Actualités :: Ernest P. Yonli : "Nous n’avons pas pu réaliser nos ambitions économiques (...)

Ernest Yonli, Premier ministre du Burkina Faso, explique à Marchés Tropicaux l’importance pour le Sud d’avoir parlé d’une même voix à Cancun et de suivre le dossier coton. Toutefois, la diversification des productions est importante, comme celle des réseaux de communication, suite à la crise ivoirienne.
Une crise qui, conjuguée à une mauvaise campagne agricole, a affecté la croissance. Elle se redressera, aidée d’un effort massif sur l’éducation et d’une démocratie qui est mieux assise.

Marchés Tropicaux :
A propos de Cancon, le président du Faso a déclaré : "il faut saluer le rejet, par la majorité des pays, des pratiques commerciales iniques". Pour vous, ce rejet est un succès à court terme, pensez-vous que cela en soit aussi un à long terme !

Ernest Yonli :
Il est certainement dommage que Cancun n’ait pas été un succès car cela conduit inévitablement au ralentissement de l’agenda de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Depuis Doha, il était prévu que les négociations puissent prendre fin en 2005. Avec l’échec de Cancun, nous risquons de connaître une modification de cet agenda. Il n’est jamais bon de prendre du retard dans une programmation surtout quand elle est collective. J’espère que toutes les parues membres au sein de l’OMC vont se ressaisir pour que nous puissions débattre des questions qui sont dans l’agenda et qui nous paraissent importants pour l’avenir du monde, notamment en matière d’échanges commerciaux.

Dans une instance de ce niveau mondial, c’est la première fois que nous, les pays du Sud, avons pu parler d’une même voix. Il s’agissait de refuser ce que les pays développés, ceux du Nord, cherchaient à nous imposer : ne pas arriver aux termes des négociations sur les questions agricoles et revenir sur les aspects de l’agenda de Singapour. Il faut saluer la prise de conscience collective des pays du Sud. C’est une très bonne chose car cela constitue un préalable utile pour continuer les négociations dans d’autres instances de l’OMC. Les pays d’Afrique vont travailler à parfaire cette prise de conscience retrouvée de façon à se faire accompagner par des pays qui apportent un plus à ce combat comme la Chine, le Brésil ou autres.

En ce qui concerne le coton, nous sommes persuadés qu’il ne s’agit pas d’une bataille que nous allons gagner à court terme. Nous étions déjà avisés de cet aspect des choses en regardant les mécanismes de fonctionnement de l’a Me. Dans l’immédiat, nous pensons pouvoir trouver des possibilités pour discuter avec différents partenaires comme l’Union européenne ou des pays comme la France ou l’Allemagne. Ils sont prêts à nous accompagner sur ce dossier afin que nous puissions obtenir des réparations de préjudice par des mécanismes spécifiques permettant de corriger un tant soit peu les pertes de recettes financières que nous connaissons à travers cette problématique du coton.

Quel va être le calendrier de l’après Cancun ?

Deux directions vont être privilégiées. Dans l’immédiat, nous allons organiser une évaluation de ce qui a été conclu pour le dossier coton à travers les quatre pays qui sont le Bénin, le Burkina Faso, le Tchad et le Mali, et en tenant compte de ce qui s’est passé à Cancun. Ensuite, nous verrons dans quelle instance internationale nous allons faire valoir nos préoccupations sur cette question du coton afin que les organisations internationales ou intergouvernementales puissent nous appuyer pour trouver des solutions à court et moyen terme.

Le Président du Faso a été le précurseur au niveau des chefs d’Etat à poser la question du coton à Genève. Après Cancun, il est parti plaider encore le dossier à l’Assemblée générale des Nations unies. Il a fait la même chose à Tokyo à la 3e TICAD. Nous saisirons chaque occasion pour faire entendre la voix des pays cotonculteurs afin de trouver des solutions à court et moyen terme pour alléger le fardeau du déficit des revenus.

L’économie du pays repose sur une seule ressource, le coton. Les propositions des pays du Nord à Cancun qui vous exhortait à la diversification sont-elles complètement infondées ? Quelle filière mériterait d’être développée pour diversifier un peu l’économie et éviter les risques d’une monoculture ?

