Actualités :: Bilan de la gouvernance du président du Faso : Partis politiques et société (...)

Dans son adresse à la nation le 4 avril 2022, le président du Faso, Paul-Henri Sandaogo Damiba promettait de faire un bilan cinq mois plus tard, pour rendre compte de la gestion du pays. Comme prévu, le dimanche 4 septembre 2022, ce fut chose faite. Un discours qui a suscité diverses réactions. Si pour certains il y a de quoi féliciter les actions menées jusque-là, d’autres par contre disent être restés sur leur faim. Lefaso.net a tendu le micro à des acteurs politiques et de la société civile qui livrent leurs avis sur le discours prononcé par le président.

Gilbert Noël Ouédraogo, président de l’ADF-RDA : « J’ai suivi avec beaucoup d’attention le discours du chef de l’Etat. Du point de vue de la forme, ce discours s’est tenu de nuit, à Dori, au Sahel, une zone à hauts défis sécuritaires. Ce qui est un signal très fort. Le discours est fait le 4 septembre, une date hautement historique et importante dans la construction de notre Nation, à savoir la date de reconstitution de la Haute-Volta, autrefois disloquée. Ce discours se tient à l’heure indiquée et non plusieurs heures après comme nous l’avons déjà vécu. Ce qui témoigne du respect de ses concitoyens. Enfin, le discours est rendu sur le ton qui sied. Comparativement au précédent, il marque une nette évolution.

Dans le fond, le discours est humble, profond, réaliste et véridique. Il invite chaque Burkinabè à une introspection profonde et sincère et surtout à se regarder dans le miroir. Le discours montre qu’il ne se fait pas d’illusions sur la grandeur et la délicatesse de la tâche. C’est un chef d’État qui a pris la pleine mesure de la situation non reluisante de notre pays. A cet effet, il fait un diagnostic sans état d’âme de notre nation et reconnaît la responsabilité de tous, y compris de l’armée, dans son délitement. C’est un acte de courage et de modestie. Il appelle par conséquent à une prise de conscience collective et à un sursaut patriotique, toutes choses nécessaires à notre victoire finale.

En somme, il nous dit que, conscient de nos lacunes et unis, nous vaincrons. Suite au diagnostic, il évoque les actions entreprises pour remédier à la situation que nous vivons. Il ressort clairement de son adresse que même si le mal est très profond et généralisé, des efforts énormes et incontestables sont faits pour inverser la dynamique. L’ennemi a été désorganisé. Les Burkinabè doivent rester patriotes, déterminés, engagés et optimistes, car ce n’est qu’à ce prix, et de la même façon que l’ont fait nos devanciers, que nous arriverons à redonner à notre pays ses lettres de noblesse. Le sacrifice et la mobilisation générale sont d’une nécessité absolue pour vaincre l’ennemi.

Des mesures renforcées au niveau des FDS et des VDP et la réorganisation en profondeur de notre dispositif opérationnel pour répondre au besoin sécuritaire de proximité et d’appropriation par les populations de leur sécurité sont en court. On pourrait toutefois lui reprocher de n’avoir pas fait un bilan détaillé. Mais à sa décharge lui au moins s’est engagé à en faire et à continuer à le faire, obéissant ainsi au devoir de redevabilité.

Sans oublier que le commandement du théâtre des opérations réalise régulièrement des bilans. En 7 ans quel bilan avons-nous eu ? En conclusion, c’est un discours d’espoir qui, tout en détaillant les défis du moment, met aussi chaque citoyen devant ses responsabilités, que je salue pour sa profondeur, son réalisme et surtout pour le format retenu. En effet, choisir la région du Sahel pour prononcer ce discours à la nation porte une graine d’espoir à l’endroit de nos populations.

Il faut reconnaître que le mal est si profond qu’en 7 mois, il est difficile d‘éradiquer un phénomène qui perdure depuis 7 ans, quoique nous restons dans l’espérance de résultats meilleurs et diligents. Pour terminer, notre souhait est de voir les populations retourner massivement et définitivement occuper leurs terres d’origine pour que nous puissions ensemble bâtir cette nation de nos espérances que nous appelons de tous nos vœux. Je voudrais une fois encore réitérer tout le soutien et toute l’admiration que j’ai pour nos FDS et nos VDP qui vont jusqu’au sacrifice suprême pour la sauvegarde de notre patrie. Je demande à toute la population d’être solidaire avec eux et de les soutenir avec des propos positifs ».

