là, à notre avis, des questions qui sont assez dignes d’intérêt.

Dans un autre registre et dans le cadre du vaste chantier qu’est la décentralisation, si la société civile est l’ensemble des citoyens organisés ou pas, comment éviter de participer à l’apparition d’une classe de nouveaux barons comme on l’a vu avec les apparatchiks et les nouveaux riches issus des exécutifs et de la classe politique ? Oui, il y a un réel danger que le rôle des citoyens soit trahi et abâtardi dans les mouvances générales des associations de la société civile et des citoyens.

Eveiller les consciences

Il apparaît dès lors, que c’est faire œuvre utile, dans le respect des rôles historiques des uns et des autres, que chacun, à la place et avec les convictions qui sont les siennes, fasse quelque chose pour aider.

"Convergences pour une citoyenneté responsable" veut se donner les moyens de jouer sa partition dans cette grande œuvre d’émancipation et de développement, en agissant à la base pour aider les populations, non seulement à mieux s’approprier les concepts et les atouts de la citoyenneté, mais aussi à assumer leur position historique et naturelle de premiers bénéficiaires et d’acteurs principaux de la démocratie tout court.

Dans cet esprit, notre association est laïque, apolitique, et vise, comme objectif majeur, l’éveil des consciences des bénéficiaires de ses interventions, en vue de faire d’eux des citoyens responsables vis-à-vis d’eux-mêmes, de leurs familles, de leur environnement et de leur pays (art. 5 des statuts). Elle est reconnue par récépissé n°2004-191/MATD/SG/DGLPAP/DOASOC du 9 avril, mais en réalité ses dirigeants ont une dizaine d’années d’expérience dans le domaine de la citoyenneté et ont déjà réalisé des microprojets au profit des populations rurales à cet effet...

Dans le cadre du programme d’activités 2004-2005, qui va permettre la réalisation d’importants projets conçus pour et autour de la citoyenneté, nous travaillerons à nous rapprocher d’autres associations qui, comme nous l’avons vu ces derniers jours, ont comme credo donner un grand coup de fouet à la notion de citoyenneté.

En vérité, sans des populations ayant un sens aigu et responsable de leur citoyenneté, les montagnes d’euros et de dollars, obtenus de surcroît en contractant des prêts, ne suffiront pas pour développer notre pays de manière à ce qu’il puisse jouer le rôle qui doit être le sien dans le concert des nations responsables et civilisées.

Pour le reste, et en nous fixant des objectifs plutôt nationaux pour l’instant, nous nous inscrivons dans le sens des mouvements citoyens qui se sont déjà déroulés à Seattle, à Gènes et sur le plateau du Larzac. Soyons nous-mêmes, mais soyons entièrement nous-mêmes.

Jean Marie Sourabié,Président national
Convergences pour une citoyenneté responsable
Tél : (226) : 30 77 21 ou (226) 25 17 73
e-mail : jmsourabie@hotmail.com

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