La diversification des productions agricoles a toujours été au cœur de notre politique agricole. Dans les années 80, nous étions parmi les premiers pays africains, en tout cas le premier pays d’Afrique de l’Ouest, en matière de production et d’exportation de haricots verts. Nous étions aussi les premiers sur les amandes de karité jusqu’au milieu des années 80. En outre, nous avons travaillé à aménager une grande plaine dans l’Ouest du pays dans les années 70 pour avoir une certaine autonomie en matière de production rizicole. Nous étions persuadés qu’il était important pour nous de ne pas nous enfermer dans la monoculture.

Aujourd’hui, le problème est encore plus actuel. Nous avons défini un programme qui contient plusieurs filières au niveau agricole. Nous sommes en train de développer la filière fruits et légumes. Le pays est un très bon producteur de mangues et nous faisons de la fraise qui rivalise en qualité et en goût avec celle de l’Europe. Depuis 1994, nous sommes en train de nous réorganiser à travers un programme quinquennal qui définit une nouvelle politique agricole basée sur la diversification. Nous tenons coûte que coûte à reprendre notre place pour la production de haricots verts car nous avons un potentiel et nous avons accumulé un savoir-faire.

Nous avons notre propre vision de ce que doit être la diversification agricole pour éviter d’être étouffés par la seule culture du coton. En outre, il est important pour nous de développer une politique industrielle basée sur le coton afin de trouver des solutions pour ne pas décourager nos producteurs. Nous n’avons d’autres choix que de monter des industries sur un certain nombre de segment de la filière coton, depuis la fibre jusqu’au tissu. Nous en avons les possibilités et nous y réfléchissons. Des programmes sont déjà avancés dans ce sens.

La crise ivoirienne a considérablement perturbé les pays enclavés. Qu’avez-vous entrepris pour surmonter cette épreuve ?

C’est avec une certaine fierté que nous avons surmonté la crise ivoirienne. Personne n’avait parié sur la capacité du Burkina Faso à tenir un mois ou deux de rupture du trafic sur le corridor ivoirien, tant la dépendance de notre économie avec ce corridor était forte. Nos opérateurs économiques ont eu une réactivité surprenante qui nous a permis de parer au plus pressé. Les effets de rupture d’approvisionnement que nous avons pu connaître se sont faits sentir de façon limitée.

Je dois dire que nous avons été alertés comme par enchantement en 1999 au moment de l’histoire de Tabou, quand des Burkinabè avaient été victimes d’exactions, de tueries en Côte d’Ivoire. Environ 10 000 compatriotes étaient rentrés au Burkina Faso. Nous avions alors compris que les problèmes allaient commencer à se poser entre la Côte d’Ivoire et nous. Depuis, nous avons cherché à développer notre capacité de transit sur le port de Tema et à renforcer celle sur les ports de Lomé et de Cotonou. Aujourd’hui, elles sont assez développées.

Je suis également fier de dire que le Burkina Faso possède un des meilleurs réseaux routiers débouchant sur l’ensemble des pays qui nous entourent. Cela permet de nous désenclaver et de ne pas être à 100% dépendants du corridor ivoirien.

Où en sont les relations diplomatiques avec la Côte d’Ivoire ? La décrispation se confirme-t-elle ?

Il y a, en tout cas, des éléments de décrispation. C’est seulement début octobre que les comités de coordination et de suivi, mis en place dans les deux pays après l’ouverture de la frontière le 10 septembre dernier, se sont réunis à Abidjan. Ces comités sont chargés de suivre le respect des engagements pris par les deux pays pour assurer la sécurité de la reprise du trafic sur l’ensemble du corridor que se soit par voie routière ou ferroviaire. Cette réunion montre qu’il existe une volonté de coopérer mais surtout de rétablir la confiance entre les deux pays, notamment à travers leurs administrations.

Il s’agit maintenant de travailler à consolider ces efforts car le trafic ferroviaire a repris, mais le train s’arrête seulement à Bobo-Dioulasso et le trafic routier est timide. Il y a des motifs d’optimisme quant à une reprise, à une décrispation totale. Nous souhaitons tout simplement que la sérénité revienne assez rapidement car c’est une condition nécessaire pour que nous puissions avoir une bonne coopération.

M. Compaoré a déclaré : « il faut hâter l’intégration de la région". Qu’est-ce qui freine cette intégration et comment faire pour l’accélérer ?

Depuis 1994, date à laquelle nous avons signé le traité consacrant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), le Burkina Faso s’est affiché comme un pays phare de l’intégration, comme un pays qui pense que l’intégration est désormais incontournable et est devenue une nécessité absolue conditionnant le développement individuel de chaque pays de la sous-région. Nous n’avons pas reculé sur cette conviction.

