Actualités :: Affaire pouvoir/ paton de l’UNDD : un acharnement qui dit son (...)

Voici Me Hermann Yaméogo victime d’une énième accusation et un autre de ses collaborateurs arrêté et inculpé d’atteinte à la défense nationale et de trahison. Alors que se mène, comme pour l’affaire du présumé putsch d’octobre, une terrible campagne médiatique pour convaincre l’opinion des charges formulées contre le président de l’UNDD et Noël Yaméogo, l’opinion reste dans sa majorité, dubitative, soupçonnant que cette accusation de plus ne soit que la mise en œuvre d’un acte prémédité pour nuire au patron de l’UNDD à l’approche des élections présidentielles.

Cette conviction se renforce dans l’opinion commune lorsqu’on considère les velléités de levée de son immunité parlementaire. En tout les cas, cela n’est pas pour entamer la sérénité du leader politique qui n’arrête pas de démonter les accusations portées contre lui et de retourner au pouvoir l’accusation d’abriter et d’aider de façon régulière des rebelles pour déstabiliser leurs pays d’origine au prix de guerres civiles horribles. Un jeu de ping-pong comme le montrent la série des conférences de presse qui ont émaillé la fin de la semaine.

La conférence de presse du Parquet

Jeudi 07 Octobre, 10 heures. Conférence de presse expresse du Parquet, convoquée dans le bureau du Procureur général Barry. La raison officielle affichée est un échange avec la presse autour des dossiers pendants, et qui marque le début d’une stratégie de communication initiée par le Parquet.

Mais la mise en scène n’abuse personne. Tous les journalistes présents savaient pertinemment que la véritable raison de cet échange est l’affaire dit affaire Hermann Yaméogo. Après un survol des affaires pendantes, le procureur Sagnon en vint au sujet principal : l’annonce de l’inculpation officielle de Monsieur Noël Yaméogo, Conciliateur de l’UNDD, pour atteinte à la Défense nationale et pour trahison, prévues par le Code pénal en ses articles 88 et 96, et passibles toutes deux d’une peine d’emprisonnement à vie.

Il informe dans la foulée que le dossier avait été confié au juge Valéry Silga pour instruction et qu’au moment même où se tenait la conférence, monsieur Noël Yaméogo était probablement en train de connaître sa première comparution.

Sans être juriste, on peut tout de même remarquer que, dès l’instant où le dossier a été confié à un juge d’instruction et que la première comparution n’avait pas encore eu lieu, le procureur Sagnon se devait de se réserver sur les chefs d’inculpation. En effet, si le juge Silga travaille réellement en toute indépendance, il était susceptible d’aboutir à une requalification des faits après la première comparution de l’inculpé et infirmer du même coup ceux avancés par le Procureur Sagnon. Pourquoi une telle précipitation ?

Si le Procureur avait la certitude que le juge Silga n’apporterait aucune modification aux chefs d’inculpation, il faut alors nourrir des doutes sur l’indépendance de l’institution conduite par ce Juge.

Dans la foulée, les deux Procureurs annoncent que l’état actuel du dossier en leur possession nécessitait une demande de la levée de l’immunité parlementaire d’Hermann Yaméogo, afin que des poursuites judiciaires puissent être engagées contre lui. Le Procureur général Barry ajoutera toutefois qu’une telle demande pouvait toujours se heurter au refus de l’Assemblée nationale pour des motifs qui leur seraient propres.

Une procédure aux implications aussi graves ne peut que se fonder sur des faits bien avérés et difficilement contestables. Y a-t-il des preuves formelles contre le Député Hermann Yaméogo ? A cette question, monsieur Barry fait une réponse surprenante : le papier trouvé sur Noël ne pouvait pas ne pas avoir été vu par Hermann Yaméogo.

Devant l’évidente légèreté des faits accusateurs, plusieurs journalistes n’ont pas manqué de revenir à la charge pour savoir s’il existait d’autres preuves. Mais le procureur général s’est à chaque fois réfugié derrière le secret de l’instruction pour refuser de répondre de façon précise.

