Actualités :: Sommet du CILSS à Nouakchott : Une coalition mondiale pour l’eau

Le Premier ministre, M. Paramanga Ernest Yonli a participé le 25 janvier à Nouakchott au 14e sommet du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). Les neuf chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé du recentrage des activités du CILSS sur ses missions premières et appelé à une coalition mondiale pour la maîtrise de l’eau au Sahel.

"Lançons solennellement l’initiative maîtriser l’eau pour faire reculer la faim au Sahel" dont l’objectif est de mobiliser nos gouvernements, l’ensemble des populations, les acteurs économiques, les organisation professionnelles et la communauté internationale afin de créer une coalition mondiale. Cette coalition permettra de mobiliser les compétences, les savoir-faire et les ressources financières pour faire de la maîtrise de l’eau une priorité stratégique de première importance afin de réduire la vulnérabilité structurelle de notre région".

C’est l’un des points forts de la Déclaration dite de Nouakchott. Pour les chefs d’Etat des Etats sahéliens, la maîtrise de l’eau est une priorité, voire un préalable à la sécurité alimentaire durable. Ils invitent par conséquent l’ensemble de la communauté régionale et internationale à soutenir le programme mobilisateur 2004-2007 centré sur la petite irrigation dans les zones vulnérables et sur l’ensemencement des nuages pour augmenter les précipitations.

Le CILSS s’investit en effet depuis sa création dans la gestion rationale des ressources en eau.

Aujourd’hui selon les experts du CILSS, les ressources en eau de la région sont mieux connues, les Etats disposent d’un potentiel grâce à des programmes de formation adéquats. La gestion de cette denrée fait l’objet d’un consensus. Il existe des politiques et des stratégies cohérentes mises en œuvre.

Mettre fin à la faim

Mettre fin à la faim et à la pauvreté au Sahel est le second point fort affirmé par les chefs d’Etat et de gouvernement au cours de ce 14e Sommet. Les premiers responsables ont ainsi recentré le CILSS sur ses ambitions premières qui sont combattre la famine et lutter contre la désertification.

En 2002-2003, les pays membres du CILSS ont connu un déficit pluviométrique et une crise alimentaire aiguë, même si elle n’a pas eu les proportions de 1973 qui a nécessité la création de l’institution régionale sahélienne.

En 2003-2004, la situation de la campagne est beaucoup plus favorable, a constaté le Président Amadou Toumani Touré du Mali, président en exercice sortant. Il a aussitôt mis en exergue le fait que cela peut poser des problèmes aux producteurs et aux opérateurs des filières du fait des "risques de chutes très fortes des prix".

Le Sahel avance. Un spécialiste affirme que des pays comme le Bénin et le Togo pourraient rejoindre le CILSS du fait des progrès de la désertification. Quant aux pays membres du CILSS, dit-il, des zones précédemment boisées sont aujourd’hui conquises par la déforestation et la dégradation. "Notre préoccupation centrale reste la lutte contre la désertification qui est un des principaux vecteurs de vulnérabilité et de pauvreté" a dit le Président malien.

Restructuration du CILSS

"Réorientation de l’activité du CILSS pour qu’il revienne à ses objectifs initiaux de lutte contre la désertification, de résolution du problème de l’eau, de la sécurité alimentaire et la coordination entre les politiques des Etats pour en dégager les complémentarités" lit-on dans l’une des résolutions prises par le Sommet de Nouakchott. Le CILSS a subi un audit organisationnel et l’une des recommandations de ce diagnostic est la reformulation en profondeur des orientations et pratiques.

En langage moins ésotérique, les programmes majeurs du CILSS doivent être abandonnés et l’organisation revenir à des directions techniques. Les chefs d’Etat ont donné leur aval au scénario . Le président Toumani Traoré a fait observer à ces pairs que le processus de rationalisation des organisations intergouvernementales a retenu la communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) comme l’espace constituant l’horizon commun pour faire converger les efforts d’intégration politique, économique, commerciale et environnementale en Afrique de l’Ouest. Le CILSS devient dans la nouvelle nomenclature des organisations régionales et sous-régionales un outil de coopération technique .

Il doit jouer un rôle actif dans la coopération inter-organisations gouvernementales et mettre ses compétences au service de l’Afrique de l’Ouest du Centre et du Nord. Il serait ainsi partie prenante de la politique agricole commune de la CEDEAO et du volet agricole du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

"Success story"

"Success story" (une histoire de succès) est l’expression employée par le représentant des partenaires du CILSS pour qualifier leur collaboration avec l’organisation sahélienne. Les partenaires étatiques ont souhaité que cette dynamique se renforce au moment où le CILSS est appelé à entreprendre des réformes profondies.

M. Arba Hama Diallo, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies de lutte contre la désertification (CCD) a souhaité intensifier cette année la collaboration avec le CILSS, en mettant un accent tout particulier dans le développement des projets nationaux et sous-régionaux et la mobilisation des ressources financières auprès de partenaires de coopération qui ont témoigné leur grande disponibilité . Des projets intégrateurs comme les projets sous-régionaux de culture de dattes, de gomme arabique, de lutte contre la désertification sont en cours et intéressent la plupart des pays membres du CILSS.

"Prenons ensemble ici et maintenant l’engagement de contribuer à un développement durable du Sahel, débarrassé de la faim, de l’ignorance et de la maladie et en développant plus de solidarité, plus de partage et de compréhension entre les peuples" a appelé Mme Maria Hélène Semédo, présidente du Comité de parrainage de la Fondation pour le développement durable du Sahel, un organisme en constitution et qui aura bientôt pour mission de mobiliser des ressources pour la mise en œuvre des activités du CILSS.

Le sommet de Nouakchott a porté à la tête de l’organisation et ce pour un mandat de trois ans le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya président de la république islamique de Mauritanie.

Tiergou P. DABIRE, Envoyé spécial à Nouakchott
Sidwaya

Covid-19 : Le CDP propose des mesures sociales pour (...)
Lutte contre le COVID-19 : Le soutien de l’Alternative (...)
Gouvernance en Afrique : Quand les forces « invisibles » (...)
Politique : L’UPC en deuil
Coronavirus : PDIS-LAAFIA transforme ses activités (...)
Pandémie de coronavirus : Des partis politiques confinés (...)
Burkina : Le conseiller spécial du président du Faso, (...)
Processus électoral au Burkina : Une formation pour (...)
CDP : Trois prétendants pour la présidentielle de (...)
Nécrologie : L’UPC annonce le décès de la députée Rose (...)
Exclusion sociale des femmes : Les députés du Bazèga s’en (...)
Politique : « Le président Blaise Compaoré est notre (...)
Massacre de Barga et de Dinguila : Le MPP appelle les (...)
Politique : Sitôt lancée, La Marche pour la patrie (LMP) (...)
Processus électoral : Les partis politiques de (...)
Journées parlementaires : Le groupe Burkindlim se penche (...)
Consultation électorale au Burkina Faso : Il est temps (...)
Massacre de 43 civils au nord : L’opposition exige une (...)
Région du Sud-Ouest : La campagne d’enrôlement sur les (...)
IUTS : L’UPC appelle le gouvernement à un dialogue (...)
CDP : L’appel à candidatures à la présidentielle est ouvert (...)

Pages : 0 | 21 | 42 | 63 | 84 | 105 | 126 | 147 | 168 | ... | 10332


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés