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Yacouba Isaac Zida : ‘’ Je n’exclus pas la possibilité d’être candidat en 2020 ‘’

28 mars, 12:19, par Sidpassata Veritas

Tous ces messieurs et dames qui ont été les piliers du trône de Blaise COMPAORE croient facilement que le peuple burkinabè dans son entièreté est amnésique et n’a pas de suite dans les idées.

1- Il nous faut être reconnaissant vis-à-vis de tous ceux qui ont participé à gouverner ce pays, en ce qu’ils ont fait de positif. Et nous le sommes, cela n’est que justice !

2- Mai le devoir de reconnaissance ne voile pas nos yeux quant à leurs méfaits. Et là je ne parle pas des erreurs inévitables pour toute œuvre humaine ; je parle ici des agendas cachés que chacun d’eux montait afin de défendre ses intérêts égoïstes, individuels ou groupusculaires, au détriment de l’intérêt général national.

3- Alors, à leur tour, ces messieurs et dames qui ont mené notre pays dans les situations dangereuses que nous avons connues et que nous vivons encore de nos jours, devraient vraiment comprendre que plus rien ne sera comme avant : nous ne voulons plus payer le prix de leurs erreurs en les laissant libres de continuer à occuper et utiliser la scène politique de notre pays pour les comptes qu’ils ont à se régler entre anciens amis du régime COMPAORE. Le pouvoir de l’État au Burkina ne peut pas continuer à être utilisé comme un instrument de d’auto-protection pour ceux qui ont quelques choses d’inavouables à se reprocher ou encore comme un instrument de règlement de compte pour des gens qui s’en-veulent mutuellement pour leurs propres méfaits qui ont porté préjudice à notre nation.

4- Malgré les apparences, il faut que les politiciens sans réel compétence ni ambition en rapport avec les aspirations profondes des burkinabè arrêtent de croire que ça va continuer à se passer comme avant et qu’un peu de blabla comme programme politique plein de promesses non-réalistes et irréalisables suffirait pour tromper la nation. Peut-être que ça suffirait, grâce aux réseaux partisans, à capter un certain électorat paysan qui n’a peut-être pas encore les moyens de bien comprendre l’évolution politique de notre pays. Mais aucun programme-conte de fée (du genre Burkina émergeant, SCAD, PNDES ou de sigles plus moins poétiques) n’éteindra les justes revendications sociales des syndicats et autres OSC. Il y a un besoin irrépressible de justice et d’équité sociale. Autrement dit, ce qui ne sera plus comme avant, c’est qu’il ne suffira plus de conquérir le pouvoir d’État, il faut désormais avoir clairement dans sa tête et dans son cœur un projet de société que l’on veut réaliser avec et par les forces vives de la nation et sans faux-semblant. Ceux qui n’ont pas compris cela vont encore se fourrer les doigts dans l’œil et jusqu’au coude.

5- Il faut que les aventuriers en politiques comprennent que les Burkinabè ne sont plus prêts à accepter de faire pardon gratuitement sans justice. Jusqu’à présent, nous n’avons eu que les anciens de l’ancien régime qui viennent dire à tout le monde : "mea culpa... je m’excuse je me suis trompé... pardonnez-moi et acceptez que je gouverne encore le pays". C’est ce que les RSS ont fait, c’est ce que Zida et le RSP (avec Gilbert Diendéré comme père spirituel) ont fait quand au lendemain de l’insurrection ils ont mis fermement la main sur le pouvoir d’État. D’ailleurs quand on leur a dit qu’il faut remettre le pouvoir aux civils pour la transition, Zida et ses copains du RSP (y compris Gilbert Diendéré alors tapis dans l’ombre) se sont contentés de ne céder que la Présidence du Faso à leur candidat Michel KAFANDO, le fin diplomate qui a su déjouer leurs plans, en respectant les aspirations du peuple qui avait divisé le CDP et qui allait divisé le RSP. Face à un peuple burkinabè qui ne voulait plus rester en spectateur passif du jeu politique, Zida premier ministre a dû trahir ses amis du RSP, d’où la colère du Général Diendéré contre lui. Mais ce dernier, en tentant de prendre le pouvoir par le force a bien pu se rendre compte qu’avec les burkinabè, vraiment plus rien ne se passe comme avant ; et c’est tellement vrai que lui et ses complices se retrouvent aujourd’hui à répondre à la Justice, dans un procès que certains pensaient improbable ou au mieux factice. Ceux qui espèrent continuer à jouer avec la mémoire collective qu’ils pensent trop courte, finiront dans la crise de nerf que ce peuple, patiemment va leur imposer. Qui vivra verra. Il faudra donc que tous ceux qui espèrent trop facilement que nous allons finir par accepter une réconciliation mouta-mouta sans la Justice qu’ils pensent ennuyeuse, il faudra, dis-je, qu’ils fassent entrer finalement dans leur petite tête de politiciens-manipulateurs que le principe de responsabilité avec le devoir de rendre compte est un principe devenu incontournable dans notre pays. Même certains de ceux qui sont au pouvoir ou dans l’opposition actuellement semblent ne pas y croire, mais ils auront le temps que constater. Par exemple, un certain « Tranquilos » ne s’attendait pas à ce que quelqu’un vienne « gnada-gnada » le mettre aussi facilement en retrait du gouvernement de ce pays : la pression populaire est passé par là.