La conférence de presse de Me Hermann YAMEOGO

Comme une réponse du berger à la bergère, Me Hermann Yaméogo a convoqué, après la conférence de presse du Procureur du Faso, une conférence de presse sur la même affaire qui l’oppose au pouvoir. Dans un boubou bleu ciel qu’il a ramené de Conakry, l’homme du Tekre était à l’aise, n’hésitant pas, en guise d’introduction, à plaisanter, affirmant que l’affaire était partie pour avoir une écoute aussi forte que le feuilleton tant prisé "Luz Clarita ".

Il a ensuite proposé que la conférence soit articulée autour de trois sujets : d’abord, le projet d’assassinat dont le Ministre Bassolet a parlé et qui serait ourdi par Laurent Gbagbo et ses proches collaborateurs, ensuite la question des accusations portées contre lui et celle subséquente de la demande de levée de son immunité parlementaire, enfin en troisième point, le meeting d’information et de dénonciation de la présence de rebelles au Burkina, dans la matinée du 17 Octobre à la Maison du Peuple. A cette grande rencontre, la presse nationale comme internationale a répondu massivement présente.

Sur le premier point, le président du parti a livré la teneur de l’information donnée à la délégation de l’opposition qui avait demandé à rencontrer le ministre au sujet de son interpellation et de l’arrestation de Noël Yaméogo. Le député et Vice-président de l’UNDD, Fidèle Hien, qui faisait partie de la délégation, conduite par Issa Tiendrébéogo, président du Comité de suivi de l’Opposition et composée également de Philippe Ouédraogo, Président du groupe parlementaire Justice et Démocratie et de Adama Derra, député, a confirmé l’information donnée par le ministre Bassolet.

Ce dernier a apporté à la connaissance de la délégation que quelqu’un l’avait informé à partir d’Abidjan que le président ivoirien et ses fidèles préparaient un assassinat contre Hermann Yaméogo et que si cela arrivait, ils seraient comme dans l’affaire Balla Keïta, dans l’impossibilité de l’empêcher, et que là encore, on leur ferait porter le chapeau. Les journalistes ont alors posé des questions qui tournaient autour des sentiments ressentis par le président et des explications qu’il pouvait donner sur les motivations d’un tel projet .

Me Yaméogo a fait savoir que la meilleure façon de répondre à cette question était d’amener celui qui a téléphoné au Ministre, à s’expliquer. C’est pour cela du reste qu’une lettre, dira-t-il, a été adressée à Halidou Ouédraogo, Président du MBDHP et de l’UIDH.

Abordant le deuxième point, le conférencier, après s’être encore expliqué sur les raisons de son voyage -contacts politiques, visites familiales-, a réaffirmé qu’il n’est jamais allé en Mauritanie bien que rien ne lui interdise d’y aller (et il a informé que depuis, il a introduit une demande d’audience) ; il a ensuite donné des détails sur son séjour guinéen qui montrent qu’à moins d’avoir le don de dédoublement, il ne pouvait pas être à la fois à Conakry et à Nouakchott.

Me Yaméogo a également porté à la connaissance des journalistes que Reporters sans Frontières a fait un démenti par rapport à la dépêche de l’AFP du 08 Octobre, qui relevait ceci : " Il (NDLR : le Ministre) avait aussi accusé l’opposant d’être à l’origine ’d’informations mensongères transmises aux autorités ivoiriennes, guinéennes, mauritaniennes et à Reporters sans frontières’ sur l’existence de prétendus camps d’entraînement au Burkina à des mercenaires avec pour ’mission de déstabiliser la Côte d’Ivoire et la Mauritanie ’ ".

Il a enfin dit, au sujet du fameux fax qui aurait été trouvé sur Noël Yaméogo, que c’est à son retour de Conakry que Noël, resté à Abidjan pour ses propres affaires, lui a lu le tract et qu’il n’y a pas accordé grande importance car les papiers anonymes de ce genre, il en reçoit souvent qui ne sont pas toujours crédibles.

