Actualités :: Lutte contre le terrorisme au Burkina : « Les armes seules et le retour des (...)

Dans cette tribune, Teegwendé Christian Tondé, citoyen burkinabè, propose des solutions contre le terrorisme au Burkina Faso. Selon lui, les armes seules et l’idée ou l’entêtement de ramener les déplacés internes dans leurs localités d’origine n’est pas la solution. Pour lui, il est impossible de ramener les déplacés internes dans leurs localités d’origine nombreuses, y assurer leur sécurité chaque instant, continuer à les ravitailler, à sécuriser les routes. « Impossible ! On aura beau recruter d’autres VDP, on fera des dépenses sans rendement et notre économie s’écroulera assurément, et pas que », assure-t-il.

Bonjour, je me nomme Tondé Teegwendé Christian, je ne suis personne ; je m’adresse à mes compatriotes. Ce que j’ai, c’est une idée, une forme de stratégie à l’état brute, pour le bien être de notre pays. Je ne prends pas le temps de perfectionner cette idée, parce que d’une part je ne suis pas expert dans les domaines que j’aborde ici, et d’autre part je ne suis pas prédisposer à le faire mettre en pratique.

Premièrement l’idée de la reconquête du territoire n’a pas lieu d’être, du moment où aucun de nos pays voisins cherche à nous envahir. Il ne faut pas se laisser trahir par la fierté, l’égo. Les terroristes ne tuent pas les arbres... mais des humains. Voici, selon moi, le vrai problème :

- Les terroristes tuent et pillent des populations, on est incapable de tous les protéger, parce qu’elles sont nombreuses et éparpillées.

- Le nombre des déplacés internes augmente, ils sont mal logés, nourris et vêtus. Ils n’ont pas de sources de revenus,

- Des populations ’’coupées du reste du pays’’ augmentent, ravitaillements compliqués, certains meurent de faim.

- Des convois sont attaqués, des routes impraticables. On n’a pas assez de personnels pour sécuriser toutes les portions des routes du pays.

En d’autres termes, il est impossible de ramener les déplacés internes dans leurs localités d’origine nombreuses, y assurer leur sécurité chaque instant, continuer à les ravitailler, à sécuriser les routes. Impossible ! On aura beau recruter d’autres VDP, on fera des dépenses sans rendement et notre économie s’écroulera assurément, et pas que.

Ce que je propose :

Pour régler le problème des tueries, et mettre fin au déplacements internes
Il faut faire des études et trouver des zones qui réunissent à la fois ces critères :

1) La superficie de chaque zone doit être assez grande pour une population d’au moins 700.000 personnes.

2) Des terres fertiles pour l’agriculture avec une bonne pluviométrie ; des terres agréables pour l’élevage.

3) Possibilité de faire des forages et barrages.

4) Bien placées pour des stratégies de surveillance et de défense.

Dans ces zones seront alors construites des cités.

A- CONSTRUCTIONS DE CITÉS

Construction :

Pour l’habitat, seuls des bâtiments de 6 étages au minimum, et larges de 100 mètres à la base au moins seront construits.

Aménagement :

Les appartements doivent être meublés, avec de l’eau et de l’électricité.

Occupations :

L’occupation des appartements se fera après recensement et les résidents ne seront pas voisins par affinités ethniques ou religieuses ou origine régionale.

Acquittements :

Les résidents seront propriétaires et non locataires ou exilés. Ils peuvent payer par tranche le prix qui leur sera fixé selon le nombre d’appartements (tenir compte des familles nombreuses, des veuves et des vieilles personnes...)

B- LES VOIRIES ET SURVEILLANCE

Les routes doivent être larges d’au moins 50 mètres, goudronnées, avec des fossés au deux côtés (des fossés larges et fermés).
Des caméras de surveillance posées stratégiquement.

C- ÉLECTRICITÉ ET TÉLÉCOMMUNICATIONS

Des panneaux solaires sur les toits des immeubles
Des installations des antennes de télécommunication

D- ADMINISTRATIONS, ÉCHANGES ET SANTÉ

Toutes les branches de l’État doivent être dans ces cités, de même que des centres de santé, des lieux de loisirs, des marchés, mairie, stations d’essence...

E- AMÉNAGEMENT EXTÉRIEUR

À environ 2 kilomètres autour de ces cités, tout arbre ou autre obstacle de vision doivent être rasé. Cet environnement doit être vide, à l’exception de caméras posées stratégiquement sur des poteaux non encombrants, et qui envoient en direct ses images aux services de renseignement.