Conclusion :
- Que les anciens amis de la COMPAROSE arrêtent de nous mêler à leur problèmes de clans divisé et de règlement de compte. Quand ils s’entendaient (RPS, RSS et MPP, CDP,FEDAP-BC, ABC ...) pour manger ensemble avec Blaise Compaoré, nous étions tenus à l’écart de leurs affaires et ils trouvaient tous que l’article 37 de la constitution est antidémocratique. Maintenant qu’ils nous foutent la paix : qu’ils s’accusent, se calomnient, se dénigrent et s’insultent mutuellement et à volonté, cela n’est pas notre affaire et il n’ y a ni besoin de réconciliation nationale, ni même nécessité d’entrainer les burkinabè jouer prendre parti entre des individus pleins d’eux-mêmes au point d’être incapables de dépassements ou de dialogue afin de régler leurs différends d’homme à homme ; eux prétendent vouloir gouverner tout un pays. Notre parti, c’est le BURKIA FASO : le BURKINA d’abord le BURKINA ensuite et le BURKINA toujours.
- Depuis la mort de Sankara jusqu’à la fuite de Blaise son assassin présumé, le Burkina a trop souffert de l’antagonisme entre les Sankaristes en général et les soutiens de Blaise qui gardait le pouvoir coûte que coûte pour protéger ses arrières. La conséquence est là jusqu’aujourd’hui encore. Même les RSS, en ouvrier de la 25ème heure, ont capté le pouvoir, afin de protéger leurs arrières, d’où les difficultés de gouvernance et la lenteur des crimes économiques et de sang que nous connaissons. Il appartient maintenant aux citoyens lambda militants des partis politiques et électeurs de barrer la route à tous les nouveaux aventuriers et aussi à ces anciens qui ont des comptes à régler avec d’autres et qui vont empoisonner la vie de la nation avec leurs problèmes personnels. Mais il appartient aussi aux anciens de la politiques des dernières années du Burkina d’avoir la sagesse de tirer les leçons du passé ; et alors de savoir se mettre en retrait comme certains l’ont déjà fait et même d’avoir le courage de faire face à la justice de leur pays pour assumer leur responsabilité et espérer le pardon et même la réhabilitation, s’il y a lieu.
- A tous les citoyens de rester vigilants afin d’exiger des hommes politiques une fois au pouvoir, qu’ils répondent aux aspirations des populations au lieu de s’acharner sur des projets qui ne sont beaux que sur le papier, du genre adoption urgente de la nouvelle constitution coûte que coûte : il faut demander des comptes aux dirigeants et être exigeants envers ceux qui prétendent vouloir nous gouverner. Que les journalistes les harcèlent des questions les plus dérangeantes pour savoir ceux qu’ils ont dans le ventre et qu’ils n’ont pas le droit de cacher aux Burkinabè qu’ils veulent gouverner.
- Celui qui veut exercer le pouvoir de l’État, qu’il se présente aux élections pour le conquérir : c’est son droit de citoyen, mais qu’il sache que les Burkinabè ne le laisseront pas dormir une fois au pouvoir ! Il ne faudra pas croire que c’est aux citoyens qui réclament ou à l’Opposition politique qui critique d’être compréhensifs si ceux qui ont pris le pouvoir se montrent incompétents ou irresponsables. Car il ne faut pas se tromper, plus rien n’est comme avant , malgré les apparences !

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