Actualités :: SIDA : des ARV pour 3500 malades d’ici à 2006

Les représentants-résidents du PNUD et de l’ONUSIDA ont
rencontré des chefs traditionnels de la région du Sahel pour
sensibiliser les populations rurales sur les dangers du Sida.
C’était au cours de la caravane de sensibilisation sur le Sida,
organisée par le Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD).

3ème du genre dans la région, cette
sortie a été l’occasion de relever que le Fonds mondial de lutte
contre le Sida permettra de traiter près de 3500 malades au
Burkina au bout de deux ans. Par cet acte, le PNUD et
l’ONUSIDA s’engagent aux côtés des autorités burkinabè dans
la lutte contre la pandémie.

Le nombre des malades traités sous ARV augmentera dans
les prochains mois. Après une requête introduite auprès du
Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et la
malaria, le Burkina a obtenu près de 26 millions de dollars dont
19 millions environ seront destinés à la lutte contre le Sida sur
une période de 4 ans. Une bonne partie du fonds, qui sera
gérée par le Programme des nations Unies pour le
développement (PNUD), les deux premières années, ira dans
l’achat des antriretroviraux. Cela permettra, au bout des deux
ans, de traiter près de 3500 malades au Burkina.

D’autres
initiatives sont en train d’être prises, notamment l’initiative Three
by Five (trois fois cinq) de l’ONUSIDA et du Fonds mondial, pour
laquelle "le Burkina a déjà introduit une requête". Cette initiative
vise à traiter 3 millions de malades d’ici 2005.

Christian Lemaire, représentant-résident du Programme des
Nations unis pour le développement (PNUD) et Marc Saba, chef
de la division Sida et développement humain au PNUD, l’ont
affirmé lors de la caravane de sensibilisation sur le VIH/Sida, qui
a parcouru, du 12 au 15 juin derniers, les provinces du Séno
(Sempelga à 42 km de Dori et Falagountou à 56 km de Dori), du
Yagha ( Sebba) et de l’ Oudalan (sur le site aurifère de
Essakane).

Plus grande prise en charge médicale

Tout au long de sa tournée, le représentant-résident du PNUD,
qui était accompagné de Mamadou Sakho, coordonnateur de
l’ONUSIDA au Burkina Faso, a indiqué que le gouvernement
burkinabè et le PNUD fourniront, dans les mois à venir, des
efforts supplémentaires dans la prise en charge médicale des
malades. Selon Christian Lemaire, le Burkina a réalisé
beaucoup de progrès dans la lutte. Mais, ajoute-t-il, "il ne faut
pas baisser la garde" ; "il faut persévérer dans la voie de la
prévention" et veiller à la bonne gestion des ARV. "ça ne sera
pas seulement une question de disponibilité des
médicaments, mais surtout une question de bonne gestion des
ARV", a-t-il confié.

Les caravaniers ont voulu sensibiliser le maximum de
personnes, à travers les responsables coutumiers, des
leaders d’opinion qui disent connaître la maladie et s’être
engagés dans la lutte. C’est notamment le cas de la chefferie
traditionnelle de Sebba, dans le Yagha, qui a dressé un plan
d’action de lutte. Le Poé Naaba, représentant du Mogho Naaba,
a confirmé l’engagement des chefs traditionnels dans la lutte, lui
qui a indiqué qu’un comité de chefs coutumiers a été mis en
place dans les 45 provinces du Burkina grâce au soutien des
autorités burkinabè.

A Falagountou, village de 13500 âmes environ, peuplé en
majorité de Sonraï et situé à une dizaine de km de la frontière
du Niger, la peur du Sida semble bien loin. Un boutiquier du
village affirme avoir arrêté la vente de capotes tout simplement
parce que les "préservatifs ne marchent pas". Mais dans les
autres localités où la caravane s’est arrêtée, les populations
semblent avoir pris conscience du mal.

Boubacar Hama, un
habitant de Sampelga, a une idée des manifestations de la
maladie. "Les symptômes du Sida, dit-il, ce sont la diarrhée, la
perte de cheveux et l’amaigrissement du malade". Mais comme
bien d’autres jeunes rencontrés au cours de la caravane,
Boubacar Hama n’a jamais entendu parler de test du Sida. Pas
même lorsqu’il s’agit de se marier.

"Le test, jamais entendu parler !"

Que le mal soit peu ou prou connu, Christian Lemaire est
revenu, lors de son adresse aux populations, sur les modes
de transmission, les moyens de prévention et les dangers réels
que présente la maladie. "C’est une maladie dont on ne guérit
pas et qui a déjà infecté 40 millions de personnes. 3 millions
sont mortes l’année dernière. Certains pays ont vu un tiers de
leur population ravagé par la maladie, a-t-il répété.

La lutte contre le Sida n’étant pas seulement l’affaire des chefs
coutumiers, le représentant-résidant du PNUD a insisté sur le
très important rôle de la famille dans la prise en charge des
malades. La famille ne doit pas rejeter les malades car, a-t-il
insisté, " la prise en charge sociale et psychologique n’est
possible que dans le cadre familial", ajoutant que la lutte est
avant tout un engagement personnel.

Il a par ailleurs relevé que l’offre de dépistage sera encore plus
grande. C’est dans ce cadre qu’il est prévu un centre de
dépistage du Sida à Dori avant la fin de l’année.
L’autre volet de la sensibilisation a porté sur la projection du
film-documentaire Faso contre le Sida et la remise de livrets.
Le livret est un rapport national sur le développement humain
axé sur la question du Sida au Burkina. Il est traduit en langues
fulfuldé, dioula et mooré. Baba Hama, délégué général du
Festival panafricain du cinéma et de la télévision de
Ouagadougou (FESPACO) et Bassirou Dicko, représentant de
l’émir du Liptako, participaient à la caravane.

Par Cheick Beldh’or SIGUE


Caravane de sensibilisation : Des responsables s’expriment

Isidore Yougma (Infirmier au Centre de santé de Essakane) : "Nous n’avons rencontré que des cas d’IST"

"A Essakane, nous n’avons rencontré que des cas d’Infections
sexuellement transmissibles (IST). En ce qui concerne le Sida,
les populations ne consultent pas les formations sanitaires
pour ce genre de maladies. Il y a eu ici des campagnes de
sensibilisation, avec le projet Sida II et le FNUAP.

Mais depuis
le départ du projet, il n’y a plus eu de séances de
sensibilisation. On peut dire que la capote est utilisée à
Essakane. Mais il n’ ya pas de centre de dépistage, si bien que
pour faire le test, il faut se rendre à Gorom-Gorom".

Ly Hama Amidou (Maire de la commune de Sebba) : "Les populations engagées"

"Il y a eu des rencontres sur le Sida, mais jamais un
regroupement d’une telle envergure. C’est la première fois
qu’une rencontre s’adresse particulièrement aux chefs
traditionnels. Dans le Yagha, les populations sont engagées
dans la lutte. Un plan d’action a été élaboré, qui concerne tous
les 45 villages du Yagha. Le dépistage s’y fait volontairement.

Pas plus tard que la semaine dernière, des travailleurs ont fait
le test du Sida. Ce test se fait au Centre médical avec antenne
chirurgicale ( CMA) de Sebba. Mais pour le dépistage de Sida
avant le mariage, on ne l’a pas encore introduit dans les
clauses du mariage. On craint que certains soient réticents.
Sans doute que cette sortie va encourager certains qui étaient
encore hésitants. Nous avons connu trois cas avérés de Sida à
Sebba".

Propos recueillis par Cheick Beldh’or SIGUE
Le Pays

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