F- LOGISTIQUE

Chaque cité doit avoir au moins un hélicoptère de combat et des dizaines drones de surveillance

Tous les moyens de déplacements à carburant doivent être recensés.

Pour les déplacements à l’extérieur des cités, il faut une autorisation et des fouilles à la sortie comme à l’entrée.

G- AGRICULTURE - ÉLEVAGE

D’abord les sites pour l’élevage seront bien loin des terres agricoles et doivent être clôturés.

Ensuite, ils doivent (éleveurs et agriculteurs) se mettre en groupe pour former des entreprises pour occuper des terres de dizaines d’hectares, au lieu que chacun se retrouve avec une portion de terre.

Pour arriver à ce résultat il faut :

1) Parler du projet au grand public et bien expliquer, dire le temps que cela prendra pour se réaliser. Et par l’occasion s’entendre avec les chefs terriens des zones à aménager (ce projet de cité ne concerne pas tout le territoire du pays) ...

2) Former les déplacés internes et ceux qui sont sous blocus (ceux et celles qui veulent et qui sont aptes) à la maçonnerie, la plomberie, le carrelage...

Ils seront les ouvriers dans la construction des cités et n’auront pas besoin de mendier.

3) Certains ont des biens dans leurs zones à risque et d’autre fuient laisser des richesses qui profitent aux terroristes. Si ces cités sont construites, ils pourront se déplacés avec leurs biens mobiliers (en ce qui concerne ceux qui ne se sont pas encore déplacés).

4) Donc ce n’est pas seulement les déplacements internes qui seront dans ces cités, mais aussi ceux qui sont dans les zones à risque, sous blocus.

5) Voter de nouvelles lois

6) Demander des soutiens à TOUS nos partenaires

CONCLUSION

Selon moi, les armes seules et l’idée (ou l’entêtement) de ramener les déplacés internes dans leur localité d’origine n’est pas la solution. Le pays nous appartient, tous, peu importe où nous nous retrouvons dans ses frontières.

Oublions le territoire (maison vide, arbres, désert...) un instant. Aucun de nos pays voisins nous en prendra une partie ; et sauvons les vies humaines. Mettons-nous dans de bonnes conditions de vie, profitons reconstruire ce pays, que tous les habitants se sentent fils et filles de ce pays, et profitent de ses richesses.
Le terrorisme ne finira pas dans moins de 5 ou 10 ans si mon idée est mise en application, mais il ne fera plus de morts civils (meurtre ou famine).

Mais si on continue avec « cette reconquête à la hâte du territoire » au détriment du bien être des personnes, alors ce fléau n’aura pas de fin. Parce qu’on n’a pas les moyens pour faire les deux au même moment. Il y a longtemps que ça dure. La solution ne se trouve pas dans le populisme, la manipulation des masses, l’accusation sans preuves de certains partenaires diplomatiques, la recherche de bouc émissaire pour cacher nos erreurs et incapacités.

Car cette reconquête doit se faire naturellement (il faut être sûr d’être à mesure de sécuriser une petite zone avant de chercher à gérer tout un pays).

La seule question qu’on doit se poser est de savoir si les déplacés internes veulent retourner chez eux obligatoirement, si ceux qui sont sous blocus veulent rester chez eux et risquer la mort et la famine ou s’ils veulent un toit bien aménagé dans une belle cité où ils peuvent travailler et prendre soin d’eux-mêmes (nourriture, santé, loisir...) et vivre dans la sécurité. Nous connaissons tous la réponse.

Et à la question de savoir comment seront gérer les terroristes, les FDS pourront s’en occuper plus aisément avec moins de pertes, parce qu’ils auront le temps pour bien préparer leurs manœuvres, du moment qu’ils savent que les civils sont en sécurité.

C’est une idée, ce n’est pas un plan tout fait. Le pays regorge d’experts en droit, en géographie, en architecture et ingénierie, en sociologie, en économie, en diplomatie, en sécurité, des chefs coutumiers, surtout un peuple de travailleurs... on a tout ce qu’il faut.

Ce n’est pas un homme, un héros qui nous sortira de ce problème ; rendre la vie meilleure pour tous les burkinabé surtout ceux qui ne sont pas dans les grandes villes, c’est investir pour un avenir sûr, c’est l’ultime bouclier contre le terrorisme !!!

Tondé Teegwendé Christian

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