L’engagement et la détermination sont là et nous allons continuer dans ce sens. Nous aurions souhaité que cette intégration que cette intégration aille plus en profondeur, donc en intensité, mais aussi en envergure. Il s’agit pour chacun des huit pays de veiller au respect et à l’application effective au quotidien des dispositions du traité. Malheureusement, cette volonté -et je suis désolé de le dire- n’est pas du même niveau dans chaque pays. Il existe des égoïsmes souverainistes ou nationalistes qui empêchent encore aujourd’hui l’intégration d’être un moteur pour le développement de nos pays.

Celle-ci viendra, nous en sommes convaincus, car les peuples n’attendent pas les textes et les traités pour communiquer. Les flux commerciaux, la nécessité des populations d’aller s’approvisionner par ellesmêmes, le développement des infrastructures routières, tout cela fait que l’intégration de fait va entraîner la volonté politique qui manque ou qui n’est pas suffisante actuellement.

Le Burkina Faso souhaite-t-il jouer le rôle de pays leader de l’Uemoa au même titre que la France ou l’Allemagne dans l’Union européenne ?

Il s’agit plutôt de partager une même vision et une même conception de l’intégration. Nous pensons que nous pouvons organiser le leadership d’un pays ou de deux pays ensemble sur des dossiers spécifiques. Prenez l’exemple du coton. Tous les pays ne sont pas concernés au même titre. Nous sommes un petit pays mais nous avons une vision de la solidarité telle que nous pensons qu’à chaque fois qu’il y a une difficulté dans un des pays nous devons intervenir. Pour chaque problème qui se pose dans la sous-région et même en Afrique, le Burkina Faso doit avoir son mot à dire. Cela montre notre intérêt pour l’avenir de la sous-région et pour l’unité du continent.

Comment appréciez-vous les résultats économiques du Burkina Faso depuis 2 ans ?

Nous avons des résultats qui évoluent en dents de scie et qui se situent dans un sentier de croissance plus ou moins soutenue ces dernières années. Malheureusement, nous aurions voulu avoir des taux de croissance d’un niveau relativement élevé à défaut d’être des taux à deux chiffres. En 2003, selon nos projections, ils devaient se situer entre 6 et 7%. C’est ce que j’avais prévu dans ma déclaration de politique générale.

Or, en 2000-2001, nous avons eu une mauvaise campagne agricole. Le secteur rural, notamment l’agriculture, est le véritable moteur. Quand l’agriculture ne va pas, rien ne va. Cela a agi négativement. Ensuite, il fallait amortir le choc de cette baisse de la croissance en 2002. Malheureusement, la crise ivoirienne est venue perturber, encore une fois, tous nos efforts. Il a fallu tout d’abord travailler à éviter les effets pervers de cette crise avant de voir comment réorganiser le tissu et les acteurs économiques pour tendre vers une croissance plus élevée.

Donc, pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous n’avons pas pu réaliser nos ambitions : l’agriculture est très dépendante des facteurs naturels et personne ne pouvait prévoir la crise ivoirienne. Pour l’essentiel, nous avons connu ces dernières années une croissance qui a oscillé entre 3% et 5,5%. Notre ambition dans les grands axes prioritaires du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) est de retrouver le niveau de croissance de 2002, autour de 4%, et ensuite de donner assez de stimulants aux secteurs prioritaires pour retrouver des taux supérieurs à 5%, voire 6%.

On considère le Burkina Faso comme un bon élève du FMI. Pourtant les indicateurs sociaux sont très bas. Quelles réformes allez-vous mettre en place pour les améliorer et comment allez-vous les financer ?

Etre un bon élève, pour employer la terminologie usuelle du FMI, nous aide effectivement beaucoup. Cela fait de nous un pays crédible en matière de gouvernance économique et politique et, quand vous êtes crédible, il est très facile de pouvoir mobiliser les ressources extérieures. De ce point de vue, nous profitons de la confiance que nous accordent les bailleurs de fonds pour pouvoir mobiliser assez de ressources financières extérieures pour les secteurs prioritaires, aussi bien productifs que sociaux.

