Actualités :: Me Barthélémy Kéré, bâtonnier de l’ordre des avocats : "Les avocats surpris par (...)

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture du séminaire
qu’organise l’Ordre des avocats sur "la gestion des cabinets", nous avons interrogé le Bâtonnier Kéré sur les défis actuels du barreau et les relations entre les avocats et le juge militaire dans l’affaire de la présumée tentative de coup d’Etat. Voici ses réponses.

Le Pays : Quels sont les grands dossiers auxquels le barreau
doit faire face actuellement ?

Me Barthélemy Kéré : la première préoccupation que nous
avons en tant que nouvel organe de l’Ordre, entré en fonction le
1er octobre dernier, c’est achever la mise en place de
l’administration de l’Ordre. De ce point de vue, les enjeux sont
très importants. Le 10 juillet dernier, comme je l’ai dit tantôt, on a
adopté le décret qui porte modalité de fonctionnement de la
CARPA (Caisse autonome de reglement pécuniaire des
avocats). La CARPA, c’est la banque des avocats. Il va falloir
qu’au niveau des différents cabinets, on mette en place les
procédures, les formulaires et les rapports entre notre Ordre et
la banque qui sera désignée pour gérer le compte. Tous ces
mécanismes doivent permettre de pouvoir effectivement faire
face à la situation individuelle des cabinets d’avocats et surtout
des cabinets les plus petits. Nous avons près de 70 cabinets
individuels où les gens ont des difficultés réelles de
fonctionnement. Il faut dans un premier temps, voir comment on
peut guider ces différents cabinets à mettre en place une bonne
comptabilité parce que sans une bonne comptabilité, nous
éprouverons des difficultés pour faire fonctionner la CARPA.
Aussi, sur le plan individuel, Il va falloir voir comment faire pour
aider et assister ces personnes à mettre en place un minimum
de système d’assurance-maladie et un système d’assurance
contre les risques professionnels afin qu’on puisse créer les
conditions de la quiétude de l’avocat pour qu’il travaille dans de
bonnes conditions de manière sereine. C’est ainsi qu’on peut
parler de rentabilité d’un cabinet d’avocat.

Les avocats semblent réticents à se constituer aux côtés des
personnes arrêtées dans le cadre de la présumée tentative de
coup d’Etat. Qu’est-ce qui explique cela ?

Je suis étonné d’entendre que les avocats seraient réticents
pour se constituer dans un dossier quel qu’il soit. Vous savez
que le principe, c’est la liberté de l’avocat de se constituer dans
un dossier quand il estime qu’il a l’indépendance nécessaire et
qu’il a les moyens techniques et juridiques nécessaires pour
pouvoir effectivement plaider et défendre correctement ce
dossier. Sur cette base , je suis étonné quand on me dit qu’il y a
une réticence des confrères. Ce qui est certain, c’est que si le
dossier dont vous parlez est un dossier criminel, l’assistance de
l’avocat est obligatoire. S’ils n’ont pas d’avocat , on va leur en
commettre d’office. Donc que ce soit une constitution volontaire
d’avocats ou qu’il s’agisse d’une commission d’office, ces gens
seront assistés ; bien entendu par des avocats. Mais si pour une
raison ou une autre ils refusent l’assistance de l’avocat , on ne
peut pas obliger quelqu’un non plus à le faire.

Vous avez dit que l’avocat se saisit d’un dossier s’il estime qu’il a
la liberté nécessaire pour faire ce travail. Est- ce que vous
estimez, dans ce cas, qu’il peut effectivement avoir les coudées
franches pour le faire ?

Dans l’évolution du dossier, rien, absolument rien, ne m’indique
qu’il y a un danger quelconque du point de vue de l’exercice
professionnel de l’activité de l’avocat. Aucun indice ne me
permet de vous le dire. D’ailleurs, dans les échos que j’ai cru
entendre, certains avocats nous ont dit clairement qu’ils ont été
agréablement surpris par le juge militaire. Normalement la
limite et les fondements du juge, c’est la loi. Le code de justice
militaire est là. A partir du moment où on a décidé que ce serait
un dossier judiciaire, les accusés doivent bénéficier bien sûr de
la protection de la loi. Ils vont bénéficier de l’assistance des
avocats et les choses doivent se passer de manière
transparente.

Nous savons qu’il y a beaucoup de dossiers pendants
actuellement. Que fait le barreau pour pouvoir faire évoluer ces
dossiers ?

Le barreau en tant que tel n’est pas concerné de manière
collective par ce que vous avez appelé les dossiers pendants. Il
y a certains confrères qui sont constitués dans les dossiers et
leur rôle, c’est de travailler dans le cadre de la loi pour pouvoir
lever les entraves. Si au niveau de l’Ordre, un avocat qui est
constitué dans un dossier particulier nous saisit pour dire qu’il y
a telle ou telle difficulté du point de vue de l’exercice de sa
fonction, bien entendu, nous allons intervenir. Nous allons voir la
juridiction concernée, au besoin, le juge concerné, pour savoir
quelle est la nature des problèmes. Si ce sont des problèmes
qui sont de la nature de l’ordre professionnel, nous allons
intervenir sans hésitation.

Avez-vous dejà rencontré une situation pareille ?

Non, ce genre de situation ne s’est jamais presentée. Personne
jusque-là n’est jamais venu nous signaler un problème
particulier dans ces dossiers.

Propos recueillis par Mamadou OUATTARA et Aziz YAGUIBOU
Le Pays

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