Actualités :: Nouvel an 2022 au Burkina : Sidzabda Damien Ouédraogo appelle à sonner le (...)

Aucune raison de bouder notre joie et notre espoir. L’année 2022 débute sous des auspices prometteurs. Depuis quelques temps, les informations en provenance du front sont plus qu’encourageantes. Est-ce le fruit des engagements forts pris par le chef de l’Etat au cours des derniers jours et semaines de 2021 et des bouleversements consécutifs intervenus dans le commandement militaire ?

Ce n’est pas à moi d’en juger ou de le dire. L’on ne peut toutefois que se réjouir des signes manifestes de reprise du poil de la bête que l’on observe sur le champ de la bataille contre l’ennemi terroriste qui nous assaille depuis tant d’années. La guerre est certainement loin d’être gagnée. Mais Dieu, que ça fait du bien d’entendre que nos valeureux combattants mettent en déroute et/ou neutralisent ici et là ces hordes de criminels et bandits armés.

Vivement que cette dynamique offensive se poursuive. L’ordre donné par le président du Faso, chef suprême des armées, lors de son discours de vœux à la nation le 31 décembre, aux troupes combattantes de nettoyer les zones infestées par cette vermine paraît avoir été reçu cinq sur cinq et en train d’être exécuté. Ceci pour le grand bonheur et la fierté retrouvée des Burkinabè, qui ont toujours cru et gardé espoir malgré tout en un avenir meilleur et radieux.

En ce début d’année nouvelle, la quasi-totalité d’entre nous nous sommes mutuellement formulés des vœux de paix et de sécurité pour notre chère patrie. Comme le président KABORE l’a souhaité, multiplions donc les prières, afin que le Dieu auquel nous croyons chacun assiste nos militaires, gendarmes, policiers et VDP au front. Qu’il leur donne la force nécessaire pour remporter des combats encore plus significatifs et décisifs ; sans pertes énormes dans nos rangs, comme nous avons malheureusement connues et pleurées par un passé récent.

Si nous devons féliciter ici comme il se doit nos forces combattantes pour ces victoires qui redonnent espoir à tout un peuple meurtri par des années de harcèlement et d’impuissance apparente, c’est aussi le lieu d’exhorter les plus hautes autorités du pays à veiller à leurs engagements. Quoi qu’il en coûte, il faut en effet travailler à doter nos troupes de moyens offensifs performants et adaptés, gages matériels d’une victoire finale. Le réarmement moral des troupes est certes aussi une condition indispensable pour la combativité des hommes sur le terrain. Sur ce plan, le commandement opérationnel, à la suite et sous l’instigation de la plus haute autorité de l’Etat, semble avoir pris la bonne mesure et le pas, afin pour que les choses aillent dorénavant dans le bon sens.

Les victoires militaires se construisent avec minutie et stratégie

A la bonne heure et tant mieux, ai-je envie de dire. Cela seul néanmoins ne suffira pas. Il faut à la fois, coûte que coûte, trouver le bon levier de mobilisation et d’implication populaire dans cette guerre qui ne veut jusqu’à présent pas dire son nom. Actionner un sursaut d’orgueil pour sonner le réveil patriotique qui fera en sorte que chaque Burkinabè en âge de raisonner soit capable de mesurer véritablement, à son propre niveau et dans sa conscience citoyenne individuelle, les enjeux réels et les idéaux funestes qui se cachent derrière cette croisade injuste menée depuis un certain temps contre notre pays, son unité, son développement, son existence même simplement en tant qu’entité libre et souveraine.

Chaque concitoyen sera dès lors transformé en soldat. Prêt à monter au front depuis sa position sociale, pour défendre ce sans quoi il n’est rien et n’a aucun avenir. A savoir la terre unique et sacrée que nous ont léguée nos ancêtres. Cette terre, synonyme d’identité géo-spatiale et culturelle, sans laquelle nous n’existerions plus et autrement qu’en apatrides errants. A l’image, hélas, de ces nombreux compatriotes, aujourd’hui déboussolés et désemparés dans leur propre pays, que nous appelons pudiquement des Déplacés Internes.

A cette conscientisation de masse sur les enjeux et les raisons objectives et subjectives de l’engagement de tous et de chacun des Burkinabè, il faudra nécessairement et impérativement, si l’on veut consolider l’élan de reconquête enclenché, doter nos forces armées de moyens matériels plus adéquats et stratégiques liés à la nature du terrain et du conflit. De ce point de vue, il est difficile de ne pas évoquer l’exemple éthiopien. Face à l’avancée fulgurante des rebelles tigréens, qui ont menacé un temps de prendre la capitale Addis-Abeba (au point d’entraîner l’ordre d’évacuation des personnels de certaines organisations internationales et chancelleries présentes dans le pays), les gouvernants de ce pays ont su imaginer et mettre en œuvre une réaction et une riposte spectaculaires.

