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Affaire Koglwéogo : Hermann Bado interpelle le ministre de la sécurité

19 juillet 2016, 13:35, par Kôrô Yamyélé

- Ignace (Internaute 20), merci pour ta remarque. Mais je vais expliquer ma vision si tu me permets.

Oui, Ignace, je le dis tout le temps qu’il faut respecter l’Etat de droit. Toutefois, cet état doit garantir aussi les droits des citoyens parmi lesquels le droit à être sécurisés de jour comme de nuit. Or l’Etat qui a la puissance pour protéger le citoyen avec sa Police, sa Gendarmerie et son Armée semble ne pas bien remplir cette fonction, en tout cas comme nous l’avons tous constaté. Et comme toute mutation entraîne une autre mutation, cette situation a donc entraîné la naissance des Koglweogo pour combler le vide sécuritaire créé par l’Etat lui-même. Combien de fois n’a-t-on pas entendu que des gens appellent la Police en cas d’attaque et que celle-ci ne vienne pas, ou vient tard, ou encore évoque l’insuffisance de matériels, d’effectifs ou le manque de carburant, ceci alors même que les citoyens paient leurs impôts et taxes pour recruter, former, payer, armer et équiper les forces de l’ordre afin d’avoir ces faveurs quand ils en auront besoin. Sais-tu que dans l’Est certains projets ont diminué ou arrêté leurs appuis à cause des coupeurs de route ? Certains ont même évoqué le fait qu’ils ne veulent pas être coupables indirect de la mort de personnes et je m’explique : un projet qui vient aider les populations à faire l’embouche bovine et ovine pour sortir de leur pauvreté, et si au finish quelqu’un embouche son boeuf et le vend, s’il est attaquée par des bandits et la somme retirée et lui-même tué, penses-tu que ceux qui financent ces actions vont accepter ? Non et c’est mal connaitre les bailleurs de fonds qui ont des principes qui guident leurs interventions.

Enfin, c’est pour dire, mon cher Ignace, que les Koglweogos sont nés dans un contexte de société d’appartenance car relevant de l’initative des populations de chaque village. Ceci pour dire qu’ils n’ont pas été imposés, ni suscités comme les associations. Il serait donc interessant selon moi, de voir avec eux dans le cadre d’un dialogue organisée, comment les amener dans un cadre formel et sous quelles forme. Et celà est possible puisque le droit que certains évoquent sans connaitre en réalité (notamment le droit international qui définit l’Etat), tire lui-même sa source des us et coutumes. C’est pourquoi à chaque fois qu’il y a un changement important, on adapte le droit au contexte nouveau, sinon on ne serait pas là aujourd’hui à parler de nouvelle constitution pour une 5ème République. Enfin pour clore, je pose quelques questions :

- Pourquoi il existe des sociétés de masques et que les Koglweogos eux, ne devraient pas l’être ?
- Pourquoi il existe des dozos et que les Koglweogos eux, ne devraient pas l’être ? Les dozos ont existé sous la forme traditionnelle avant de devenir des associations,
- Pourquoi il existe des fétiches de chaque village honorés par les Chefs de terre sans qu’il n’y ait un code et un référentiel formalisés par l’Etat pour les adorer ?

Soyons conséquents ! Toutes associations ont passé d’abord par la légitimité sociale en tant que groupes dans leurs socités d’appartenance avant d’aller vers la forme formelle pour avoir la légitimité administrative à travers un recépissé de reconnaissance.

Conclusion  : Vouloir supprimer les Koglweogo par intélligence ou par barbarie sera une grosse erreur. Il faut surtout prospecter comment les amener vers la République et de manière intélligente afin de les concilier avec elle, surtout dans le contexte actuel de grande insécurité et de jihadisme. Merci.

Par Kôrô Yamyélé

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