Actualités :: Transition au Burkina : « Quand on fait un coup d’Etat, c’est pour apporter la (...)

A l’occasion de l’an 31 de la Constitution du 2 juin 1991, l’alliance « Ensemble pour le Faso » a animé une conférence de presse pour donner sa lecture de la situation politique du pays, ce jeudi 2 juin 2022 à Ouagadougou.

2 juin 1991-2 juin 20221. Cela fait exactement 31 ans que le Burkina Faso s’est doté d’une nouvelle constitution. Quatrième du genre, elle est la constitution en vigueur aujourd’hui au pays des hommes intègres.

Après une dizaine d’années de période d’Etat d’exception, cette constitution avait pour but de renouer avec la démocratie et l’Etat de droit. Mais hélas, a regretté l’alliance « Ensemble pour le Faso », face aux hommes de médias. « Malheureusement, l’espoir suscité s’est vite révélé être une chimère », a affirmé le président du mois de cette alliance, Me Guy Hervé Kam, par ailleurs le coordonnateur national du mouvement Servir et non se servir (SENS).

Me Guy Hervé Kam a retracé l’historique de la politique au Burkina Faso ces 30 dernières années. C’est une démocratie souffrante qu’il a présentée, car « le coup d’Etat du 24 janvier 2022, a-t-il ajouté, est apparu comme un événement nous amenant encore une fois à nous poser des questions sur la gouvernance globale de notre pays ».

Me Hervé Kam et ses compagnons appellent à la révision intégrale de la charte de la transition afin de redéfinir son format.

Situation nationale oblige, « Ensemble pour le Faso » a livré son analyse sur la gestion de l’actuelle transition. « Notre actualité donne à voir que le pouvoir MPSR est impuissant à protéger la vie des Burkinabè ici et là », a regretté le porte-parole de l’alliance. Comme preuve, il a brandi la crise sécuritaire qui se dégrade de plus en plus.

« Pas un coup d’Etat pour venir faire un stage »

« La sécurité est le premier objectif de nos actions », avait rassuré le président Paul-Henry Damiba dans son discours à la nation du 1er avril 2022. A cette même occasion, il avait donné un délai de cinq mois pour un premier bilan de la mission de reconquête du territoire.

« Quand la trajectoire est mauvaise, doit-on attendre les cinq mois avant de se réveiller ? », s’est interrogé Me Kam. Pour lui, le délai n’empêche pas de vivre certaines réalités au quotidien.

Et c’est au tour de l’ex maire de la ville de Dori (région du Sahel), Aziz Diallo du Parti pour la démocratie et le socialisme (PDS) de rebondir sur cette question du délai. « Ils auraient dû prendre les cinq mois pour se préparer avant de faire le coup d’Etat et gérer la situation dès le premier mois. On ne fait pas un coup d’Etat pour venir faire un stage. Quand on fait un coup d’Etat, c’est pour apporter la solution », a-t-il déclaré.

Ce délai ne passe visiblement pas avec les conférenciers du jour. « Allez-y dans les localités durement touchées et dites-leur que le président a donné un délai et il reste deux mois avant de faire un bilan ; ils vont vous demander la frontière la plus proche », a insisté l’ex-député maire.

Aziz Diallo a déploré la recrudescence de l’insécurité malgré la prise du pouvoir par les militaires.

Du salaire des ministres de la transition…

S’il y a un autre sujet qui a été sévèrement critiqué, c’est aussi celui de la rémunération des ministres de l’actuelle transition. Pour ce collectif de cinq partis politiques, le Burkina Faso fait face à une épreuve de la vie chère avec un taux d’inflation général de près de 15%. « Pendant que la vie chère bat son plein et que le panier de la ménagère se vide désespérément, nos gouvernants n’ont pas manqué de créativité pour augmenter ostensiblement et sans aucune gêne leurs salaires », a déploré Me Kam.

Selon les conférenciers, cette augmentation de salaire découle de la légèreté avec laquelle cette transition gère le pouvoir. En principe, à en croire Me Kam, cette question devrait faire l’objet d’un débat national avant son adoption. Ainsi, ils ont exigé « l’abrogation du décret illégal, illégitime et inopportun sur la rémunération des ministres ».

Le présidium, de gauche à droite : Abdoul Karim Sango (PAREN) ; Aziz Diallo (PDS) ; Me Hervé Kam (SENS) ; Zakaria Soulga (APR) et Justin Somé (PUR).

Libération de Roch Kaboré

L’alliance a comparé l’insurrection populaire de 2014 et la situation actuelle. Pour les conférenciers, le MPSR ne travaille pas à approfondir les acquis engrangés. « Le pouvoir actuel veut effacer des consciences toute référence à l’insurrection populaire et à la résistance héroïque au coup d’État de septembre 2015 ».

« Ensemble pour le Faso » a appelé à la « cessation immédiate et sans condition des atteintes illégales, illégitimes et disproportionnées à la liberté de l’ex-président Roch Kaboré ». Ils insistent que l’ancien chef de l’Etat doit jouir pleinement de sa liberté et de sa dignité, garanties par la constitution.

Le jeudi 12 mai 2022, l’alliance « Ensemble pour le Faso » s’est dévoilé au grand public. Il s’agit de cinq formations politiques qui ont signé une charte pour « proposer un nouveau projet politique alternatif » aux Burkinabè.
Il y a le mouvement Servir et non se servir (SENS) ; le Parti pour la démocratie et le socialisme (PDS) ; l’Alliance panafricaine pour la refondation (APR) ; le Parti pour la renaissance nationale (PAREN) ; et les Progressistes unis pour le renouveau (PUR).

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

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