Abdoul Karim Sango, président du Parti pour la renaissance nationale (PAREN) : « C’est un discours que j’ai attendu avec beaucoup d’intérêt. Il faut dire qu’il résulte d’un engagement que le président lui-même a pris. Ce n’est pas tous les jours qu’un président se fixe un deadline et dans ce cas précis, 5 mois pour faire un bilan. Comme tout Burkinabè qui attendait ce discours, j’espérais y voir des avancées sur la situation sécuritaire de notre pays. Mais j’étais convaincu que ce discours ne permettrait pas au président de se prononcer de façon optimale sur les avancées en matière de lutte contre l’insécurité au Burkina. Il faut être de mauvaise foi pour penser qu’une crise comme le phénomène du terrorisme qui est complexe, multidimensionnel et dont les formes demeurent jusque-là insaisissables pourrait être élucidée en clair.

Jusque-là, on s’interroge toujours pour savoir s’il s’agit d’attaques terroristes motivées par une idéologie religieuse ou s’il s’agit d’une crise communautaire. Au vu de cela, le discours du président ne nous donne pas grand-chose. Je ne suis pas étonné du contenu. Cependant, dans une certaine mesure, c’est un discours relativement honnête, dans ce que le président estime avoir réalisé. Je veux dire par là qu’il y a un exercice de réorganisation du dispositif sécuritaire, c’est quelque chose qu’il ne faut pas nier.

Il y a beaucoup d’initiatives dans ce sens. Il y a aussi les autres mécanismes de résolution parmi lesquels on note le recours au dialogue. C’est une démarche que je partage dans le principe. En son temps, j’étais l’un des rares ministres qui était convaincu qu’on ne saurait résoudre la crise sécuritaire par le tout militaire. Mais cet exercice de dialogue dont je ne maîtrise pas les contours pourrait porter des fruits. Sur la situation sécuritaire, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Par ailleurs, je ne sais pas pourquoi il n’a pas dit un mot sur le fameux audit du secteur de la sécurité.

Ça me surprend que nous soyons toujours là en termes d’acquisitions, sans avoir jamais fait le bilan de ce qui a été fait pendant les sept ans. C’est un discours hautement politique, relativement long, on n’est pas habitué à cela. Pour un militaire, j’ai été surpris de la teneur hautement politique de ce discours. Mais je pense qu’à l’épreuve de l’exercice du pouvoir, le président s’est rendu compte que le problème du Burkina est un problème politique. Tous les maux que nous vivons aujourd’hui sont dus au fait qu’ils n’ont pas été bien adressés au plan politique. Le discours a l’air un peu décalé.

En étant au pouvoir, le président se rend compte que le problème est beaucoup plus complexe. Dans son premier discours, il a demandé aux politiques de faire une introspection. Ce que je trouve d’ailleurs normal. C’est le rôle d’un politique de tracer le chemin, la bonne voie et lorsque nous sommes dans une impasse, les politiques doivent être interpelés. Sur la presse et la justice, je ne sais pas ce que le président leur reproche. Est-ce les dernières sorties du Conseil supérieur de la magistrature ?

Si c’est le cas, je pense qu’il aurait dû se garder d’indexer la justice comme ça parce qu’il donne l’impression d’être attaché à la démocratie et à l’Etat de droit et que nous sommes dans un système de séparation des pouvoirs. Pour ce qui est de la presse, il faut dire qu’elle a le dos large. On peut avoir le sentiment qu’elle n’accompagne pas le gouvernement. Elle est quelque peu incomprise. Mais il faut savoir que la presse n’a de sens que lorsqu’elle aborde des sujets qui dérangent. Qu’il y ait des résultats dans la lutte contre l’insécurité, ce peut être un fait. Mais, ce n’est pas ça qui intéresse la presse.

La presse doit mettre le doigt là où ça ne marche pas pour permettre au gouvernement de multiplier les initiatives. Il faut qu’on comprenne cela. Je note un grave recul de la liberté d’opinion et de la presse dans les médias d’Etat. Quand on connaît la trajectoire de notre pays, c’est un problème. Si j’ai un conseil à donner au président, il ferait mieux de ne pas encourager ces graves empiètements sur la liberté d’opinion.

