Actualités :: Spéculation sur les bouteilles de gaz Sodigaz : Les clients invités à (...)

Depuis quelques semaines, des internautes dans un groupe de consommateurs sur Facebook, mais aussi des auditeurs sur différentes radios se plaignent de la difficulté à recharger leurs bouteilles de gaz de marque Sodigaz. S’il est vrai que la société a du mal à satisfaire la demande, force est de constater que dans certains points de vente, la spéculation est le mot d’ordre. Ce qui accentue l’impression de pénurie et favorise ainsi l’augmentation des prix de vente du gaz. Noraogo Sawadogo, directeur de la communication et des relations publiques de Sodigaz APC que nous avons rencontré ce jeudi 6 octobre 2022 indique que la société met tout en œuvre pour combattre cette pratique préjudiciable aussi bien pour le consommateur que pour la société.

Au quartier Karpala de Ouagadougou comme dans plusieurs autres de la capitale burkinabè, cela fait plusieurs semaines qu’il est difficile de recharger sa bouteille de gaz de marque Sodigaz. En cause, la pénurie. Mais pas seulement. La réalité, c’est qu’il y a une spéculation qui ne dit pas son nom sur les bouteilles de cette marque. Dans de nombreux points de vente agréés, pendant que le camion décharge les bouteilles de gaz, des taxi-motos sont garés prêts à emporter ces bouteilles vers des revendeurs non agréés, notamment des quincailleries. Une fois dans les quincailleries, les prix sont majorés. La bouteille de 6kg est revendue entre 2500 FCFA et 3000 FCFA au lieu de 2000 FCFA. La bouteille de 12,5kg est elle revendue à 6000 ou 6500 FCFA au lieu de 5500 FCFA. Pourtant le gaz est subventionné par le gouvernement afin de le rendre accessible à tous.

Selon Noraogo Sawadogo, directeur de la communication et des relations publiques de Sodigaz APC, la société qui détient 60% des parts du marché de gaz butane au Burkina, est au courant de la pratique et travaille à la combattre. Mais pour venir à bout de cette pratique, il faudrait selon M. Sawadogo, que le gaz soit disponible en quantité, car dit-il, c’est le manque qui crée la spéculation. « Tant que nous n’arriverons pas à faire en sorte que les besoins de Sodigaz et des autres marketeurs soient satisfaits et que le gaz soit disponible pour tout le monde, nous allons beaucoup nous battre, mais nous ne sommes pas sûrs que ce soit la solution. Pendant les périodes de basse consommation, il n’y a pas de spéculation. La spéculation naît du fait qu’il y a manque. Et le manque est dû au fait que les marqueteurs n’ont pas suffisamment de gaz pour pouvoir le distribuer. La logistique est là, les bouteilles sont là, l’expérience est là. Il ne nous reste que le gaz pour pourvoir le distribuer », confie-t-il.

Dénoncer les points de vente qui fournissent les revendeurs

Sur la question de la spéculation qui entoure les bouteilles Sodigaz, M. Sawadogo a indiqué que la société prend le problème à bras-le-corps, puisqu’elle est la première victime. Ainsi affirme-t-il, des points de vente agréés qui fournissent ceux qu’il appelle le « secteur informel », c’est-à-dire les revendeurs non agréés, sont régulièrement fermés. Sodigaz ne communiquait pas sur ces fermetures, mais désormais au regard de l’interpellation sans cesse croissante des consommateurs, la société a décidé de communiquer là-dessus. « Sur nos points de vente agréés, si nous avons la preuve que quelqu’un vend à un autre prix, (pour éviter qu’un concurrent ne vienne dénoncer de façon abusive quelqu’un), si nous avons la preuve en image ou d’une manière ou d’une autre, si la personne est dénoncée, nous avons les moyens d’aller vérifier de nous-mêmes. Et dès qu’on a la preuve que la personne l’a fait, nous la suspendons et ensuite on ferme définitivement le point de vente. Si vous êtes témoin ou victime d’une situation de ce genre, faites-le nous savoir », dit-il.

Et pour dénoncer ces points de vente agréés qui contribuent à la spéculation, vous pouvez contacter les numéros : 07022510 et 67994916.

Pour ce qui est des revendeurs non agréés, notamment les quincailleries, la Sodigaz ne dispose pas de contrats avec eux et ne peut donc pas les empêcher de vendre des bouteilles de gaz. C’est au ministère en charge du commerce de s’en occuper, a laissé entendre M. Sawadogo. Il souligne d’ailleurs qu’au-delà du préjudice que ces revendeurs non agréés portent à Sodigaz, c’est aussi un danger pour la population puisqu’ils ne remplissent pas les conditions pour stocker et vendre des bouteilles de gaz.

Tout compte fait, pour Noraogo Sawadogo, la solution à la problématique de la spéculation sur le gaz est de le rendre disponible en quantité pour la population. « Aujourd’hui, il n’y a pas d’autres solutions que de permettre aux marqueteurs d’avoir suffisamment de gaz pour pouvoir distribuer. Nous interpellons la SONABHY, le ministère du Commerce, tous les acteurs, nous interpellons la population parce que c’est un combat de tous. Chacun à son niveau doit prendre ses responsabilités. Les points de vente agréés lorsqu’ils vendent plus cher, cela ne rentre pas dans les poches de Sodigaz. Au contraire, ça détruit notre image, nous ne pouvons pas en être complices. Nous faisons ce que nous pouvons, mais nous ne pouvons pas gagner cette bataille seuls si la population ne contribue pas en dénonçant cela auprès de Sodigaz mais aussi auprès des pouvoirs publics parce que c’est eux qui sont garants de la règlementation », a-t-il laissé entendre.

Tout en félicitant la SONABHY pour les efforts consentis pour rendre disponible le gaz, M. Sawadogo les encourage à redoubler d’efforts afin de satisfaire la demande. « Lorsque sur un besoin de 300 tonnes, vous avez 175 tonnes, sur un ou deux jours cela ne fait que creuser les besoins. Nous sommes obligés de travailler à imaginer toutes les possibilités pour pouvoir disponibiliser le gaz pour le client. Ce ne sont pas les camions qui manquent, ce ne sont pas les bouteilles qui manquent, ce ne sont pas les capacités opérationnelles ni logistiques qui manquent. C’est juste le gaz (…) C’est un problème que nous ne pouvons pas résoudre seul, mais ensemble avec toutes les parties prenantes », a laissé entendre M. Sawadogo.

Justine Bonkoungou
Photo : Bonaventure Paré
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