Actualités :: CODECO : Surveiller le “monstre” de près !

Depuis un certain temps, les quotidiens de la place font échos des activités et écrits d’une organisation dénommée : Collectif pour la défense de la constitution (CODECO).

Cette organisation dont l’essence, selon ses responsables, est la défense de la constitution a aussi pour objectif de lutter contre la candidature de Blaise COMPAORE. Ce qui est tout à fait normal quand on sait qu’en démocratie, c’est le jeu du « pour » et du « contre » qui crée l’harmonie. Toutefois, à lire les propos du CODECO dans le « Sidwaya » N° 5268 du 13 avril 2005, P35, il y a de quoi avoir froid au dos et penser que cette association n’est pas loin de la dérive.

Défenseur de la liberté d’opinion, de presse et de manifestation, nous ne saurons être opposé au fait que des Burkinabé manifestent contre la candidature probable de Blaise COMPAORE. Du reste, la loi fondamentale du Burkina Faso ne garantit-elle pas les libertés collectives et individuelles ?

Cela dit, les marcheurs du 9 avril dernier à Koudougou pour s’opposer à la candidature de Blaise COMPAORE et ceux qui marchent partout dans le pays à longueur de journées pour demander sa candidature sont dans leur droit, comme dirait l’autre. Mais ce qui fait la différence entre ces deux camps de marcheurs, c’est le discours. Si dans le camp de ceux qui marchent pour la candidature de Blaise COMPAORE le discours est policé, dans l’autre il est plus virulent, vindicatif, comme si d’avance, on voyait le combat perdu et qu’il faille alors faire fi de la civilité pour au moins se défouler.

Les dérives du CODECO

Pour revenir à l’essence de notre écrit, disons que les propos tenus par les responsables du CODECO à Koudougou laissent planer le doute quant à leurs objectifs et font penser qu’à l’instar de plusieurs associations dites apolitiques comme le Cercle d’éveil, le Mouvement pour la paix, le Forum civique national etc., il n’est rien d’autre que l’excroissance d’une entité politique s’exprimant « cagoulée » pour jeter de la fumée aux yeux des gens qui ne la connaissent que trop pour se laisser charmer par ses chants de sirènes.

A preuve, un des responsables et maître à penser de cette organisation, journaliste à ses heures perdues, ancien membre du bureau politique du PARI, parti de Cyril GOUNGOUNGA, est aujourd’hui à l’UNDD après un crochet à l’ADF/RDA. Le rapport ou si vous préférez le lien est vite établi. Et quand vient en sus se greffer le choix de la localité ayant accueilli la marche, on est conforté dans son appréciation sur ce CODECO. Le choix de Koudougou, n’est certainement pas fortuit ou démocratiquement décidé par les membres.

Pour mesurer les dérives certaines du CODECO, lisez cet extrait du reportage fait par le correspondant de « Sidwaya », à Koudougou, François KABORE : « ...Notons également q’une motion de condamnation à l’endroit du CSC (Conseil Supérieur de la Communication) a été prononcée et la RTB, à travers sa section télévision, déclarée persona non grata à Koudougou, pour avoir selon les marcheurs, refusé de couvrir leur marche.

Par conséquent, ont déclaré les marcheurs, toute activité du CDP organisée à Koudougou ne doit plus être couverte par la télévision. En cas de présence d’une équipe de cet organe, le matériel technique notamment la caméra sera confisqué et cassé. Du reste, ils entendent d’ailleurs empêcher le CDP d’organiser toute activité à Koudougou. Sans doute, des étincelles en perspective si toutefois cela arrivait... ».

Et le reporter, sagement de conclure : « Ce qui est sûr, aucun citoyen du Burkina n’a jamais supporté les conséquences de ses propres casses comme celui de Koudoudou. Point besoin donc de dire que les casses doivent être bannies de leurs idées, car Koudougou n’a plus besoin de cela ».

Au regard donc des propos va-t-en guerre et des actes annoncés par le CODECO, cette association peut-elle se targuer de vouloir défendre la constitution ? A quoi rime les menaces portées à l’endroit de la télévision nationale et d’un parti politique, le CDP. Comme on le voit, le CODECO dévoile son vrai visage ; il n’est tout simplement qu’un instrument politique comme bien d’autres organisations dont nous avons fait cas plus haut.

En cette année électorale, il est de bonne guerre que chaque candidat à la présidentielle surtout se donne les moyens, comme on dit, de sa politique mais il est indécent et même criminel d’instrumentaliser ses potentiels électeurs pour des actes de vandalisme et créer en eux, le réflexe du rejet, de l’intolérance vis-à-vis de l’adversaire ou de celui qu’on trouve non-aligné sur ses positions partisanes.

C’est là une réalité que le CODECO par delà ses « commanditaires » devront intégrer pour éviter à tous les affres de l’affrontement musclé. Au vu de ce que réserve au peuple burkinabè le CODECO, on est en droit de se demander si le ministère en charge de délivrer les récépissés de reconnaissance des associations ne devrait pas regarder par deux fois avant d’ouvrir le champ à certaines qui s’avèrent être de véritables dangers pour la quiétude de la cité.

Il est évident qu’avec le CODECO, Koudougou connaîtra des moments très difficiles à l’instar de ceux des « heures chaudes » de l’Affaire Norbert ZONGO. Parce que, sans doute, ce ne sont certainement pas ses menaces qui empêcheront le CDP d’organiser des activités dans cette ville, de même qu’elles n’empêcheront la télévision de couvrir des activités à Koudougou si elle y est invitée comme il se doit.

Force reste la loi

En Afrique, les périodes électorales ont souvent été très tendues, chaudes voire violentes. Ce n’est donc pas pour rien qu’elles mobilisent, les forces de sécurité qui sont beaucoup sollicitées sur le terrain. Comme en République tout est régi, nous osons espérer que les menaces du CODECO ne sont que des sautes d’humeur qui passeront aussi vite qu’elles sont apparues.

En tous les cas, force reste à la loi et les populations de Koudougou n’aimeraient certainement pas revivre les violences de 1999-2000. Les parrains de telles associations sont connus de tous. Les partis politiques, surtout le CDP qui a reçu des menaces, sont avertis.

Est-ce pour cela que la secrétaire chargée des femmes du CDP disait à l’ouverture de leur convention nationale samedi dernier : « Que ceux qui provoquent des tempêtes dans des verres d’eau se calment, de même que ceux qu’on recrute pour souffler dans des sifflets et brandir théâtralement des cartons rouges fabriqués par des politiciens véreux soient envoyés aux vestiaires de leurs propres turpitudes. » ?

In fine à lire entre les lignes les déclarations et à entendre les discours du CODECO, celui-ci apparaît comme un monstre à surveiller de près au risque d’avoir à gérer des casses, et autres actes de vandalisme en cette année électorale. Les forces de sécurité républicaine sont donc prévenues et la loi en ce domaine doit être rigoureusement appliquée pour ne pas que par la faute de quelques anti-démocrates la démocratie n’en pâtisse !

par Ben Alex BEOGO
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