Nous sommes conscients que la bonne gouvernance économique et la consolidation de la démocratie ne seront pas suffisantes si nous ne sommes pas capables d’élever le niveau d’instruction de nos populations. Il n’y a pas de développement sans la capacité des populations à pouvoir elles-mêmes s’approprier les messages des actions du gouvernement. Pour cela, il faut alphabétiser, il faut éduquer. C’est pour cela que nous avons développé notre plus grand programme de l’histoire économique et sociale du Burkina Faso, le programme décennal de développement de l’éducation. Il va mobiliser une masse gigantesque de personnes, d’acteurs de l’éducation ainsi qu’une grande masse d’argent. Nous allons essayer de donner un coup d’accélérateur pour les dix prochaines années au secteur de l’éducation afin d’élever le taux de scolarisation et le taux d’alphabétisation de notre pays.

De la même façon, il n’y a pas de développement, ni de croissance soutenue si la population n’est pas en bonne santé. D’autant que, ces dernières années, le Sida vient perturber tous les schémas d’amélioration du tissu ou du dispositif sanitaire. Nous avons là aussi mis en place un programme de développement sanitaire sur dix ans avec des séquences triennales.

Il est donc important de bien planifier et organiser nos schémas de développement dans les secteurs sociaux et de continuer à assurer une bonne gouvernance économique et politique pour être crédible auprès des bailleurs de fonds.

Lors des élections législatives de 2002, votre parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a perdu de nombreux sièges. Quelles conclusions en tirez-vous ?

C’est vrai que le paysage politique a changé, surtout la physionomie de l’Assemblée nationale. C’est le résultat d’un processus voulu par le CDP. Nous avons connu une crise sociale et politique entre 1998 et 2000. Nous avons compris qu’il était nécessaire de rechercher un consensus sur les questions de gestion du pouvoir politique. Le gouvernement a engagé des discussions. Ce sont les premières grandes actions que j’ai initiées quand on m’a nommé Premier ministre.

Fort heureusement, nous sommes arrivés à des schémas qui nous ont permis d’organiser des élections avec de nouveaux instruments. Je veux parler du bulletin unique, initié pour la première fois au Burkina Faso et qui a été bien utilisé. Nous avons également introduit la proportionnelle "au plus fort reste" qui a permis de donner beaucoup plus de chances aux petits partis. Les résultats obtenus sont à la mesure de ce que nous avions souhaité. Il est vrai que nous avons failli perdre la majorité au Parlement, mais cela ne s’est heureusement pas produit. Pour la consolidation de la démocratie, ces élections ont été une très bonne chose. Nous améliorons la confiance dans la classe politique et les compétitions sont désormais plus crédibles. Le débat politique et social se passe dans les instances républicaines et il n’y a plus de raison d’être dans la rue.

Etes-vous confiant pour les présidentielles de 2005 ?

Nous avons un bilan que nous pouvons défendre avec beaucoup de sérénité. Nous sommes très tranquilles. Je ne pense pas qu’un régime politique en situation constitutionnelle ait obtenu autant de résultats significatifs et visibles dans le développement sanitaire, la construction d’infrastructures collectives, de forages, de pistes rurales, de routes bitumées... Ce bilan est celui du président naturellement puisque le gouvernement conduit la politique pour laquelle il a été élu. Nous n’avons pas de crainte pour 2005.

E. Yonli à Taïpé

Que pouvez-vous nous dire sur la tentative de coup d’Etat déjoué début octobre ?

Il est regrettable qu’un tel coup de force ait pu être imaginé et que des Burkinabè, qui vivent au quotidien la réalité de ce qui se passe dans notre pays mais aussi dans la sous-région et dans les pays frontaliers, aient pu penser que l’ont pouvait faire mieux en accédant au pouvoir à travers des voies non républicaines et violentes.

Il faut maintenant que tous les partis politiques, y compris ceux de l’opposition, se mettent au travail pour essayer d’expliquer aux citoyens que la démocratie est un régime dans lequel chacun cultive sa liberté, travaille à avoir plus de droits et à accepter que les autres aient des droits alors que les régimes forts et totalitaires limitent les libertés individuelles et collectives. Nous sommes bien placés au Burkina Faso pour savoir que les régimes totalitaires ne sont pas des régimes qui peuvent pousser au développement rapide d’un pays.

Depuis 10 ans, nous avons travaillé à mettre le pays sur le sentier de la croissance en assurant la liberté de façon à ce que l’esprit d’initiative soit partagé aussi bien en ville que dans les zones rurales. La meilleure garantie est de développer un programme tendant à développer la citoyenneté, la culture démocratique et la défense de la démocratie et de la république.

Propos recueillis par Vincent Joguet, à Ouagadougou le 10 octobre 2003
Marchés tropicaux Spécial Burkina (12/12/2003)
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