Actualités :: Terrorisme : Un tournant dans la lutte en vue avec la nouvelle transition (...)

Aider le chef d’État et la gouvernance, c’est aller au front. C’est aussi leur permettre des choix responsables et raisonnables, sans établir de pronostics à leur place, ou encore leur forcer la main. Il en va de la restauration d’une paix durable. Telle est la conviction de Omar Sylla, qui s’en explique dans la tribune ci-dessous.

En matière de lutte contre le terrorisme, le Président de la Transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, semble déterminé. Réactif, il vient d’enclencher une étape majeure dans la réorganisation de son armée.

« Aucun sacrifice ne sera de trop pour sortir notre pays de la situation dans laquelle il se trouve. Notre engagement, c’est pour un retour de la paix et notre boussole sera toujours le peuple », avait déclaré le président Traoré, lors de son investiture. Le chef de guerre veut mettre à profit sa longue expérience de terrain.

Après dix années sous les drapeaux burkinabè et onusien (MINUSMA) au plus près des lignes de front, le capitaine Traoré ambitionne de détruire l’ennemi djihadiste jusque dans ses retranchements. Et pour remédier aux zones désertées par l’État, il fallait revoir le positionnement des forces de défense et de sécurité dans le pays. C’est désormais le cas, avec six régions militaires pour l’armée de terre, deux pour l’armée de l’air et six légions pour la gendarmerie.

Pour réussir, il faut frapper vite et fort...

Élément nouveau, il vient de signer un décret actant officiellement la création de six bataillons d’intervention rapide (BIR), capables d’intervenir en toute rapidité et au plus près de l’action. Leur objectif est simple : allier mobilité et puissance de feu. Les soldats aguerris auront pour futures missions de contrer toute menace ébranlant l’intégrité du territoire. Ils pourront, ainsi, escorter les grands convois logistiques au profit des Forces armées ou tout autre organisme et participer à la lutte contre le grand banditisme.

Les bataillons, principalement basés à Ouagadougou, seront aux ordres d’officiers directement placés sous l’autorité du chef d’état-major général des Armées. Dans le cadre de missions de sécurité, ces unités d’élite se déploieront à l’ordre du commandement des opérations du théâtre national. Ceci permettrait un gain de temps pour la transmission des ordres et le déclenchement des actions militaires.

Et se donner les moyens de ses ambitions.

Par ailleurs, pour atteindre rapidement les quotas nécessaires, l’armée a récemment ouvert les vannes du recrutement. Aux 3 000 soldats supplémentaires s’ajoutent 50 000 combattants volontaires pour la défense et la patrie (VDP).
Ces derniers voient leurs formalités allégées. Une seule carte d’identité burkinabè suffit désormais, le temps de réunir les autres pièces administratives. Ils seront répartis comme suit : 35 000 volontaires affectés aux communes et 15 000 autres à la brigade de veille et de défense patriotique. Ils rejoindront les rangs de la coordination opérationnelle de la défense civile et du territoire et participeront à la recherche du renseignement.

Reconquérir sa souveraineté sans compromission...

« Notre objectif n’est autre que la reconquête du territoire occupé (…) C’est aussi envisager un développement endogène en ne comptant que sur nous-mêmes », avait annoncé le capitaine Traoré. Face à la recrudescence des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes, les militaires entendent bien reprendre la main sur le territoire, dont 40 % échapperait aujourd’hui au contrôle de l’État.

« Rien ne se fera dans la compromission », avait ajouté le Premier ministre, Me Kyelem Apollinaire de Tambela : « Quel que soit le pays, il ne sera pas question pour le Burkina Faso de se laisser dompter par qui que ce soit. Nous négocierons avec tout partenaire en ayant en vue l’intérêt d’abord du Faso (…) Que cela soit clair et compris par tout le monde. »

Par un développement endogène.

Les « vuvuzelas » exaspèrent. « Ce n’est pas à la rue de nous dire de faire ceci ou de faire cela. (...) Il y a des éléments que nous détenons et que [les marcheurs et manifestants d’opportunité] croient avoir, mais qu’ils n’ont pas. […] Ceux qui (...) disent "voilà, il faut aller avec la Russie", etc., s’ils sont patriotes, la première marche à faire, c’est la marche contre le terrorisme », avait martelé le Premier ministre. Opposé à une ancienne pratique, il a catégoriquement refusé de financer des organisations de la société civile (OSC), venues taper à sa porte, en échange de leur « soutien ».

Aider le chef d’État et la gouvernance, c’est aller au front. C’est aussi leur permettre des choix responsables et raisonnables, sans établir de pronostics à leur place, ou encore leur forcer la main. Il en va de la restauration d’une paix durable.

Omar Sylla
TW : @le_ndar_ndar

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