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Les héros de l’insurrection populaire : Christophe Dabiré

25 janvier 2015, 22:12, par Diaspora

Créer un ministère de la diaspora n’est pas la solution. C’est simplement ajouter la bureaucratie à la bureaucratie. Les burkinabè de la diaspora peuvent être gérés par le Ministère des affaires étrangères. Une simple cellule ou une direction dans ce ministère suffirait pour ratisser les cadres. Mais croire qu’il suffirait de créer un ministère de la diaspora pour ramener les grosses têtes au pays relèverait de la naïveté. Il faut bien plus. Il vaut mieux commencer à créer les conditions qui feront que les gens, à la fin de leurs études, n’ aient même pas envie de rester à l’ étranger. Et cela demande aussi qu’ on améliore les conditions générales de vie dans le pays. Qui va rester à l’ étranger s’ il sera traité dignement dans son propre pays ? Les étudiants sud- africains généralement rentrent tous au pays à la fin de leurs études parce qu’ ils sont sûrs qu’ ils seront bien traités. L’école est un investissement et ce n’est pas normal que des gens puissent vivre encore dans la misère, dans la souffrance une fois qu’ ils ont eu un diplôme. Si à la fin de mes études doctorales je dois rentrer commencer avec un salaire de 130 mille francs, le salaire que touchent les promotionnaires instituteurs qui sont sortis depuis la troisième, soit 15 ans après, qui se sont installés socialement, qui ont une parcelle viabilisée et qui ont construit un logis, si une compagnie me propose mieux à l’ étranger, même s’ il y a cinq ministères des burkinabè de la diaspora, ça ne marchera pas. Il faut une politique des cadres mais nous avons plutôt besoin d’ un cadre général incitatif et un esprit nouveau qui ne prend pas les diplômés comme des ennemis. Des diplômés mêmes, par populisme, jouent aux anti – diplômes. Le diplôme, bien entendu, n’est pas tout, mais il joue son rôle de signal des traits que l’ on recherche dans un travailleur. Ce qui n’ est pas fait pour aider aussi, la mesquinerie aussi est là. Je connais trop de burkinabè, qui, après leurs études sont rentrés et on les a fait voir des vertes et des pas mûres. Après plusieurs années de chômage sous les moqueries de leur entourage, ils ont été obligés de repartir pour faire des mariages avec la première grosse blanche, histoire de survie. Ils ont raison. La question n’est pas simple. Je ne parlerai même pas de la politisation de l’ administration. Un tel ministère serait un ministère de plus à un moment où la tendance est à la réduction /consolidation des ministères.

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