Je note aussi qu’il y a eu beaucoup de références historiques. C’est une bonne chose. Ces dernières nous aident à nous situer par rapport à la construction d’un Etat-nation. C’est comme pour dire que nous avons une histoire, des souffrances communes. Il a rendu hommage à tous les chefs d’Etat en rappelant qu’il pose ses actions à la suite de ceux-là.

C’est une sorte d’appel à l’union et à l’unité. Mais tant qu’on voudra voir cette crise avec des lunettes, on ne s’en sortira pas. Il a parlé de réformes politiques, économiques, sociales, culturelles, mais il va falloir que très rapidement il joigne l’acte à la parole. Je crois pour finir qu’il a raté l’occasion d’appeler les partenaires pour une rentrée plus réussie. Il aurait dû se montrer plus solidaire parce qu’au-delà de l’insécurité physique, les Burkinabè vivent une insécurité financière. Peut-être que ce sera inclus dans le reformes sociales.

Mais il aurait dû dire très clairement qu’il donne des instructions à son gouvernement pour que sur le pouvoir d’achat des Burkinabè, les parents ne souffrent pas. Pour ce qui est de la participation des leaders coutumiers à lutter contre le terrorisme, c’est une belle approche. En fin de compte, il y a une sorte d’optimisme qui transparait dans son discours. Je préfère me laisser contaminer par cela ».

Péma Neya, président du Cadre d’action pour la patrie (CAP) : « Nous avons suivi le discours bilan du président Paul-Henri Sandaogo Damiba, comme il l’avait promis. Dans la forme, c’est un discours que nous avons trouvé bien organisé, bien structuré. C’est un discours qui, par le choix du lieu, Dori, une des villes harcelées par les mouvements terroristes, donne un message assez fort. Mais nous trouvons que ce discours pouvait être parfait par une certaine précision, notamment avec des chiffres. En termes de déplacés internes, pour que l’on puisse avoir une idée de ce qui a été fait, il aurait été intéressant qu’on puisse nous dire, au jour d’aujourd’hui, sur les deux millions de déplacés internes, quel taux de population déplacée a été réinstallée chez elle dans les localités que l’armée a libéré.

Et aussi au niveau du retour de l’administration dans ces localités, qu’on puisse avoir un chiffre clair de localités qui étaient entre les mains des groupes terroristes et où l’administration et les populations se sont réinstallées. Que l’Etat puisse nous dire sur tel nombre de localités qui étaient avant le 24 janvier sous emprise terroriste, nous avons pu récupérer un tel pourcentage. Cela permettrait à tous de voir les efforts qui ont été faits et ce qui reste à faire.

Malgré ce discours qui est bien structuré, il y a qu’en ce qui concerne les localités qui étaient entre les mains des groupes terroristes, nous n’avons pas entendu de discours clair sur la Boucle du Mouhoun, la région de l’Est, qui sont des régions où les exactions et les attaques sont quotidiennes. Nous n’avons pas entendu dans le fond un message qui concerne ces localités ainsi que la région du Nord, un message qui donne un bilan clair sur les localités qui ont été reprises, mais qui dégage également des perspectives pour la récupération de ces localités-là. Nous savons tous que les groupes terroristes sévissent, occupent et font la loi, donc on aurait souhaité entendre le président Damiba en tant que chef militaire plutôt qu’homme politique.

Ce discours il est très politique alors que ce que nous attendions de lui c’est vraiment un discours militaire, avec précision, sans évasions et sans chercher forcément à convaincre l’opinion de par la rédaction du discours, mais de donner à chacun de nous l’assurance que notre armée est en train de reconquérir les parties de notre territoire occupées par les terroristes.

Je pense que cela a manqué dans le discours. Du reste, les grands chantiers qu’il a annoncés étaient déjà connus, à savoir la refondation de l’administration, la restauration du territoire national. Et justement, la restauration étant le défi majeur, ça aurait été très bien que l’on puisse nous dire qu’à la date du 24 janvier 2022, il y avait un tel pourcentage du territoire qui était aux mains des terroristes, aujourd’hui nous avons pu libérer un tel pourcentage.

Cela aurait facilité la compréhension de tous. Au demeurant, je pense que le président Damiba sait que les défis restent énormes, les attentes également. Et l’attente actuelle des populations est essentiellement militaire. Ces populations attendent justement que les zones qui sont attaquées, puissent être libérées et sécurisées, et les zones qui sont sous menace, que l’on puisse écarter la menace ».

