Actualités :: Révision à la hausse de l’âge de la retraite : Une réponse aux doléances des (...)

Les limites d’âge pour l’admission à la retraite ont été revues à la hausse. Un projet de décret y relatif a été adopté par le dernier Conseil des ministres.
Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Lassané Sawadogo revient sur la question.

Sidwaya (S.) : Le conseil des ministres a adopté un projet de décret portant fixation du régime des limites d’âge pour l’admission à la retraite. Qu’est-ce qui a motivé cette mesure ?

Lassané Sawadogo (L.S.) : La première raison est immédiate et souvenez-vous, lors de son message aux corps constitués le 30 décembre 2003, le président du Faso l’a annoncé. Au niveau du gouvernement, nous nous devions de prendre les dispositions nécessaires pour concrétiser cette décision politique. Maintenant pourquoi le président du Faso a pris cette décision ?

Parce qu’elle est salutaire. Car au sein du gouvernement et notamment au ministère de la Fonction publique, en relation avec d’autres départements, nous avons engagé une réflexion autour de la question. Le problème relatif à la hausse de l’âge de la retraite est revenu constamment au cours des années passées : pendant les présentations de vœux des corps constitués au chef d’Etat, des doléances exprimées par les syndicats et certaines sociétés d’Etat et établissements publics. Des études techniques menées sur le système de sécurité sociale également ont montré qu’actuellement, il est difficile d’envisager un avenir serein de ces institutions si rien n’est fait.

Cela dans la mesure où le constat permet de savoir que certains agents passent plus de temps en position de retraite qu’en temps d’activité. Alors que notre système est celui par répartition qui veut que les recettes techniques soient suffisantes pour prendre en charge les pensions de retraite.

S. : Les fonctionnaires nouvellement admis à la retraite sont-ils concernés ?

L.S. : Le chef de l’Etat a bel et bien dit que cette décision prend effet pour compter du 1er janvier 2004. La mesure n’est donc pas rétroactive.

S. : Cette prolongation aura-t-elle une répercussion sur l’âge limite aux concours professionnels ?

L.S. : Il y a un ensemble de questions auxquelles nous allons réfléchir parce que le fait de prendre cette mesure peut poser effectivement le problème de l’âge limite pour entrer dans la Fonction publique. Il existe également le problème de la retraite proportionnelle, étant entendu qu’après quinze (15) ans passés à travailler, un agent public a la possibilité de demander à partir de manière anticipée. Maintenant si l’âge est revu à la hausse comme c’est le cas actuellement, ces questions peuvent se poser. Mais, je vous l’avoue, nous n’avons pas, pour le moment, mené des réflexions plus approfondies. Ce qui ne nous permet pas de vous fournir des réponses très précises.

S. : Les difficultés à fonctionner de la CARFO ont-elles amené l’Etat à revoir l’âge de la retraite ?

L.S. : Ce sera malhonnête de ma part de dire que cette mesure n’a pas de répercussions positives sur la situation financière de la CARFO. Mais le fondement de la mesure est étrangère à cela. Il faut ajouter à ce que j’ai dit plus haut qu’il y a beaucoup d’administrations qui étaient menacées de fermeture pure et simple. Depuis les années 1990, notre pays est entré sous Programme d’ajustement structurel. Ce qui fait qu’on ne recrute que dans trois secteurs : santé, éducation et régies financières. Au même moment, ceux qui atteignent l’âge de la retraite quittent le système. D’où de plus en plus des difficultés énormes pour pouvoir fonctionner. Au sein de notre département, nous passons une bonne partie de notre temps, chaque année, à examiner des dossiers de réquisition. La réquisition étant exceptionnelle, en principe, elle ne devrait pas devenir un mode normal de gestion de certaines catégories d’agents de la Fonction publique.

S. : Comment voyez-vous la configuration du marché de l’emploi alors ?

L.S. : Le fait de prolonger l’âge, bien sûr, conduit à garder plus longtemps dans la Fonction publique des gens qui, en vertu de la réglementation actuelle devrait la quitter.

Mais, nous ne recrutons plus depuis les années 1990 hormis dans les trois secteurs suscités.

Les gens sortent et personne n’entre : résultat, c’est l’administration qui a des difficultés pour fonctionner. Cependant cette mesure n’a pas pour effet de prendre du boulot à des jeunes en maintenant donc des gens qui devraient partir. Ce n’est pas mathématique.

Le chômage est un fait que nous ne perdons pas de vue. Dans l’étude que nous avons menée, nous avons apporté un soin particulier à cette question eu égard à ce que nous sommes un pays jeune. Dans un tel pays, les travailleurs restent longtemps en position d’activité et ceux qui attendent aux portes de l’emploi le font également plus longtemps. Mais dans notre contexte, il faut savoir que dans l’année, il y a un peu plus de mille départs à la retraite et selon les années. La moitié de ceux-ci concerne les enseignants de l’Enseignement de base.

En revanche, chaque année, nous recrutons trois mille dans le même secteur. Donc la mesure n’a pas du tout pour finalité de diminuer les recrutements. Bien au contraire. Nous sommes actuellement à 50 000 agents ; un pays largement sous-administré.

S. : La Tabaski a lieu cette année un dimanche. Les fonctionnaires travailleront-ils le lundi ?

L.S. : Ils ne travaillent pas lundi. Avant lorsque le 11-Décembre, le 1er-Mai, le 4-Août tombaient sur un dimanche, le lendemain était férié. Maintenant c’est l’ensemble des fêtes légales qui sont concernées.

Souleymane SAWADOGO
Sidwaya

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