Jouant à la fois sur la fibre patriotique et dotant opportunément son armée de drones armés turcs, le premier éthiopien ministre Abiy Ahmed est parvenu miraculeusement à inverser une situation militaire qui semblait fortement compromise. Certaines voix pudibondes au niveau international ont beau s’écrier pour critiquer comme d’habitude la méthode et les moyens employés, on ne peut valablement en vouloir au gouvernement éthiopien pour s’être donné les moyens de défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale.

A la guerre comme à la guerre

C’est un exemple et un modèle dont le Burkina Faso devrait pouvoir courageusement s’inspirer, dans la situation sécuritaire que nous traversons face aux attaques terroristes à répétition. N’en déplaise fut-il aux chantres et utopistes de la « guerre propre ». Comme si cela se pouvait, dans une lutte de survie contre un ennemi aux méthodes reconnues et renommées particulièrement lâches, sauvages, barbares et asymétriques. La meilleure certitude de se faire mordre par un serpent dit-on, c’est lorsque l’on hésite à se saisir de la mauvaise bestiole. On finit malencontreusement alors par l’attraper fatalement par la queue. Il est plutôt conseillé d’empoigner fermement la bête par sa tête, de lui tordre le cou et de chercher à raboter ses crocs venimeux sur toute surface dure et rugueuse que l’on trouve à portée de main.

A la guerre donc comme à la guerre, ai-je envie de dire à nos dirigeants. Basta le moralisme humanitaire douteux et autres partenariats militaires aussi bien historiques qu’encombrants et inopérants quand on en a le plus besoin. A ce prix et à ce prix seul, me semble-t-il, la lueur d’espoir rallumée en ce début d’année 2022 par les victoires inédites et fort encourageantes de nos forces combattantes sur le terrain, se transformera inéluctablement en une véritable boussole de retour vers la sécurisation intégrale de notre territoire et un retour à la quiétude pour nos populations.

Le gouvernement resserré du premier ministre Lassina ZERBO en a bien conscience j’imagine. Lui qui a assuré publiquement que le retour à la sécurité est la priorité numéro un sur la lettre de mission à laquelle il a été assigné. Tout le malheur qu’on peut lui souhaiter, c’est de réussir. Réussir le pari de ramener la paix et une sécurité relative au Faso, dans les meilleurs délais possibles. Sans pour autant bien sûr mettre en stand-by les autres nombreux chantiers sociaux et de développement.

Quelqu’un a dit un jour avec justesse que le Burkina Faso est un pays d’urgences et de priorités. Il faut donc vivement souhaiter que, pour le bonheur des générations actuelles et pour l’avenir de la nation, en bon géophysicien compétent de classe et de renommée mondiale, le nouveau premier ministre Dr Lassina ZERBO puisse trouver l’alchimie nécessaire, pour gagner la guerre contre le terrorisme, tout en renforçant davantage dans le même temps les fondements structurants d’une économie performante et compétitive. Faire du tout-sécuritaire, au détriment des autres chantiers de développement, reviendrait en effet à l’effort inutile et vain de remplissage d’une barrique d’eau au fond troué. Or c’est connu, l’abandon, le dénuement et la paupérisation des populations constituent de graves menaces pour la cohésion sociale et un terreau très fertile pour le terrorisme ou autres d’extrémismes et de conflits communautaires.

Vaste chantier et immenses défis comme on le voit. Mais encore une fois, l’espoir est permis. Avec le président KABORE, le gouvernement de combat qui a été mis en place sous le magistère de Lassina ZERBO, « l’oiseau rare » comme d’aucuns ont vite fait de le surnommer, tous les Burkinabè que nous sommes, des villes et des campagnes, de l’intérieur comme à l’extérieur, sommes condamnés à l’optimisme. Non pas cette forme d’optimisme partisan, béat et crédule. Mais l’optimisme consciencieux d’un peuple assiégé et qui sait qu’il n’a autre choix que de mener bataille pour sa survie et de livrer férocement combat pour la défense et la préservation de ses libertés chèrement conquises. Bonne et heureuse année 2022 à l’ensemble de mes compatriotes et aux amis du Burkina Faso. Que Dieu bénisse et protège toujours notre cher pays.

Sidzabda Damien OUEDRAOGO

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