Accueil > ... > Forum 1870778

Laissez les enfants cascader à moto !La nature a horreur du vide

4 septembre, 22:20, par Sidpawalemde Sebgo

Le choc des civilisations ? Non, des mondes ! Nous vivons tous dans le même Burkina mais nous ne vivons pas dans le même monde !

Le (bon ?) Docteur Ouédraogo, à force de vouloir comprendre la jeunesse, fait des confusions graves et des suggestions scandaleuses, et tout cela porté par les meilleures intentions du monde.

1°) Les voltiges sur la voie publique ne sont pas le fait de jeunes en manque d’infrastructures. De bonne mémoire, Ouaga comme bobo ont des sites pour les sports mécaniques, celui de Ouaga se situant à Nab-ma-tenga à la sortie route de Kombissiri.
Seulement, les choses sont organisées là bas. Or nos "jeunes" ne veulent pas de cette organisation. Porter un casque et d’autres protections, ça ne les intéresse pas. Sortir du quartier où leurs copains les voient sauter ne les intéresse pas. La piste en terre ne les intéresse pas, ils veulent du goudron ! Et bien entendu ils ne veulent ni payer une entrée ou une assurance, ni attendre qu’il y ait une équipe médicale pour gambader !
Une bonne partie de leur plaisir discutable réside dans le fait d’être hors la loi, et de risquer non seulement leur vie, mais celle des autres.

2°) Le bon docteur parle de vieux pneus et de rebouteurs. Quelle légèreté ! La conséquence extrême ce ce "loisir", c’est la mort violente et sanglante, pas le rebouteur ! La tenue du motard parle d’elle-même : Casque anti-choc sur une cagoule qui protège du feu ; combinaison anti-feu et renforcée, gants renforcée, protections des coudes, genoux, tibia ; chaussure ultra-renforcée. On est loin des tapettes que l’on voit sur une des images d’illustration. Qui est civilement et pénalement responsable en cas de mort violente d’un mineur ? Le parent qui l’a autorisé ? Le propriétaire de la moto ? La commune qui a facilité ? L’autre mineur qui a causé l’accident ?

3°) Si je suis un citoyen qui paye ses impôts malgré ses maigres revenus, que je roule à vélo et que mes enfants sont à pieds, mon souci c’est une route praticable pour aller chez moi, des caniveaux, une école, un centre de santé, la sécurité etc. Le responsable communal qui me dit qu’il faut qu’il investisse d’abord dans les loisirs illégaux, budgétivores et futiles des gens déjà nantis de la commune, il aura affaire à moi. Et s’il veut leur donner un grand terrain avec du goudron ou du béton pour s’amuser alors que j’attends toujours ma petite parcelle lotie, je le suicide !
Entre nous voltaïques, il faut éviter, quand on appartient à moins de 5% des plus favorisés, de provoquer les autres en voulant faire supporter à la communauté entière les envies et plaisirs (coupables) de quelques uns.

4°) Le bon Docteur se croit peut être ailleurs, où la commune organise des espaces pour le VTT, le skate-bord et autres sports "extrêmes" de la jeunesse. Il semble oublier que ces pays sont à 100% de taux de scolarisation, qu’il n’y a pas de zone non lotie là bas, et qu’ils ont plus de médecins que de jeunes acrobates. En rappel :
* Nous sommes au Burkina Faso, pays tantôt qualifié de PMA (pays les moins avancés !).
* Nous sommes attaqués par le terrorisme qui fait des centaines de morts et des milliers de déplacés ! Même en ville, l’insécurité est grave.
* Nous manquons de médecins, d’infirmiers, d’écoles, de dispensaires, de routes, d’eau et d’électricité !
* Nous manquons de bonnes routes, qu’elles soient en terre ou goudronnées !

Réveillez-vous, Docteur !!!

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés