Actualités :: Burkina : « Il est aussi urgent de mettre fin à ce plan de marginalisation ou (...)

Pour son "dialogue démocratique" de ce mardi 31 janvier 2023, le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a choisi de convier les leaders d’opinions à passer au scanner, la problématique de la suspension des activités des partis politiques.

La suspension ne repose sur aucune base légale, si ce n’est par la force des armes, tient l’avocat et président de l’Organisation des peuples africains- Burkina Faso (OPA-BF), Ambroise Farama, un des communicants à ce dialogue démocratique. De l’avis du leader politique, la suspension serait d’ailleurs caduque avec la levée de la suspension de la constitution, le 5 octobre 2022.

« Toutefois, nous pouvons admettre la survivance d’une suspension imaginaire », interprète-t-il avant de préciser que la mesure est purement politique et non juridique.

Selon le communicant, cette mesure est à rechercher dans l’esprit des dirigeants du MPSR, et la situation de confusion peut être entretenue à dessein par ceux-ci, qui en tirent profit. Or, convainc-t-il, il ne peut y avoir de gouvernance politique sans activités politiques.

Le modérateur, Wahir Justin Somé, au micro, (leader politique) avec à sa droite, Me Ambroise Farama.

Au plan factuel, Ambroise Farama note que la suspension n’est pas de mise, car dit-il noter qu’en dépit de ce communiqué N°3 du MPSR, des partis politiques (à l’image du Bureau politique national du CDP) et organisations de la société civile (meetings de soutien au MPSR,) mènent leurs activités, sans en être interdits. C’est pourquoi pense-t-il que c’est une question de rapport de force. « Les forts du moment mènent leurs activités et les faibles sont obligés de se taire, ou alors de se complaire dans un silence apparent. Surtout pour les petits partis qui manquent de moyens, ils préfèrent même qu’il y ait cette apparence de suspension, pour pouvoir justifier leur manque d’activités », titille ici le leader politique, Ambroise Farama.

« Comment est-ce que participer dans ce contexte de suspension imaginaire, à la réalisation des missions de la transition ? C’est une autre problématique, parce qu’une transition est temporaire (et à la fin de la transition, les acteurs politiques vont reprendre la chose publique en main), et dans cette suspension…, comment les acteurs politiques peuvent jouer leur rôle dans la réalisation des missions de la transition ? Les missions sont décrites à l’article 2 de la Charte de la transition… (…). Comment peut-on promouvoir la bonne gouvernance sans activités des partis politiques ? Est-il possible d’engager des réformes politiques qui vont lier les acteurs politiques sans les associer à la réflexion ? Est-il possible d’organiser des élections libres, transparentes, équitables et inclusives dans un contexte de suspension des activités ? Cela est inimaginable », renvoie Me Farama.

Me Ambroise Farama.

« Une classe politique forte est le meilleur rempart pour le pouvoir actuel »

Il appartient donc aux acteurs politiques, indexe-t-il, de donner de la voix, afin que le dialogue politique soit réactivé d’urgence. « Sinon, nous courrons le risque d’un enlisement », brandit le candidat à la présidentielle de novembre 2020.

Dans son analyse, et plus tard dans les échanges entre les participants, il est ressorti qu’il y a une tendance actuelle à la diabolisation de la classe politique, considérée comme étant la cause de la situation que traverse le pays.

Un aspect qui a été préalablement soulevé par le premier communicant, l’ancien directeur général des libertés publiques, Dr Aristide Béré, pour qui, les partis politiques sont également vus comme les souffre-douleurs dans les régimes de transition.

« Il est aussi urgent, de mettre fin à cette politique de marginalisation ou de stigmatisation de la classe politique. Car, il n’est ni honnête, ni profitable pour le pays de stigmatiser les acteurs politiques. Le pouvoir actuel, fut-il militaire, a besoin des acteurs politiques, surtout dans la situation actuelle de guerre. Avoir une classe politique forte est le meilleur rempart pour le pouvoir actuel, qui est sous la pression impérialiste ; ils (dirigeants, ndlr) ont engagé un bras-de-fer avec les puissances impérialistes, sans une classe politique forte comme rempart, ce sera difficile à supporter) », discerne donc Me Ambroise Farama, invitant à « soutenir les objectifs de la transition » pour la mise en place d’un pacte social nouveau dans lequel, tous les Burkinabè se reconnaîtront ; civils comme militaires.

Dr Aristide Béré, ancien directeur général des libertés publiques et des affaires politiques.

Dans les échanges qui ont suivi les deux communications, les intervenants ont relevé le fait que tout le monde est concerné par l’insécurité. « Sans sécurité, pas de partis politiques, pas de politique », ont souligné certains avant de déplorer le relent de campagne contre la classe politique.

« Les partis politiques ont leur part de responsabilité, et doivent avoir le courage de reconnaître qu’ils ne fonctionnent pas conformément aux idéaux auxquels ils sont attachés. Cela dit, c’est aussi le reflet de notre société ! On dit les acteurs politiques sont corrompus, mais, c’est notre société qui veut qu’on lui donne quelque chose ! Les acteurs politiques, ce ne sont pas des extra-terrestres. (…). Dans les partis politiques, ce sont des Burkinabè qui y sont », peut-on retenir des interventions.

Oumar L. Ouédraogo
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