Marcel Tankoano, président du Front pour la libération nationale : « Le président du Faso n’a certainement pas donné un bilan, mais il a donné une victoire d’étape de la situation du pays, de comment l’armée est arrivée à ce niveau. Il a aussi fait un tour d’horizon en rappelant d’où nous venons.

Il a demandé que le peuple du Burkina Faso dans son ensemble soit uni et qu’il parle le même langage. Le discours du président du Faso est venu à point nommé tout simplement pour nous dire qu’aujourd’hui, l’essentiel de notre vie, de nos actions, c’est le pays d’abord, c’est le Burkina Faso d’abord. Il se trouve que le Burkina Faso était dans une situation totalement grave, vous connaissez l’histoire.

Hier dans son discours, le président a rassuré plus d’un pour dire qu’il faut faire taire nos divergences et arrêter de se regarder en chiens de faïence. On devrait seulement regarder l’essentiel qui est notre vivre ensemble. Si nous sommes fiers aujourd’hui d’être des Burkinabè, c’est parce que nous appartenons à un pays qui, malheureusement, souffre aujourd’hui. Le président Damiba est revenu sur la reconstitution de la Haute Volta le 4 septembre 1947. C’est pour dire que si nos aïeuls ont pu transcender toutes ces difficultés pour sauver le pays, nous n’avons pas le droit de faillir.

Nous pensons que le discours du président rassure et nous interpelle. Ce n’est pas une question d’armée. Je le dis et je le répète, la plus grande armée au monde, c’est le peuple. Mais si nous, en tant que population, nous ne savons pas que nous sommes en danger, c’est encore très grave. Ce qu’il faut faire c’est de nous parler et prendre conscience du danger auquel fait face notre pays et savoir que les seules personnes qui peuvent sauver le pays ce sont les Burkinabè eux-mêmes. Il ne faudrait pas attendre une magie quelconque pour nous sauver. Il faut penser à la patrie d’abord.

On peut ne pas aimer le président Damiba, on peut ne pas aimer la transition, mais on ne peut pas ne pas aimer son pays. Il faut retenir que c’est la puissance militaire qui va nous sauver. A part l’armée, qu’avons-nous ? Nous sommes des populations civiles. Il faut que nous accompagnions l’armée qui est le dernier rempart. Parce que si l’armée échoue, nous allons disparaître. On ne doit pas, même dans nos rêves, accepter que notre armée échoue. L’échec de l’armée burkinabè est égal à la disparition de notre pays. Et pour que le Burkina ne disparaisse pas, nous allons nous battre.

Voilà pourquoi le FLN a décidé de se battre avec l’ensemble des jeunes pour libérer notre pays. Donc le discours du président du Faso est venu nous rappeler notre histoire et nous permettre de nous projeter vers l’avenir. Je ne partage pas l’avis de ceux qui disent que le président du Faso aurait dû donner des chiffres dans son bilan. Nous sommes dans une guerre asymétrique. Et quand vous êtes en guerre vous ne pouvez pas faire de bilan tant que la guerre n’est pas terminée. Et comme ce n’est pas une guerre classique, si l’on fait un bilan pour dire que l’on a fait ci et ça.

Il suffit que l’on dise que telle population est retournée dans son village, un terroriste va avec une kalachnikov dans ce village et tue plusieurs personnes. Il va saboter le bilan qui a été fait. Ce n’est pas un bilan de défi qu’il faut faire. Le rôle de nos autorités, c’est de travailler à nous sortir de là. Mais ce n’est pas de nous dire que le Burkina n’est plus en guerre parce que ce n’est pas vrai. A terme, le président du Faso pourra dire que le territoire a été repris et que les populations ont été réinstallées définitivement. A partir du moment où on aura repris l’intégralité du territoire, on pourra faire un bilan.

Mais ce que le président Damiba a fait hier, c’est une victoire d’étape de notre armée. C’est un bilan à mi-parcours. Le bilan est mitigé parce que les gens ne comprennent pas ce qui se passe. Ceux qui nous attaquent aujourd’hui, sont pour la plupart des Burkinabè. Est-ce que vous pensez que ceux que l’on envoie sur le terrain et qui neutralisent les terroristes sont fiers de tuer leurs frères ? Voici la gravité de la situation. Il faut sauver le pays et éviter de vouloir faire un bilan exhaustif. Si l’on veut gagner la guerre et les combats, il faut se taire. J’invite les Burkinabè à prendre conscience que la situation est grave mais pas impossible à surmonter.

