Actualités :: Etat de la nation : Des députés apprécient l’exposé du Premier ministre

A l’issue de l’exposé du chef du gouvernement, nous avons donné la parole à des députés qui livrent ici leur appréciation . Discours jugé satisfaisant par les uns, peu réaliste par les autres.

Naboho Kanidoua (président du groupe parlementaire CDP) :

Je remarque d’abord que le discours du Premier ministre a été apprécié par la grande majorité des députés. Je trouve moi-même que le discours a été véritablement bien fait, parce que le Premier ministre sans démagogie, a fait l’état de la nation, une sorte de bilan à partir d’un an d’activité gouvernementale. Il s’est agi de passer en revue les questions les plus importantes de notre temps, à savoir les questions de la paix, de la sécurité, du développement et du bien-être des populations.
Cela a été véritablement l’aspect le plus important.

Le Premier ministre a également parlé du développement au plan sectoriel. Il a montré que le Burkina est sur la bonne voie avec une croissance de 6% au cours de l’année 2003 malgré la crise ivoirienne. Il a aussi noté qu’un pas significatif a été fait au plan social. je prends le cas du Sida dont le taux de prévalence est tombé de 7% à 4%. Autant de signaux forts qui font ressortir que le gouvernement déploie beaucoup d’efforts pour le développement de notre pays, tout cela en tenant compte des difficultés naturelles de notre pays et de la situation internationale.

Dans l’ensemble, on constate une bonne image ponctuelle de l’état du Burkina Faso qui fonde un espoir et qui encourage surtout à aller de l’avant.
C’est en cela que je trouve que le discours du Premier ministre a été vraiment satisfaisant.

Cyrille Goungounga, groupe parlementaire ADF/RDA :

L’exposé en tant que tel était très bien fait. Sur le plan de la démarche, sur le plan de l’obligation constitutionnelle, cela a été bien tenu, bien présenté et le discours a fait le tour de toutes les questions. Mais je crois qu’il ne reflète pas la réalité actuelle, le malaise politique qui existe dans notre pays. Je pense qu’il devait le faire ressortir.

Ce serait du narcissisme dangereux que de dire aujourd’hui que tout va bien. Nous savons que sur le plan politique, nous avons le procès qui est en cours et nous ne savons pas comment il va se terminer. Pour un gouvernement responsable, c’était normal qu’il s’étale aussi sur cette question importante. J’ai regretté cela.

Je voudrais également dire que le Premier ministre ne se soumet pas suffisamment au contrôle de l’action gouvernementale. Pourtant, c’est un Premier ministre que je trouve compétent, brillant, un bon économiste. Il a déjà une durée de vie qui a dépassé les prévisions et je crois qu’il devrait faire des débats avec le parlement, une priorité. Mais je crois qu’il y a une tendance à éviter les débats à l’Assemblée.

Et la forme que cela a pris cette fois-ci je pense qu’il aurait été bon de mettre les documents à la disposition des députés, de laisser passer un temps, ne serait-ce que 48 heures, 24 heures, même une (1) heure de temps avant qu’on pose des questions. Nous avons posé les questions sur ce que nous avons entendu. On ne peut pas écouter comme cela, nous n’avions aucun document sous les yeux. Je pense que cela est regrettable.

Je voudrais donc inviter le chef du gouvernement à multiplier les contacts avec les députés notamment au niveau des questions d’actualité. Elles ont été créées pour que le chef du gouvernement vienne à l’Assemblée. Les questions d’actualité sont de procédure très simples.

Le député pose en effet sa question, le Premier ministre répond et le président de l’Assemblée met fin aux débats. vu le caractère sommaire de la chose qui ne donne pas la possibilité aux députés de discuter de long en large, il serait donc bon que le chef du gouvernement lui-même se présente devant le parlement. C’est ce que je voudrais dire en ce qui concerne cette présentation.

