Actualités :: Débats autour des élections : Attention à la banalisation des opinions (...)

S’il est désormais connu que le pays ira aux élections, la démarche, elle, ne rencontre pas l’assentiment de tous les acteurs. La modification du Code électoral converge, à ce stade, le point de discorde.

Le dialogue politique national, qui regroupe la majorité et l’opposition politique regroupée au sein du Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) semble s’accorder pour décider de la suite à donner à travers la modification du Code électoral, en route pour l’Assemblée nationale.

Mais, quel sort faut-il réserver à l’opinion de ceux qui estiment qu’il faut reconsidérer ce cadre du dialogue politique national pour un "large consensus" dans ce projet de modification du code électoral ? Cette catégorie de Burkinabè, acteurs de surcroit au processus électoral, ne mérite-t-elle pas mieux que la banalisation de son opinion dont elle fait l’objet ?

Faut-il simplement se borner à balayer tout du revers de la main en s’appuyant uniquement sur le fait que ces acteurs n’ont aucune assise politique ; c’est-à-dire aucun élu ? N’y-a-t-il pas lieu de se donner toutes les chances d’éviter une chienlit du fait du rejet systématique d’opinions qui ne plairaient pas à l’oreille du cadre de dialogue politique dans son format actuel ?

Considérer le seul cadre du dialogue politique dans sa configuration actuelle comme le lieu suprême pour décider, de la sorte, de l’avenir du Burkina semble poser problème. C’est même paradoxal lorsqu’on sait que ne prennent pas part à la présidentielle que des candidats affiliés à des partis politiques ; les candidatures indépendantes sont admises depuis belle lurette.

Mieux, depuis 2015, les organisations de la société civile ont obtenu, après un long combat, l’admission des candidatures indépendantes aux élections législatives et municipales. Dès lors, comment prendre en compte cette catégorie importante d’acteurs qui n’appartient ni à la majorité, ni au CFOP-BF, ni même à l’ONA (Opposition Non Affiliée), qui doivent compétir sur le même ring ?

On gagnerait donc à se départir de cette culture de banalisation des idées de ceux qui ne sont pas d’accord avec l’opinion émise par ceux qui croient détenir la légalité. Cela est d’autant important qu’il faut rappeler qu’en 2014, lorsqu’il s’est agi du débat sur la révision de l’article 37 de la Constitution, l’on avait admis que si celle-ci était légale, la « légitimité » posait problème.

C’est dire donc qu’on ne peut à un moment se réfugier derrière la légalité pour avancer sans écouter les opinions contraires sur des questions aussi cruciales. Donc, la question de droit soulevée par l’ONA mériterait un meilleur accueil. Bien plus, il faut étendre cette écoute (consensus) aux autres catégories au processus, dont les mouvements politiques et regroupements d’indépendants.

est une chose, satisfaire à une requête en est une autre, mais il faut écouter en s’asseyant ensemble. Le rapport de l’Assemblée nationale a déjà eu sa part de banalisation et de frustrations. Alors, en rajouter dans le contexte général du pays, c’est progressivement réunir les ingrédients d’une crise. Ce que la CENI (Commission électorale nationale indépendante) s’évertue pourtant à éloigner en multipliant les cadres d’échanges avec l’ensemble des acteurs politiques et civiles.

Il serait judicieux que cet esprit de l’institution en charge d’administrer les élections soit partagé par les acteurs politiques classiques, pour éviter d’anéantir les efforts déployés pour des élections acceptées par tous (http://lefaso.net/spip.php?article98686). Pour cela, et sans incidence sur le calendrier électoral, s’écouter dans un même cadre pourrait déjà être un grand pas.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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