Actualités :: Transition au Burkina : « Réconciliation, refondation et restauration », les (...)

Le président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), Me Hermann Yaméogo, a organisé « une causette », ce samedi 2 juillet 2022 à Ouagadougou, pour donner son analyse de la situation nationale.

Des copies du message distribuées aux journalistes et un échange à bâton rompu. C’est sous cette forme que le président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), Me Hermann Yaméogo, a conduit la causette.
« Les priorités de la transition à réaffirmer et à respecter : réconciliation, refondation et restauration ». Voilà ce que propose le président de l’UNDD. L’occasion lui a été offerte de rappeler que la question de la réconciliation nationale, dont il en est le défenseur, ne date pas d’aujourd’hui mais de plusieurs décennies.

Interrogé sur « la libération totale et sans condition » de l’ancien président Roch Kaboré, Me Hermann Yaméogo a tenu à généraliser le cas. Et d’ajouter : « Le président Kaboré ne savait pas qu’un jour, il se trouverait dans une cette situation et que lui-même aurait besoin de bénéficier de la réconciliation ».

Pour Me Hermann Yaméogo, c’est aberrant de voir un pays en guerre alors que des hommes qui peuvent contribuer à la lutte sont en prison. Ainsi, il a demandé la libération des prisonniers. Il est convaincu que la réconciliation n’est pas seulement politique. Elle concerne aussi l’armée, les communautés, beaucoup de domaines, a brandi le conférencier.

« La transition remonte en confiance populaire »

Faisant une mention spéciale à la transition, le président de l’UNDD « se réjouit » du fait que les prophéties de malheurs se sont déclinées sans démagogie. « La transition, qui a commis beaucoup d’erreurs qui ont érodé son capital d’estime, reprend du poil de la bête et remonte en confiance populaire », peut-on y lire dans la déclaration liminaire.

En ce qui concerne la durée de la transition qui fait les choux gras des discussions actuellement, Me Hermann Yaméogo a déclaré que « c’est un faux débat ». En lieu et place, il a demandé une union sacrée autour du pouvoir en place pour libérer le pays. « Est-ce qu’on aura le temps, en trois ans, de mener une vraie politique de refondation ? », s’interroge le président de l’UNDD.

Quant à Rosalie Tarnagda, membre de l’UNDD, elle a pris aux mots l’ancien président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé. Le président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, ancien parti au pouvoir) avait déclaré, en 2021, selon les propos de Rosalie Tarnagda, que s’il n’y a pas de sécurité, il n’y aura pas d’élections au Burkina Faso. Pourquoi donne-t-il un délai aujourd’hui à la transition pour la tenue des élections ? S’interroge dame Tarnagda. « Nous, la population avertie, on n’a pas oublié cela », a-t-elle lancé.

Présent à cette causette, le leader du Mouvement Dounia pour la paix, Aziz Bougouma, a insisté sur la réconciliation et le pardon. « Si la réconciliation voit jour, la question sécuritaire trouvera réponse à 50% », a-t-il ajouté.
Au cours de cette causerie, Me Hermann Yaméogo a salué la création des zones d’intérêt militaire décrétée par la transition, pour la lutte contre le terrorisme. « C’est une bonne chose (…) Il n’est jamais tard pour bien faire », a-t-il déclaré.

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

Texte d’introduction à la conférence de ce matin :

« Les priorités de la transition à réaffirmer et à respecter :
Réconciliation, Refondation et Restauration.

La réconciliation se veut inclusive et réparatrice.

Inclusive d’abord parce qu’elle doit faire l’objet d’une grâce et d’une amnistie générale, pour des faits politiques allant de l’indépendance jusqu’à nos jours et non pour des faits de droit commun, qui touchent des intérêts privés ou des deniers publics détournés par des détenteurs du pouvoir public ou leurs subordonnés.
L’infraction politique qui porte atteinte à l’ordre public et à la sûreté de l’État doit en effet être absolument différenciée de l’infraction pénale de droit commun tenue ; il faut encore le préciser pour ne pas toucher à l’ordre politique mais à des intérêts autres et en particulier privés.

Inclusive aussi car la réconciliation doit aller au-delà du politique vers d’autres domaines (armée nationale, communautés ethniques, religieuses, réhabilitation mémorielle…), pour jouer son vrai rôle de cohésion, d’impulsion économique et de sédimentation nationale.

Réparatrice ensuite car ces faits politiques qui ont été à l’origine de violences ayant entraîné morts d’hommes, incendies de biens publics et privés, vols et saccages notamment, doivent être Indemnisés sous couverture de l’Etat, en raison de ses responsabilités non assumées et de son devoir de réconciliation. Couverture qui s’étendra conséquemment aux condamnations pécuniaires dans ces dites affaires.
La refondation doit également être inclusive et réparatrice.

Inclusive pour commencer, car elle concerne tous les secteurs de la collectivité nationale en manque d’assainissement et de réinitialisation si on peut dire.
Secteurs politiques, sociaux, économiques, militaires et diplomatiques qui ( même si nous sommes distants par rapport aux exploitations et théatralisations qui les submergent ), n’en doivent pas moins être repensés avec réalisme et engagement collectif intelligent et courageux, dans l’intérêt premier de la collectivité nationale sans évidemment méconnaître nos obligations africaines et internationales.

Réparatrice ensuite car on doit plus ou moins nettoyer les écuries d’Augias. On ne reconstruit pas une maison sur ses décombres. Comme son nom l’indique la refondation c’est effectivement ,réédifier sur un socle nouveau, des valeurs nouvelles, spécifiquement mais non exclusivement politiques.