Sur la sous-question de la levée de l’immunité parlementaire, la chose peut arriver, dira Me Yaméogo, parce que le pouvoir aura facilement le quorum (1/3 des députés) indispensable pour cela mais il n’a pas manqué de souligner les vices de forme et de fonds d’une telle demande qui a été précédée par une interpellation abusive, la saisie de son passeport diplomatique, qui a été émaillée de convocations, d’accusations et d’une campagne médiatique pour tenter de circonvenir l’opinion et l’amener à asseoir dès maintenant et définitivement sa conviction sur sa culpabilité ; des vices qui sont aussi de fond, dira-t-il, car malgré tout ce bruit, les preuves des accusations ne sont toujours pas rapportées alors que la doctrine en matière de levée d’immunité de même que les précédents observés par ci par là, commandent, pour l’adhésion de l’instance parlementaire à la demande, que celle-ci ne repose pas sur de simples présomptions, qu’elle soit sérieuse et surtout étayée par des preuves et qu’elle ne vise pas à nuire politiquement au député.

Les journalistes n’ont pas posé beaucoup de questions sur ce point soit qu’ils s’estimaient déjà suffisamment informés, soit qu’ils avaient déjà leur opinion faite.

Le 3ème point, sur l’organisation du meeting, amènera Me Yaméogo à en situer le contexte. Il s’agit, au-delà des médias, des structures dirigeantes du parti et de l’opposition, de porter l’information directement aux responsables et militants et par la même occasion, de réitérer la condamnation de la politique d’accueil systématique de réfugiés dans des circonstances contraires au traité international sur le droit d’asile.

Un journaliste a demandé pourquoi le leader de l’UNDD mettait plus de pugnacité dans son combat pour dénoncer les rebelles que dans la défense des intérêts des ressortissants burkinabé en Côte d’Ivoire. Le conférencier a remercié le journaliste pour cette question qui lui permettra, a-t-il dit, de rafraîchir bien de mémoires.

Si Marcoussis a pu avoir lieu, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, c’est dira Me Yaméogo, parce qu’il y aura un peu contribué. Il se préoccupe aussi du sort des Burkinabé en Côte d’Ivoire, c’est pour cela qu’il dit que lorsqu’on a sa main dans la gueule d’un chien, on ne l’énerve pas, on le caresse pour pouvoir se libérer.

Il a révélé qu’il avait depuis les blocages à l’application de l’accord de Marcoussis, approché des chancelleries pour plaider pour la convocation d’une conférence internationale sur l’application du volet économique de l’Accord de Marcoussis, lequel contient un engagement de la communauté internationale à financer la Côte d’Ivoire, les pays voisins touchés par la crise et à appuyer les politiques d’aménagement de l’espace sous-régional.

Enfin, œuvrer à ce que les Burkinabé de l’extérieur puissent voter participe aussi, dira le patron de l’UNDD, de la défense de leurs intérêts. Ils contribuent en effet par les transferts de fonds qu’ils effectuent, à la croissance du pays ; ils devraient pouvoir contribuer par leur droit de vote, à la gestion de leur pays, et c’est un point constant du combat depuis le temps où nous étions ADF, ajoutera-t-il. Pour se soucier de l’intérêt des Burkinabé en Côte d’Ivoire, il s’en soucie, c’est pour cela qu’il n’ira pas aider des rebelles à attaquer la Côte d’Ivoire et à exposer ainsi les Burkinabé à des mesures de rétorsion, à des atteintes à leurs biens et à leurs vies.

C’est dans une ambiance directe et détendue que la conférence s’est tenue de bout en bout.

En conclusion, le président du parti remerciera les journalistes en leur disant que " comme nous sommes en plein dans un feuilleton prisé, il se peut qu’on se revoie sous peu ".


N’DO MATHIEU, VICTIME DE VOIES DE FAIT DE LA PART DU JUGE D’INSTRUCTION DE NOËL YAMEOGO

Le fait vaut la peine d’être signalé. Il est tellement révélateur de l’état d’inféodation de notre justice, de la suspicion légitime qu’on peut brandir vis-à-vis de certains juges partisans. De quoi s’agit-il ?

