Actualités :: Mise en place des démembrements de la CENI : Bien préparer le terrain pour (...)

Le week-end des 16 et 17 octobre 2021 a connu la prise d’assaut des communes et provinces par les acteurs politiques pour la mise en place des démembrements de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à savoir, la Commission électorale provinciale indépendante (CEPI), la Commission électorale communale indépendante (CECI)/la Commission électorale indépendante d’arrondissement (CEIA). Un moment qui n’a non seulement pas été de tout repos pour certains, mais semble surtout faire des mécontents.

Selon le calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la période du 12 au 21 octobre 2021 est consacrée à la mise en place des démembrements, suivie de la prestation de serment des membres de ces structures. C’est une étape capitale dans le processus, en ce sens que ce sont ces démembrements qui seront en charge de ces opérations électorales de proximité. Pour cela, les partis politiques ont pris des dispositions pour avoir des représentants dans ces structures.

Une situation qui s’est incarnée par les démarches adoptées par l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) avec à sa tête le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir) et le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF), avec à sa tête, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, ex-parti au pouvoir), première force de l’opposition politique.

« Aussi, les consignes suivantes devront être observées :
1-le responsable du MPP à l’échelon concerné (province, commune, arrondissement) est chargé de la coordination des concertations en vue de désigner nos deux (2) représentants de l’APMP ;

2-la règle de désignation doit prendre en compte prioritairement les deux partis les mieux représentés dans la circonscription au regard des résultats des élections législatives de novembre 2020. Cependant, ce critère pourra être modulé sur la base d’un consensus prenant en compte l’expérience acquise par un camarade dans les opérations passées ;

3-le processus de désignation doit toujours être empreint de recherche du consensus, de l’efficacité et du principe de la solidarité agissante entre partis de la majorité ;

4-si un parti se déclarant membre de la majorité n’est pas connu de la liste de l’APMP, son cas doit être porté à la connaissance de la direction politique nationale du parti pour instruction », lit-on dans une circulaire signée du 13 octobre 2021 du président du MPP, Bala Alassane Sakandé et adressée aux responsables communaux/d’arrondissements et provinciaux du parti. Elle met en exergue la préservation des intérêts du MPP et de l’APMP.

Telle semble être la démarche également du CFOP-BF. Selon des sources internes, le principe adopté est que le CDP s’octroie d’office une place dans ces structures et la deuxième place revient au parti membre du CFOP-BF le plus représentatif dans la circonscription. « A notre niveau, Dieu merci, nous n’avons eu aucun problème avec ce principe que nous avons adopté. (…). Mais de l’autre côté (APMP, ndlr), ça n’a pas été facile ; comme ils sont nombreux, ils tournent autour de 70 partis je crois, alors que nous sommes une trentaine. C’était un moment plein de faux mandats. Des anciens responsables locaux de partis politiques qui n’ont pas été retenus par leur parti ont utilisé des anciens mandats ; ce qui n’était pas une chose facile à gérer dans la mise en place des structures. On sent déjà que les choses ne vont pas être faciles à ces municipales. Il faut que les partis politiques se lèvent pour travailler à des municipales apaisées, il faut se passer des crises », explique un des leaders politiques au CFOP-BF.

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Du côté de l’APMP, les consignes semblent n’avoir pas été respectées à tous les niveaux par les destinataires, à en croire certaines réactions enregistrées. « Les gens ont manipulé la circulaire du président du parti (président du MPP, Bala Alassane Sakandé, ndlr). Ils ont outrepassé les consignes. Ils n’ont pas eu de la considération pour la note, ils l’ont froissée.

Dans ma commune par exemple, le préfet a été de connivence avec son groupe pour léser les partis alliés à la majorité. Quand on a voulu parler, ils ont opposé l’argument du nombre et demandé de passer au vote, tout en sachant qu’ils ont pris le soin de délivrer de faux mandats à des personnes qu’ils ont choisies. C’est triste. On pensait que ces actes rétrogrades étaient derrière nous, mais on a beaucoup à faire encore », confesse ce représentant de parti membre de l’APMP (dont nous taisons la commune et l’identité pour diverses raisons).

« Le consensus recommandé par le président du parti de la majorité a été carrément ignoré pour ne pas attribuer l’autre poste à un parti allié. (…). Il faut que le gouvernement soit très vigilant. Dans certaines localités, il y a des conflits au cœur desquels se trouvent des autorités, notamment des préfets, qui ont pris parti pour un camp. Nous estimons que ces autorités ne devraient pas superviser la mise en place des démembrements. Si les choses sont déjà manipulées à ce niveau, il faut craindre pour l’avenir. La deuxième étape de leur stratégie va consister en la rétention des informations relatives au processus et opérations électorales. Si un travail sérieux n’est pas fait, il faut craindre des violences post-électorales. Les adversités vont être du même camp de la majorité, dans une lutte fratricide, comme ces violences jamais égalées que nous avons enregistrées en mai 2016 (élections municipales, ndlr ) », craint-il, suggérant à l’Etat de faire le point des autorités en poste depuis un moment et surtout celles ayant été au cœur de certaines crises locales pour tirer les conséquences le plus tôt possible.

O.L
Lefaso.net

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