:: Soutenance de thèse de doctorat unique : Wendpanga Issaka KANAZOÉ étudie les (...)

Depuis le mercredi 27 décembre 2023, Issaka Wendpanga KANAZOÉ arbore fièrement le titre de Docteur de l’Université Joseph KI ZERBO. Il doit cette consécration à la validation de son travail de recherche par un jury d’universitaires qui lui a décerné la mention « Très Honorable ». Le nouveau Docteur en sciences biologiques appliquées, spécialité botanique et phytoécologie de l’Université Joseph KI-ZERBO, peut se réjouir d’avoir conduit avec brio la recherche qu’il a axé autour du thème « Étude des potentialités mellifères et des pratiques de la méliponiculture dans le corridor n°1 du PONASI, Centre-Sud du Burkina Faso ».

A l’énoncé du verdict du jury, et à l’observation, Issaka Wendpanga KANAZOÉ a été manifestement envahi par une vague d’émotions. En posant aux côtés des universitaires qui ont examiné longuement son travail, il a compris que les nuits blanches et l’acharnement avec lequel il a mené ces investigations venaient de porter fruit. C’est donc avec un sentiment de joie et de reconnaissance qu’il leur a serré successivement les mains, avant de poser pour l’une des photos qui marquera longtemps encore son parcours universitaire. Ses premiers mots sont allés à l’endroit du Dr Issa NOMBRÉ, maitre de conférences à l’École Normale Supérieure, qui a assuré la direction des travaux.

Le document en lui-même a abordé une problématique à cheval sur la faune et la flore. Le Dr KANAZOE a voulu explorer le potentiel de production de miel (activité génératrice de revenues monétaires par excellence) en faisant la corrélation avec le comportement des abeilles à dard et celui des abeilles sans dard. Pour cela, la recherche présentée validée lors de cette soutenance a mis un point d’honneur à expliquer des principes clés inclus dans cette thématique.

En effet, selon l’impétrant, l’apiculture (élevage de l’abeille domestique ou abeille à dard, de son nom scientifique Apis mellifera adansonii Latreille) et la méliponiculture (élevage des mélipones ou abeilles sans dard) sont des activités génératrices de revenus monétaires à même de lutter contre la paupérisation des zones rurales et peuvent également contribuer à une exploitation durable des forêts entraînant leur meilleure conservation par les populations locales. La présente étude avait donc pour objectif de fournir des informations utiles sur les potentialités de production du miel par l’abeille domestique et les mélipones en zone Sud-soudanienne du Burkina Faso.

Dans cette optique, la collecte des données a été effectuée à l’aide d’enquêtes portant sur les pratiques et l’importance socio-économique de l’apiculture et de la méliponiculture, suivie d’inventaires phytosociologiques de la flore et de la végétation mellifères, de suivis mensuels de l’évolution du poids des ruches et enfin d’analyses biochimiques des miels de Apis mellifera et de Plebeina armata. L’étude a été réalisée dans le secteur phytogéographique sud-soudanien, dans les villages riverains du corridor n°1 du Complexe d’Aires Protégées Pô-Nazinga-Sissili.

Les résultats des enquêtes apicoles contenues dans ce document, ont montré que l’apiculture est une activité secondaire pratiquée majoritairement par des agriculteurs-éleveurs et est de type mixte (apiculture de type traditionnelle et moderne). Les ruches kényanes sont les ruches les plus utilisées et les attaques parasitaires sont la principale cause de la réduction de la production de miel. Le miel de Apis mellifera adansonii récolté est destiné à la consommation, la vente et la pharmacopée.

Les enquêtes et les observations réalisées dans la zone d’étude ont montré que la méliponiculture est très peu pratiquée et est du type prédateur. Cette prédation aboutit à la destruction des habitats de mélipones ainsi que de leur peuplement. Les mélipones identifiées dans la zone d’étude appartiennent à trois genres
(Hypotrigona, Meliponula et Plebeina). Le miel des mélipones récolté est destiné à la consommation et à la pharmacopée traditionnelle.

L’observation directe de butinage a permis de recenser 83 espèces de plantes mellifères. Ces plantes mellifères assurent les besoins alimentaires annuels de l’abeille mellifère et la disponibilité du miel dans les ruches. L’activité de butinage est fortement tributaire des conditions climatiques. En effet, les précipitations et les fortes humidités relatives ralentissent l’activité de butinage et de ce fait fortement le poids des ruches. En effet, Les fortes activités de butinage entraînent de fortes accumulations de miel dans les ruches alors que les faibles activités de butinage entraînent une réduction du miel dans les ruches.

L’analyse de la flore mellifère en fonction des modes d’utilisation des terres révèle que la richesse spécifique en plantes mellifères varie significativement en fonction du mode d’utilisation des terres. L’aire protégée et les jachères ont présenté la richesse spécifique moyenne en plante mellifères la plus élevée.

L’analyse des similitudes des variables a montré des différences significatives entre les échantillons de miels de Plebeina armata et de miels de Apis mellifera. En effet, le miel de Plebeina armata est plus diversifié en composés chimiques et est pauvre en sucres. Cela serait à l’origine de son utilisation dans la pharmacopée traditionnelle. Il serait également mieux indiqué chez les diabétiques.
Le complexe écologique Pô-Nazinga-Sissili présente un énorme potentiel en apiculture et en méliponiculture qui reste très peu exploité.

La présentation s’est achevée par des recommandations visant à l’implémentation et la vulgarisation de la méliponiculture moderne au Burkina Faso, l’association des abeilles aux plantes cultivées qui grâce à leur services écosystémiques de pollinisation accroîtront significativement leur rendements et dans la même lancée la conservation de la phytodiversité en particulier et de la biodiversité en général.

Membres du Jury
Président : GUINKO Sita, Professeur Titulaire, Université Joseph KI-ZERBO, Burkina Faso

Membres : TOSSOU Gbêkponhami Monique, Professeur Titulaire, Université Abomey Calavi, Bénin
(Rapporteur)
DRAMÉ YAYÉ Aissetou, Professeur Titulaire, Université ABDOU MOUMOUNI, Niger (Rapporteur)
OUÉDRAOGO Amadé, Professeur Titulaire, Université Joseph KI-ZERBO, Burkina Faso (Rapporteur)
ZERBO Patrice, Professeur Titulaire, Université Joseph KI-ZERBO, Burkina Faso (Examinateur)
NOMBRÉ Issa, Maître de Conférences, École Normale Supérieure, Burkina Faso, (Directeur de thèse)

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