Actualités :: Burkina-Assemblée nationale : « La défiance grandissante des citoyens envers (...)

Le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Alassane Bala Sakandé, a procédé à l’ouverture de la deuxième session parlementaire ordinaire de l’année 2021, ce mercredi 29 septembre à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture a connu la présence des membres du gouvernement avec à leur tête le Premier ministre, Christophe Dabiré, ainsi que des membres du Parlement ghanéen.

Comme à l’accoutumé, la représentation nationale ouvre chaque dernier mercredi du mois de septembre, sa deuxième session ordinaire de l’année. Et cette année, elle n’a pas dérogé à la règle. La présente session, également appelée « session budgétaire », a principalement pour objet l’examen et le vote du budget de l’Etat gestion 2022. C’est par elle que le parlement consent l’impôt, autorise les dépenses publiques, affecte les ressources et les charges de l’Etat.

Après avoir donné un aperçu du fonctionnement de l’institution parlementaire et fait le compte-rendu des actions menées par les parlementaires, Alassane Bala Sakandé est revenu sur certaines de ces activités.

Il s’agit, entre autres, de l’élaboration du plan stratégique 2022-2025 qui a mobilisé parlementaires et personnel administratif tout au long de la période de l’intersession et du devoir de redevabilité auquel se sont soumis les 127 députés du parlement auprès des citoyens du 1er au 4 juillet 2021 à Bobo-Dioulasso.

Ces jours passés dans la région des Hauts-Bassins ont été l’occasion pour mieux faire connaître l’institution et pour recueillir les attentes et préoccupations des populations, a fait savoir Bala Sakandé.

A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale a relevé « la crise de confiance » qui prévaut en ce moment entre les Burkinabè et leurs autorités, en les interpellant à respecter leurs engagements vis-à-vis de ceux pour qui, ils votent la loi, consentent l’impôt et contrôlent l’action gouvernementale.

« L’ouverture de la présente session se tient dans un contexte géopolitique marqué par une crise aiguë de confiance qui n’épargne aucun secteur de la vie sociale », affirme Alassane Bala Sakandé, président de l’Assemblée nationale

« L’ouverture de la présente session se tient dans un contexte géopolitique marqué par une crise aiguë de confiance qui n’épargne aucun secteur de la vie sociale », a indiqué Bala Sakandé. Pour lui, l’humanité souffre d’une crise de confiance et cet état de fait est loin d’être un fait isolé.

Tout en félicitant le Premier ministre, Christophe Dabiré, et son staff pour les efforts consentis, Bala Sakandé a invité le gouvernement à travailler de sorte à combler ce déficit de confiance. « Pour avoir été témoin de votre parcours professionnel et politique, je ne doute point de votre détermination à assainir la gestion publique. Je veux juste vous exhorter à davantage d’actions et d’audace dans votre volonté politique d’implémenter la culture de la redevabilité dans l’action gouvernementale », a-t-il insisté auprès du chef du gouvernement.

Le président de l’Assemblée nationale dit aussi militer pour une relecture profonde, urgente et diligente de la loi n°039/2016/AN du 2 décembre 2016 portant réglementation générale de la commande publique. « La place prépondérante accordée au ”moins disant" dans l’évaluation des offres doit être reconsidérée », a-t-il laissé entendre. Car selon lui, l’expérience a démontré que le “moins disant” n’est pas toujours le ”mieux disant” en terme de critères d’attribution des marchés publics.

Le Burkina Faso a suffisamment payé les conséquences financières, économiques et surtout humaines à cause de ce critère qui ne tient pas la route, dira Bala Sakandé. « L’action c’est maintenant, pour éviter que ne se reproduisent des drames humains consécutifs aux effondrements d’édifices et ouvrages publics », a-t-il recommandé au gouvernement.

Par ailleurs. le président du Parlement dit accorder une attention particulière au dossier judiciaire relatif à la contrebande à grande échelle de carburant aggravée par des suspicions de blanchiment de capitaux, de corruption et de financement du terrorisme actuellement en cours grâce au travail de la justice et des forces de défense et de sécurité qu’il a salué.

Christophe Dabiré, Premier ministre (à droite) en compagnie du 1er vice-président du parlement ghanéen Joseph Osei-Owusu (à gauche)

L’inflation a également été abordée dans le discours de Bala Sakandé. Il a salué la volonté commune du Burkina et de la Côte d’ivoire de rouvrir leurs frontières dans le strict respect des mesures sécuritaires et sanitaires pour résorber cette situation.
Concernant la fermeture du lycée Philippe Zinda Kaboré, Bala Sakandé a annoncé une invitation très prochaine du gouvernement pour aborder le sujet afin de situer le parlement sur le redéploiement de l’ensemble des pensionnaires et du personnel. Il dit attendre également qu’un plan de réhabilitation du Zinda mais aussi de tous les établissements scolaires qui en ont besoin leur soit présenté en vue de garantir la sécurité des élèves et des enseignants.

Au sujet de la loi de finances, le président de l’Assemblée nationale entend la rendre plus accessible au grand nombre afin de mieux faire comprendre le processus budgétaire aux populations et réduire l’incivisme.

Une dizaine de projets de lois seront à l’ordre du jour de la présente session en plus de celui sur la loi de finances.

Hamed NANEMA
Lefaso.net

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