Actualités :: Gestion des transitions : « Attention, si les gens ne veulent pas quitter le (...)

Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) et ses partenaires ont (mardi, 4 juillet 2023 à Ouagadougou) organisé un dialogue démocratique sur la situation socio-politique et sécuritaire au Burkina Faso. Cette assise qui a mobilisé un monde de divers horizons a décrypté des sujets aussi cruciaux que passionnants pour une partie importante de l’opinion.

Plusieurs communications sur l’actualité socio-politique nationale ont donc été étalées par des compétences dans leurs matières respectives, tenant ainsi, pendant plusieurs heures en haleine, les participants et avec à l’actif, de nombreuses réactions en termes de questionnements et de commentaires.

« Les opportunités de réformes : leviers, stratégies et actions ». Ce thème a été épluché par l’enseignant-chercheur à l’Université Thomas Sankara, Pr Abdoul Karim Saïdou, par ailleurs directeur exécutif de l’Institut Général Tiémoko Marc Garango pour la Gouvernance et le développement (IGD).

Dans son exposé, et en contrepied de cette perception partagée au sein de l’opinion, le communicateur a démontré qu’aucune transition n’est neutre. « Il n’y a pas de transition neutre. Observez qu’aucune transition n’a organisé des élections qui ont été gagnées par le parti qui a été déchu. Ce n’est pas le CDP qui dira le contraire. C’est un élément objectif », contrarie Pr Abdoul Karim Saïdou.

Mieux, poursuit-il, les modes de scrutins (scrutin à un tour, scrutin à deux tours, le scrutin proportionnel au plus fort reste, le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne : ndlr) peuvent déterminer les résultats.

Parmi les participants, des responsables et représentants de partis politiques

Sur cette question relative à la tenue des élections en débat au sein de l’opinion, et commentant les réactions d’intervenants sur l’objet, l’enseignant-chercheur a invité à nuancer la perception véhiculée selon laquelle, « les Burkinabè ne veulent pas d‘élections ». « Les gens ne veulent pas d’élections truquées, c’est de cela qu’il s’agit », rectifie-t-il, évoquant en illustration des études sur le sujet et faisant observer que cette attente des citoyens est générale à travers le monde.

Une analyse partagée par un autre panéliste, l’enseignant-chercheur, Dr Aboubacar Sango, pour qui, ce sont des acteurs politiques qui sont contestés et non les élections. « Les Burkinabè ne sont pas contre les élections, et ça, ce sont des études de Afrobaromètre (un réseau indépendant de chercheurs africains couvrant 35 pays africains, qui réalise des sondages d’opinion sur des sujets économiques, politiques, sociaux à travers le continent africain : ndlr). Maintenant, ils peuvent être critiques à l’égard de la manière dont le pouvoir est géré et aussi à l’égard du leadership. Je pense que la contestation est beaucoup plus portée sur les auteurs, les animateurs de la vie politique », consolide Dr Sango.

Le communiquant Abdoul Karim Saïdou pousse d’ailleurs loin en interrogeant les disciples de la non-tenue des élections : ‘’Si vous dites que vous ne voulez pas d’élections, il faut dire qu’est-ce que vous voulez… On veut une monarchie, on confie le pouvoir à une famille… ou bien on va s’inscrire dans une logique où on dit que le pouvoir se prend désormais par la force ?’’.

"Nous avons affaire à une véritable entreprise de domination, un régime autoritaire avec son mode opératoire de restrictions des libertés" (des panélistes sur la nature du pouvoir en place)

Il fait remarquer que si l’on s’inscrit dans la logique de ceux qui ne désirent pas les élections, avec le temps, un problème de « légitimité » du pouvoir va se poser. Pr Saïdou évoque également dans le même esprit, le piège du « charisme politique » ; c’est-à-dire l’acceptation d’un pouvoir du fait des qualités supposées du chef. « Il faut faire attention avec le charisme politique…(..), car, ces qualités s’érodent », éclaire l’enseignant-chercheur.

Toujours par rapport à ceux qui disent ne pas vouloir d’élections, il s’étonne avec des participants au dialogue, qu’ « en même temps qu’on dit que les choses marchent (amélioration sur le terrain : ndlr), en même temps quand on parle d’élection, on s’énerve ». « Quelle est cette contradiction-là ? Chaque jour, on nous montre à la télévision nationale les frappes de l’avion sans bruit …, le Premier ministre lui-même a dit lors de son Discours sur la situation de la nation que 65% du Burkina est sous contrôle de l’Etat…. », brandit Pr Saïdou.

S’appuyant également sur l’expérience de pays à l’épreuve de l’insécurité, le panéliste jette des bases d’une réflexion vers des solutions... ‘’On peut trouver des solutions. On peut par exemple décider d’organiser la présidentielle, et c’est possible, car ce ne sont pas les territoires qui votent ici, ce sont les citoyens’’, pose l’enseignant-chercheur avant d’émettre cette hypothèse générale : « Si les gens ne veulent pas quitter le pouvoir, ils peuvent même créer les conditions de pourrissement de la situation ».

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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