Actualités :: Opposition burkinabè : 3 candidats pour détrôner Blaise Compaoré
Issa Tiendréogo
et H. Ouédraogo

Quinze partis et regroupement de partis de l’opposition,
signataires ou adhérant au mémorandum du 23 février 2004 sur
"l’application de l’article 37 de la Constitution pour les élections
présidentielles de 2005", étaient en conclave les 2 et 3 avril
dernier à la CGP (Caisse générale de péréquation).

Une recommandation invitant la société civile à jouer son rôle et à
l’endroit des partis politiques non encore signataires du
mémorandum, une motion de rejet de la révision du Code
électoral de juillet 2001 et une résolution pour une stratégie
commune pour les scrutins de 2005 et 2007. Tels sont les
principaux résultats de ce week-end studieux de partis "engagés
pour l’alternance démocratique au Burkina Faso".

L’élection présidentielle de 2005 approche à grands pas. Même
si la date exacte n’est pas encore fixée, le parti au pouvoir et
ceux de la mouvance présidentielle se préparent.
L’administration, la Commission électorale nationale
indépendante (CENI) et d’autres institutions concernées par
l’échéance électorale de l’année prochaine s’activent. Les
formations politiques de l’opposition, plus que jamais décidées
à ranger aux oubliettes l’option du boycott des élections, affûtent
eux aussi leurs armes.

Conscients du fait que la voix qui conduit
au fauteuil de Blaise Compaoré n’est point une sinécure, les
opposants brandissent déjà levier et bouclier, d’abord contre la
révision du code électoral "décidé unilatéralement par les
députés du CDP", et ensuite contre leur participation aux futures
élections "en rangs dispersés". Qui plus est, les opposants ont
visiblement à l’esprit la redoutable force qui est en face et savent
que si "chacun y va de son côté", la défaite est consommée
d’avance.

Ce qui est dit est dit

Tout est bien dit. Mais les responsables politiques de
l’opposition burkinabè ont eu la séculaire habitude, pour ne pas
dire la coutume, de montrer, comme le dirait l’autre, "que la
seule chose sur laquelle ils sont d’accord, c’est leur désaccord".
Sauront-ils cette fois-ci se départir des calculs politiciens et de
leurs intérêts divergents et très personnels, pour s’aligner sous
la même bannière et réaliser le "sopi", c’est-à-dire le
changement à l’instar du Sénégal ? Les leaders de l’opposition
seront-ils en mesure de résister aux avantages, comme entre
autres, les maroquins ministériels dont certains d’entre eux ont
joui à un moment donné ? Réussiront-ils à se défaire de
l’éternelle suspicion, souvent avérée, qui mine leurs rangs et fait
douter de la sincérité du camarade de parti "qui manifeste la
journée et mange de l’autre côté le soir" ?

Les réponses à ces
interrogations détermineront sans doute la volonté et la capacité
des opposants à proposer aux Burkinabè un réel projet de
société qui serait plus séduisant que le "Programme de large
rassemblement". Parce que l’alternance, c’est d’abord la vérité à
soi-même et la vérité au peuple, dont les politiciens disent
défendre les intérêts.

48 h de réflexion

Peut-être que les 48 h de réflexion des partis politiques de
l’opposition pour l’alternance démocratique au Burkina Faso,
serviront de ligne de départ à l’aventure commune vers
l’alternance, le concept très en vogue de nos jours. Issa
Tiendrébéogo, le coordonateur des journées de réflexion
rassure : "ce document de stratégie commune qui sera bientôt
publié et largement diffusé constituera sans doute une étape
importante dans la marche de l’opposition vers l’alternance
politique, seule solution aujourd’hui pour éviter à notre peuple
un régime monarchique à terme ; c’est-à-dire une véritable
catastrophe".

A en croire Issa Tiendrébéogo, le coordonateur et
président du Groupe des patriotes démocrates (GDP), les
journées ont été fructueuses et c’est "dans un esprit de
responsabilité, de franchise, de courtoisie" que "les participants
ont abouti de façon consensuelle à la définition et à l’élaboration
d’une stratégie commune". Mais il y a des précautions à
prendre, car la graine de la division est toujours prête à germer
dans la terre fertile du "après moi le chaos". C’est peut-être dans
cette logique que le coordonnateur a émis le voeu ardent qu’au
sortir de ces journées, "chaque parti intègre les décisions et
conclusions consensuelles dans ses activités politiques
futures".

Deux ou trois candidatures au maximum. C’est ce que
l’opposition prévoit dans sa "stratégie commune" pour barrer la
route à Blaise Compaoré. Le problème de taille est que, malgré
toute la tempête qui est déclenchée autour de sa candidature,
Blaise Compaoré n’a pas encore lui-même dit officiellement s’il
veut être candidat.

Certes, il y a des signes qui ne trompent pas
ou qui trompent rarement. On peut relever à ce sujet les mots du
ministre d’Etat Salif Diallo considéré comme un inconditionnel
du Président du Faso, et tout le remue-ménage que suscite la
révision du Code électoral et les interprétations
juridico-politiques de l’article 37 de la Constitution qui a trait à
l’élection du président du Faso. En témoignent également des
termes du mémorandum signé par des partis de l’opposition.
En effet, les partis politiques de l’opposition signataires de ce
mémorandum "s’engagent solennellement devant le peuple
burkinabè à combattre par les moyens constitutionnels et légaux
toute candidature éventuelle de Monsieur Blaise Compaoré,
pour des raisons morales, d’éthique, politiques, historiques et
juridiques".

Des présidentiables

Qui seront ces deux ou trois candidats de l’opposition ?
Nongma Ernest Ouédraogo de la Convention panafricaine
sankariste (CPS) qui ne cache pas ses ambitions ? Maître
Bénéwendé Stanislas Sankara de l’Union pour la
renaissance-Mouvement sankariste (UNIR/MS) qui a déjà fait,
avec succès le pas de la députation ? Ou encore Maître
Hermann Yaméogo de l’Union nationale pour la démocratie et le
développement (UNDD) qui semble ne plus être en odeur de
sainteté avec Blaise Compaoré et qui voudra bien prendre sa
revanche après s’être vu retiré l’ADF-RDA ?

Les supputations
pourront aller bon train sur toutes les têtes de proue de
l’opposition comme Ram Ouédraogo du Rassemblement des
écologistes du Burkina, Emile Paré ou Laurent Bado de
l’Opposition burkinabè unie (OBU), ou encore Issa
Tiendrébéogo du GDP. A moins que Joseph Ki-Zerbo du Parti
pour la démocratie et le progrès-Parti socialiste (PDP-PS) ne se
sente une seconde jeunesse pour "courir" vers le palais
présidentiel.

De l’autre côté, les candidatures ne manqueront pas
certainement d’être suscitées par le pouvoir en place, pour
fragiliser celles de l’opposition.
Les calculs pour le premier et le second tour sont déjà à l’ordre
du jour. On ne saurait occulter le fait que Gilbert Ouédraogo,
président de l’ADF-RDA, et l’un des ténors de l’opposition
burkinabè, attend sans doute son heure pour concrétiser le rêve
jamais réalisé de son père Gérard Kango Ouédraogo, d’être
président du Faso.

En attendant les prochaines évolutions du scénario
politico-politicien burkinabè et les revirements de dernière
minute, on peut dire que les débats sont désormais ouverts, et
que la présidentielle de 2005 intéresse à plus d’un titre de
nombreuses personnes. Qui a dit que le pouvoir n’est pas bon ?

Par Morin YAMONGBE
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