Mme Cécile Béloum, député CDP :

Je pense que c’est une occasion qui est donnée au peuple burkinabè d’avoir une vue d’ensemble de la situation de la nation. Je pense que c’est un exercice qui est vraiment nécessaire et qui donne des informations sur ce qui est. Nous avons eu toutes les informations. Et dans un tel discours, on ne peut pas tout dire. Sinon tous les secteurs ministériels ont été passés en revue. Dans l’ensemble, je dirai que nous sommes satisfaits.

Philippe Ouédraogo, groupe parlementaire Justice et démocratie :

Cette fois-ci et contrairement à ce qui s’est passé en mars 2003, le discours prononcé par le Premier ministre a été plus bref et par conséquent, cela a permis à tout le monde d’être éveillé et de bien suivre l’ensemble des points évoqués. Par contre, je constate que le discours n’a pas été aussi fouillé qu’il était d’habitude. L’impression que j’ai eue à la fin du discours, c’est qu’il a été bien dit, bien prononcé, il était brillant en apparence. Mais comme je l’ai évoqué dans ma question, j’ai été surpris par un certain nombre de données contenues dans le discours.

D’abord, on a noté une présentation assez rose de la situation alors qu’elle est difficile. Elle est difficile pour tous les Burkinabè en raison de la conjoncture régionale et internationale. Je pense qu’un tableau réaliste aurait gagné à être un peu plus nuancé contrairement à la présentation très optimiste qui a été livrée.

Ce discours sur l’état de la nation a fait état de progrès remarquables que notre pays aurait réalisés dans beaucoup de domaines où les progrès sont généralement beaucoup plus lents. Le taux de scolarisation, la réduction du taux de séroprévalence, ce sont des choses qui évoluent très peu. Il faut lutter beaucoup, dépenser, s’activer, obtenir le concours de tout le monde pour faire évoluer les choses de 1%, d’une année à l’autre. Or, les statistiques dont il a fait état montrent une progression beaucoup plus importante que celle qu’on attendait. Il faut espérer que c’est bon mais il faut vérifier que ce ne sont pas des chiffres acquis sur des bases différentes de ce que l’on connaît habituellement.

Oubkiri Marc Yao, groupe parlementaire CDP :

Le Premier ministre vient de nous présenter l’état de la nation. Quoi qu’on dise, les chiffres montrent que notre pays progresse. C’est même une surprise générale sur le plan international parce que beaucoup de gens pensaient qu’avec la crise en Côte d’Ivoire qui nous coupait de notre principal débouché sur la mer, nous allions vers la catastrophe.

Or, les chiffres montrent aujourd’hui que nous sommes aujourd’hui parmi les tout premiers de l’UEMOA du point de vue progrès économique. Ce n’est donc pas seulement le gouvernement qu’il faut féliciter comme l’a dit le Premier ministre. Il y a aussi les opérateurs économiques qui ont pu se reconvertir et tous ensemble nous avons pu trouver des solutions de rechange à cette situation en Côte d’Ivoire et c’est heureux.

Ce qui me donne le plus satisfaction, c’est les progrès réalisés en matière de scolarisation. On ne peut pas développer un pays d’analphabètes. La deuxième chose qui me satisfait, ce sont les nombreux travaux de bitumage qui sont en train d’être réalisés (De Pâ à Diébougou, de Diébougou à Kampti, de Kampti à la frontière de la Côte d’Ivoire, de Ouagadougou à Léo frontière du Ghana. On a entamé la route de Bobo-Dioulasso-Dédougou, on vient de boucler le financement de la route de Kaya-Dori).

Il y a donc un certain nombre de réalisations et si nous étions allés à ce rythme depuis un certain nombre d’années, je crois que nous serions très avancés.

Il faut donc être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que des progrès sont accomplis. Bien sûr, il y a toujours mieux à faire et nous devons tous encourager le gouvernement à toujours aller de l’avant. Ce qui est déjà fait, pour tout patriote, il ne peut qu’encourager le gouvernement à aller dans le sens où il s’oriente actuellement, c’est-à-dire réaliser le plus en matière d’éducation, en matière d’infrastructure routières, en matière de santé etc.

Enok KINDO
Sidwaya

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