Actualités :: Réconciliation nationale : « Qu’on soit pour ou contre ou même neutre, c’est (...)

Le Centre de formation politique de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) a organisé un panel sur la contribution des acteurs politiques dans le processus de la réconciliation nationale, le samedi 29 mai 2021 à Ouagadougou.

« Enjeux, défis et chemins de la réconciliation nationale : quelles contributions des acteurs politiques ? » C’est sous ce thème que les échanges se sont tenus. Pour l’expert en communication publique, le Pr Serge Théophile Balima, la réconciliation nationale n’est pas un programme mais un processus. Puisqu’elle peut être la conséquence de plusieurs choses, la réconciliation nationale est « un terme valise ».

Le Pr Serge Théophile Balima a émis son inquiétude sur les agendas politique, judiciaire et celui de la société.

Selon le Pr Serge Théophile Balima, avant de parler de réconciliation nationale, il faut d’abord revoir et reconnaître son passé. Pour ce faire, « il faut trouver des gens crédibles pour porter le message, pas des gens dont le passé contredit le message », a-t-il recommandé. Parlant toujours d’enjeux, il a souligné le cas de désinformations qu’il faut nécessairement combattre en collaborant avec les journalistes et les hommes de culture.

Dans cette quête de la réconciliation, l’ancien ministre de l’Information sous la Révolution (1983-1987), le Pr Serge Théophile Balima, a attiré l’attention sur le choc de calendrier entre l’exécutif et le judiciaire. Ainsi, comme défis, il a insisté sur l’apaisement du climat politique et le dialogue et la médiation. « Nous devons tous nous engager dans le processus de la réconciliation nationale, mais avec lucidité et sans précipitation », a-t-il conclu.

Une vue des participants à ce panel.

« Dès qu’on est sceptique, on n’y arrivera pas »

Le diplomate et ancien président de l’Assemblée nationale, Mélégué Traoré, a donné une communication. Pour sa part, actuellement, ce n’est pas le moment de donner des sentences, mais d’écouter chaque acteur. Et parmi ces acteurs, les hommes politiques ont un rôle à jouer, a-t-il estimé. Avant de jouer un quelconque rôle, « il faut d’abord croire à la réconciliation nationale. Dès qu’on est sceptique, on n’y arrivera pas », a averti Mélégué Traoré.

Il a rappelé le rôle des hommes politiques qui, selon lui, doivent dépasser le stade d’homme politique pour arriver aux hommes d’Etat. Dans toutes leurs démarches, ils doivent intégrer la question de la réconciliation nationale et être disponibles à s’investir, car il ne reste plus beaucoup de temps. Dans la foulée, Mélégué Traoré a annoncé la tenue du Forum national de réconciliation dès la première semaine du mois d’octobre 2021.

Mélégué Traoré encourage les efforts pour la réconciliation nationale.

« Trouver un compromis social »

Le journaliste et écrivain Lookman Sawadogo a été le troisième et dernier paneliste. Pour avoir écrit un livre sur cette question de la réconciliation nationale, les organisateurs de ce panel ont jugé nécessaire de prendre son avis afin de tracer le chemin. L’auteur de « Se réconcilier ou périr, chronique d’une nation en sursis… » a prescrit trois éléments.

Il faut d’abord avoir l’esprit de la réconciliation nationale. Il s’agit de la vision que chacun a par rapport à cette question, a souligné Lookman Sawadogo. Comme deuxième élément, il a proposé « le compromis politique ». Pour lui, les Burkinabè doivent « trouver un compromis social ». Et ce compris ne doit pas se faire sans le triptyque vérité-justice-réconciliation qu’il a recommandé comme troisième élément, en parlant de « catharsis social ».

Pour le journaliste et écrivain Lookman Sawadogo, le rôle des sages au village est aussi important.

« Un sujet qui ne laisse personne indifférent… »

Avant que le panel ne débute sous la direction du directeur exécutif du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), Dr Thomas Ouédraogo, les organisateurs ont tenu une cérémonie de lancement. Dans son allocution, le directeur du Centre de formation politique de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Alain Kam, a reconnu la place de la réconciliation nationale dans les discussions de nos jours. « Qu’on soit pour ou contre ou même neutre, c’est un sujet qui ne laisse personne indifférent. Un sujet qui ne laisse personne indifférent ne peut pas laisser le Centre de formation politique de l’UPC indifférent », a-t-il affirmé.

Le directeur du Centre de formation politique de l’UPC, Alain Kam, croit à la réussite de la réconciliation nationale.

Le ministre d’Etat, ministre chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Zéphirin Diabré, par ailleurs président de l’UPC, est le patron de cet événement. Absent, il s’est fait représenter par son conseiller technique, Dr Mamadou Traoré, qui a donné un cours magistral sur l’historique de la réconciliation nationale au Burkina Faso et la feuille de route de Zéphirin Diabré. Face à ce petit public, Dr Mamadou Traoré a indiqué que ce panel vise à consolider les acquis et les conclusions seront présentées au cours du prochain Forum national sur la réconciliation.

Cryspin Masneang Laoundiki
Lefaso.net

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