La restauration quant à elle est physique et morale.

Elle est en premier physique car elle concerne la reconquête de toutes les portions de territoires cédées aux ennemis et le retour conséquent des déplacés dans leurs différents sites d’origines.
Elle est en deuxième lieu morale en ce qu’elle vise le relèvement de l’autorité de l’Etat tombée presqu’au ras des pâquerettes (avec les valeurs sociales), que cela a fortement écorné le tempérament national.

Sur ces différents points, la position de l’UNDD, souvent pionnière, est constante.
On peut dire que le ton (si attendu par beaucoup depuis le 24 janvier 2022, date de prise du pouvoir par le MPSR ) à donner pour cette grande œuvre l’aura véritablement été par 4 mesures et initiatives préalables importantes, qui font présager que c’est le bon pied qui a été mis à l’étrier.
Il s’agit d’abord de ce qu’on peut considérer comme le top départ de la réconciliation avec la rencontre entre le président Damiba et ses prédécesseurs JB Ouedraogo et Roch Kaboré.

L’union sacrée encouragée par la réconciliation est en effet la première arme lourde qu’il faut pour affronter une guerre d’extermination comme celle que nous subissons. C’est en cela que la désormais historique tripartite joue son rôle de « mouvement déclencheur ».

Ovations donc au président du Faso comme à ses prédécesseurs pour cette initiative et pareils encouragements à tous ceux qui à l’exemple des chefs traditionnels et coutumiers comme des religieux viennent collectivement d’emboîter le pas. La réconciliation regagne en galons de consensus universel. Vivement le prochain tête à tête des anciens présidents y compris Blaise Compaoré avec le président Damiba et la grâce pour tous les détenus et condamnés politiques.

Le take off de la mise en œuvre des engagements a été aussi donné par les trois mesures ci-dessous qui sont les signes de la matérialisation d’une nouvelle stratégie offensive gagnante dans cette sale guerre. Il s’agit de :
- La création de zones de sécurité militaire qui constitue une annonce claire de la détermination de la transition à adapter avec efficacité et ardeur maîtrisée, son combat à la nature iconoclaste des attaques terroristes.

- La création de la BVDP ( brigade de veille et de défense patriotique ), est la dernière mutation en date depuis le volontariat exprimé par les kogl weogo. Une conversion subtile qui témoigne d’une volonté de corriger les bavures du passé, d’élargir les bases ethniques du volontariat tout en reconnaissant que la nécessaire association des populations à la guerre victorieuse passe par là. Hommages aux VDP tombés et très bonne arrivée à la BVDP encore plus arrimée aux FDS.

- L’interdiction de l’importation, de la commercialisation, de la distribution à titre gratuit sur toute l’étendue du territoire national de motos de Aloba, Sanili où Fortune ainsi que les tricycles à usage de passagers dans les zones de sécurité sensibles.Quand on pense que le recours à ces engins de la mort permet aux terroristes de déferler en binômes plus vite et plus nombreux, pour semer l’horreur au sein de nos populations civiles et s’évanouir après aussi vite dans la nature, on comprend la pertinence de la décision qui aurait gagné à être prise plus tôt.
On le comprend, les choses changent substantiellement . C’est aussi la leçon qui nous est donnée. On ne peut pas engager une guerre totale sans s’en donner les moyens matériels et intellectuels au préalable.

La situation en 5 mois contrairement aux prophéties de malheurs on le voit, se décline sans démagogie et il faut s’en réjouir. La transition qui a commis beaucoup d’erreurs qui ont érodé son capital d’estime reprend du poil de la bête et remonte en confiance populaire.

Le tout maintenant est de ne pas dévier de la trajectoire, de ne pas interchanger les priorités et de garder le cap jusqu’à la satisfaction des trois engagements vis-à-vis desquels on n’a pas perçu à l’origine de sérieuses démarcations. Au contraire !
Il se trouve malencontreusement que des craintes existent à ce sujet et qui sont d’autant plus inquiétantes qu’elles se nourrissent des mêmes projets qui nous valent de connaître aujourd’hui cette douloureuse descente aux enfers. C’est ce qu’il nous est donné de constater avec la volonté de pourrissement continu de la vie politique et sociale par les mêmes euphorisants populaires, les mêmes haines politiques , appels au soulèvement populaire et manigances électoralistes pour contrarier le timing et les objectifs de la transition.

A défaut de faire tomber la transition il faut lui empoisonner la vie, écourter sa durée pour éviter qu’elle ne soit en mesure de donner une bonne suite aux audits tant attendus et à la refondation sans laquelle pourtant, le pays retomberait très vite dans les mêmes récupérations. On le voit le combat n’est pas que militaire il est aussi civil et perpétué par les forces hostiles au changement. Il oblige aux métamorphoses suivantes inspirées de cette harangue résumée du président du Faso à la garnison de Bobo : « retenez une chose ceux qui vont commander et gouverner le pays ce sont ceux qui y croient et qui acceptent de lui donner leur sang » .

En somme le pouvoir pour tout dire et à vue de pays, reviendra à une produit du leadership politique nouveau qui placera la morale, les intérêts nationaux, le partage et la gouvernance responsable, au-dessus des égoïsmes, des haines et soifs d’enrichissements illicites au préjudice des biens de l’Etat et de ses démembrements.
Nous sommes tous dans ce contexte de défi collectif fatal, des combattants de la seule et même nation en danger.
Ces propos tenus à la troupe militaire doivent aussi être tenus à la troupe civile.

Me Hermann Yaméogo
Président de l’UNDD

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