Actualités :: Allaitement au Burkina : « La pratique exclusive de cet allaitement est (...)

Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays du monde, commémore, du 1er au 7 août 2022, la semaine mondiale de l’allaitement maternel exclusif. Une semaine au cours de laquelle, plusieurs activités sont menées afin de promouvoir cette pratique pour le bien-être et la santé des nourrissons. A cette occasion, nous avons rencontré la directrice de la nutrition burkinabè, Estelle Bambara, qui est revenue, entre autres, sur l’importance de la commémoration de la semaine mondiale de l’allaitement maternel exclusif pour notre pays, l’état des lieux du respect de la politique de l’allaitement maternel exclusif au Burkina Faso et les difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre.

Lefaso.net : Présentez-vous s’il vous plait ?

Estelle Bambara (EB) : Je suis Estelle Bambara, la directrice de la nutrition au sein du ministère de la Santé et de l’hygiène publique.

Lefaso.net : Nous sommes dans la semaine mondiale de l’allaitement, Mme la directrice, dites-nous, que représente cette semaine pour votre direction ?

EB : Cette semaine, qui est placée cette année sous le thème « s’engager pour l’allaitement, éduquer et soutenir », nous rappelle qu’en tant qu’autorité administrative et également acteur membre de la communauté, il est temps de s’engager, d’éduquer et de soutenir l’allaitement maternel exclusif. Elle constitue également pour nous une période de réflexion qui nous permettra de voir à quel niveau sommes-nous dans la mise en œuvre de la politique en matière de pratique de l’allaitement exclusif et aussi de voir comment pouvons-nous faire le plaidoyer à l’endroit, d’une part, de la communauté pour son adhésion aux bonnes pratiques d’allaitement ainsi qu’à l’endroit des décideurs pour leur soutien pour la mise en œuvre de la politique de l’allaitement.

Lefaso.net : Quel est l’état des lieux du respect de la politique de l’allaitement maternel exclusif au Burkina Faso-Statistique et région ?

EB : Il faut dire qu’au niveau du ministère, nous disposons d’un plan de passage à l’échelle des pratiques optimales d’allaitement et d’hygiène de l’enfant qui couvre la période de 2014 à 2025, dont l’objectif est d’aller à des taux pouvant atteindre jusqu’à 80% d’ici 2025. La mise en œuvre de cette politique nous a en outre permis d’améliorer les indicateurs de l’allaitement exclusif. Car si nous prenons sur l’échelle nationale, nous sommes passées de 29, 2% de l’allaitement exclusif en 2012 à 69, 06 % en 2021.Et comme je vous le disait, on doit poursuivre l’allaitement jusqu’à deux ans et quand on regarde en 2021, on a 72, 4 % qui était allaités jusqu’à l’âge d’au moins un an au niveau national.

Mais il faut savoir également que ces chiffres cachent aussi des disparités au niveau des régions. Par exemple dans la région du Centre, nous sommes autour de 64 % de taux d’allaitement exclusif. Sur l’ensemble du territoire, nous avons six régions qui sont au-dessus de la moyenne nationale. Mais avec l’insécurité qui a causé le déplacement massif des populations, le taux est revenu à la baisse dans certaines régions, pourtant ces régions, qui étaient déjà à des taux acceptables, ont vu leurs taux à la baisse.

Lefaso.net : Quels sont les difficultés de mise en œuvre de la politique de l’allaitement maternel exclusif ?

EB : Au niveau du Burkina, il faut dire que la pratique est vraiment courante, mais le seul problème, c’est que l’exclusivité de cet allaitement avant les six premiers mois de l’enfant n’est pas respectée. Parce que, les mamans, en plus de l’allaitement, donnent de l’eau, parce qu’elles se disent qu’il fait très chaud. Il y a également le fait qu’au niveau culturel, les gens disent que le nouveau-né qui vient d’arriver, il faut lui donner l’eau de bienvenu. Donc, ils ont tendance à donner de l’eau au nouveau-né qui vient de naître, alors que sur le plan nutritionnel, l’enfant n’a pas besoin de l’eau, parce que, le lait maternel contient tous ceux dont l’enfant a besoin. Que ça soit l’eau de bienvenu dont on parle, l’enfant l’a déjà dans le premier lait qu’on lui donne et ce lait contient cette eau de bienvenu contenant tous les nutriments dont l’enfant a besoin.

Egalement dans son premier vaccin, il y a tout dedans, mais nous sommes confrontées au problème de don de l’eau actuellement. D’ailleurs, il y a une étude menée de 2012 à 2018 qui montre que 74, 9% devaient être allaités si on ne donnait pas de l’eau. Donc, c’est la part de l’eau qui fait que l’allaitement maternel en exclusivité cause problème, sinon les femmes pratiquent l’allaitement, mais c’est seulement l’exclusivité qui cause problème. Sinon les mamans ont compris qu’il ne faut plus donner les tisanes ou purger l’enfant.

Lefaso.net : Quel appel lancez-vous à l’endroit des mères allaitantes et les femmes pour l’adoption de l’allaitement maternel exclusif ?

EB : A l’endroit des femmes qui se sont déjà engagées dans l’allaitement exclusif, c’est de les encourager à continuer. Celles qui sont enceintes notamment les futures mamans, c’est aussi de les encourager à adhérer à l’allaitement optimal et à la mise au sein précoce dès que l’enfant naît. Elles peuvent mêmes le demander aux sages-femmes dès les premières heures qui suivent l’accouchement pour que l’enfant puisse bénéficier du colostrum. Adopter l’allaitement exclusif dans les six premiers mois et le poursuivre jusqu’à l’âge de deux ans permet de protéger l’enfant contre la malnutrition et d’autres maladies. Pour la maman, l’allaitement exclusif lui permet de se protéger contre le cancer du sein et celui de l’utérus. Pour la société, elle permet de gagner économiquement du fait vous vous êtes prévenus des maladies qui peuvent être liées au manque de l’allaitement maternel exclusif.

Lefaso.net : Votre mot de fin

EB : D’abord, je tiens à remercier Lefaso.net qui sera notre porte voix pour la promotion des bonnes pratiques et des pratiques optimales d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, en particulier l’allaitement maternel exclusif. Ensuite, à l’endroit de nos partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent sur le terrain, c’est vraiment réitérer nos remerciements à leur endroit et leur demander de continuer à nous accompagner pour la promotion de l’allaitement exclusif au niveau de notre pays. Et enfin, remercier Compassion International-Burkina Faso qui nous a permis de faire passer l’information à la population. Et enfin aux autorités et aux agents de santé sur le terrain qui œuvrent pour apporter des services adéquats aux populations vulnérables notamment les femmes allaitantes, enceintes et les enfants de moins de 5 ans, nous leur réitérons également nos encouragements.

Interview réalisée par Yvette Zongo

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