Mathieu N’Do, Directeur de Publication de SAN FINNA, qui avait assisté en qualité de journaliste à la conférence de presse du Procureur du Faso donnée le jeudi dernier, a entendu comme tout le monde, qu’il était possible de rendre visite à Noël Yaméogo et que pour cela, il suffisait de se rendre au Palais de Justice pour demander l’autorisation de communiquer.

Afin de permettre à la fille de l’interpellé et à ses petits frères de lui rendre visite, il s’est personnellement rendu le vendredi dernier au Cabinet du juge d’instruction Silga, en charge du dossier, et l’aventure qu’il y a vécue et qu’il a contée, lors de la conférence de presse de Me Yaméogo à ses confrères, en a bouché un coin à beaucoup. Voilà ce qui s’est passé :

Après les présentations et salutations d’usage, monsieur N’Do exposa au juge Silga l’objet de sa visite : obtenir auprès de lui des permis de communiquer pour la fille et les frères de Noël Yaméogo. Le juge répondit qu’aucune visite n’était pour le moment permise par lui à ce stade de la procédure. Monsieur N’Do rappela au juge que la veille, lors de la conférence de presse, le procureur Barry avait publiquement affirmé que les visites étaient désormais permises pour le détenu.

Puis il demanda si en revenant la semaine prochaine, il aurait plus de chance d’obtenir des permis. Le juge Silga Valéry répondit que ni la semaine prochaine, ni la semaine suivante, il n’y avait une certitude en ce qui concerne l’obtention de ces permis. Mathieu N’Do demanda alors si cela signifiait que ce refus de communiquer pouvait durer indéfiniment. Le juge répondit que Oui, tant qu’il l’estimait nécessaire.

Mathieu N’Do répliqua alors qu’il y avait dans ce cas une violation des droits les plus élémentaires de son ami détenu.
Le juge, prenant alors un ton docte, dit qu’il voulait faire certaines remarques à son visiteur. Celui-ci répondit qu’il n’était pas disposé à les écouter puis se leva pour s’en aller. Mais à sa surprise, il entendit le juge lui dire qu’il était dans son bureau et qu’il donnait l’ordre à son visiteur de se rasseoir. Mais monsieur N’Do refusa d’obéir et se dirigea vers la porte.

C’est alors que le juge appela le garde de sécurité pénitentiaire qui était à la porte et lui ordonna d’immobiliser par la force le visiteur et de le faire se rasseoir. Le GSP voulut passer aux actes mais sentant qu’à lui seul, l’opération pouvait ne pas aboutir, le juge Silga fit appeler 4 autres GSP. Sortant son portable, monsieur N’Do voulut appeler mais monsieur le Juge lui ordonna de lui retirer son portable.

Les gardes se précipitèrent alors sur lui, lui tordirent violemment les deux bras derrière le dos, arrachèrent son portable qu’il tenait de la main droite et son sac qu’il avait dans la gauche. Le juge Silga, visiblement satisfait de l’opération, ordonna alors d’aller enfermer son visiteur dans le violon du Palais de justice.

Mathieu N’Do fut fouillé des pieds à la tête, ses poches vidées, sa ceinture retirée avant d’être entraîné puis enfermé dans le violon où il passa une heure de temps avant d’être relâché.

Ce que beaucoup pensent de tout cela, c’est que le magistrat a déjà jugé. Cette façon de se comporter, n’hésitant pas à requérir cinq policiers qui ont exercé des voies de fait sur le journaliste, montre bien le peu de cas qu’on fait des droits de l’homme au Faso et des droits des journalistes dans ce pays.

Il suffit de penser d’ailleurs aux conditions de détention de Noël Yaméogo, aux pressions qui sont exercées sur lui afin de lui extorquer des aveux pour le comprendre ! Ce que les détenus du présumé putsch d’octobre ont vécu à la gendarmerie, c’est ce qu’il vit aussi d’une certaine manière.

En tout état de cause, le juge a montré à tous sa partialité ; à l’entame de la procédure, voilà un autre "hic " qui contribue à décrédibiliser la justice !

Lamine Koné
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