Quand vous êtes attaqué et que vous ne voulez pas perdre votre dignité, vous êtes obligés de vous unir pour éviter l’humiliation. Nous ne souhaitons pas prendre nos baluchons pour nous retrouver dans un autre pays. Nous sommes nés ici, nos grands-parents également. Les enfants que nous avons mis au monde doivent vivre ici, nos petits fils vivront ici. Mais si nous échouons, c’est notre progéniture qui va en pâtir. Et pour ne pas en arriver là, il faut une mobilisation populaire à tous les niveaux et à travers tout le pays ».

Tidiane Sawadogo, porte-parole du mouvement Sauvons le Yatenga : « Pour ce qui est de l’adresse à la nation fait par monsieur le président hier soir, nous, à notre niveau, pensons que la forme y est, parce que le discours a été enregistré à Dori. Mais pour ce qui est du fond, je suis totalement déçu mais pas surpris parce que quand le président a donné son rendez-vous de cinq mois, au regard de l’évolution de la situation, je me demandais quel bilan il allait bien pouvoir dresser. Je n’ai pas été surpris quand nous avons assisté à un cours d’histoire plutôt qu’à un bilan.

Et très malheureusement dans ce bilan à mi-parcours, le président note une accalmie dans certaines parties du pays. En tant que fils et habitant de la région du Nord, j’ai été surpris quand ma région a été citée comme faisant partie des régions où on note une accalmie. Je m’inscris en faux contre cette assertion. Je dis cela parce que depuis l’avènement du MPSR, la situation sécuritaire dans la région du Nord se dégrade.

Pour preuve, la ville de Titao a été ravitaillée depuis le 23 mai. Jusqu’aujourd’hui, on ne sait pas si la ville de Titao sera ravitaillée ou pas et les populations vivent vraiment dans une détresse totale. C’est une crise humanitaire aigue doublée d’une psychose que les populations vivent. On peut citer un certain nombre de communes qui sont tombées depuis l’avènement du MPSR. Il y a l’exemple Thiou, il y a la commune de Namissigma et un certain nombre de villages, il y a la commune de Lèba dans le Zondoma il y a également une très grande partie du Zondoma.

On ne peut pas faire deux à trois jours sans qu’i y ait des incursions d’hommes armés sur la RN2. Alors que si la RN2 est coupée c’est Ouahigouya qui sera isolée du reste du pays. L’université de Ouahigouya a connu il y a quelques jours un incident de mine. Au regard de ces évènements, on ne peut pas dire qu’il y a une accalmie dans la région du Nord donc pour ce que le président a dit, à moins qu’il apporte la preuve du contraire.

Pour ce qui est de notre part, tant que la RN 23 c’est-à-dire la route Ouahigouya-Titao n’est pas sécurisée, tant que qu’un certain nombre de villages ne sont pas réinstallés, nous ne parlerons pas. Pour le cas de Thiou, il est dit que les déplacés sont rentrés. En réalité, ce sont les groupes armés qui ont demandé à cette population de revenir. D’autres déplacés ont jugé nécessaire de rester à Ouahigouya.

Nous ne pouvons pas dire que c’est grâce au travail du gouvernement si ces populations sont retournées à Thiou. Si c’était réellement le cas, pourquoi l’administration, la gendarmerie, la mairie, la police n’est plus à Thiou ? Ce que nous remarquons avec ce gouvernement, en plus d’être inefficace sur le terrain, il camoufle certaines réalités.

Il faut que nous soyons francs dans la communication, que nous acceptions de dire les réalités afin que la population puisse jouer son rôle de soutien, d’accompagnement. Si le gouvernement est franc, il aura la population derrière lui et ensemble nous essayerons de voir si on pourra faire bouger les lignes. Je réitère notre engagement et notre soutien aux forces de défense et de sécurité et aux volontaires pour la défense de la patrie qui sont engagés jour et nuit pour nous permettre d’être là aujourd’hui. Sans leur engagement sur le terrain, à l’heure-là nous n’allions pas pouvoir parler ».

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo/Yaméogo/ Erwan Compaoré/ Rachida Démé(Stagiaire).
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