Actualités :: Dr P. Emile Paré, DG du Centre de formation politique du MPP : « Nous (...)

Le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), s’est doté, depuis 2015, d’une école de formation baptisée Centre international de formation politique Kwamé Nkrumah. A la faveur du deuxième congrès extraordinaire du parti (24 au 26 septembre 2021), nous avons voulu savoir la place du Centre dans le dispositif du MPP et son rôle dans la formation du capital humain politique. Par cette interview qu’il a accordée (le 21 septembre) dans les locaux de l’école, sise au quartier Wayalguin, dans l’arrondissement N°10 de Ouagadougou, son directeur général (DG), Dr Pargui Emile Paré, par ailleurs secrétaire à la formation politique et civique du parti, lève un coin de voile.

Lefaso.net : Pouvez-vous nous en dire davantage sur le Centre international de formation politique Kwamé Nkrumah, son objectif, l’organisation et sa place dans le dispositif du parti ?

Dr Pargui Emile Paré : Le Centre international de formation politique Kwamé Nkrumah, qui est l’école du parti, le MPP, a été créée le 31 janvier 2015. Vous vous souvenez, le MPP est née le 25 janvier 2014 et a organisé son congrès constitutif les 5 et 6 avril 2014.

Vous savez bien qu’à sa création, c’était les démissionnaires du bureau politique du CDP (les 75 démissionnaires du CDP), qui avaient été rejoints par d’autres démissionnaires pour faire l’assemblée générale constitutive. Chemin faisant, ils ont pris l’engagement de créer un parti nouveau, un parti de gauche et à leur congrès constitutif (5 et 6 avril), les démissionnaires se sont associés à d’autres formations politiques de gauche, de l’opposition à l’époque.

Moi, j’étais le président du Mouvement du peuple pour le socialisme (Mouvement du peuple pour le socialisme/Parti fédéral, MPS/PF, ndlr) et d’autres formations, avec d’autres démissionnaires, ensemble, nous avons créé le MPP (ensemble, nous avons arrêté le règlement intérieur, les statuts et le programme politique). C’est au sortir de ce congrès que j’ai été élu secrétaire à la formation politique et civique.

A l’époque, Roch Kaboré, qui a été le premier président du MPP, a demandé à chaque secrétariat, de dégager un plan d’action. J’ai dû lui soumettre un plan d’action, et parmi les éléments fondamentaux, c’était la création d’une école du parti. En tant que secrétaire à la formation politique j’estimais qu’il fallait doter le parti d’une école.

Les bureaux s’identifient par les photos de grands penseurs et idéologues. Ici, la salle de réunion, dédiée à feu Dr Salifou Diallo.

Pour la pérennité du parti, il fallait une formation politique. Sankara avait l’habitude de dire qu’un militaire sans formation politique est un criminel en puissance, et moi je dis, un militant de parti sans formation politique n’est pas un vrai militant et risque d’aller dans tous les sens, d’avoir des comportements anti-militants et de ne pas contribuer à atteindre les objectifs du parti.

Donc, l’école est une pépinière. Une nation, le Burkina Faso par exemple, ne peut se construire qu’avec des éléments bien formés. L’éducation est au centre du développement de toute nation. L’éducation politique, la formation politique est au centre de l’édification d’un véritable parti, qui veut résister au temps, qui veut traverser le temps. Sans formation politique, les partis ont des problèmes.

Et l’histoire des partis politiques au Burkina Faso a montré que, véritablement, sans formation politique, les partis se désagrègent. Des partis meurent de leurs contradictions, parce qu’ils ne font pas la part des choses entre la contradiction principale et la contradiction secondaire, ils n’arrivent pas à analyser les situations difficiles, ils n’arrivent pas à s’adapter à l’évoluer du monde, à l’évolution de la situation nationale.

C’est la formation politique qui permet à un parti de résister au temps. J’ai pris cet exemple-là à partir du parti communiste chinois. Quand vous partez en Chine, dans tous les villages, il y a une école du parti. Nous, nous sommes-là, dans tous les villages, dans toutes les communes, on parle de siège du parti. En Chine, celui qui veut adhérer au parti, commence par l’école du village. Il y a un programme graduel, jusqu’à ce qu’il monte dans les instances dirigeantes du parti.

Au Burkina Faso, la démocratie étant très jeune, les gens créent les partis, pas d’école du parti, ils agissent juste pour des besoins électoralistes. Conséquence, on a toujours des crises ; parce que chacun est là et veut être député, maire, ministre, etc. Alors que l’école du parti doit être le maillon important que tout militant doit emprunter pour évoluer dans les instances et pour, pourquoi pas, pouvoir véritablement jouer le rôle militant en cas de conquête du pouvoir.

C’est pour cela nous avons fait de l’école, la pierre angulaire de l’édification du parti et je crois que le président Roch (Kaboré) et les autres dirigeants du parti ont bien compris le sens de cette école. Depuis 2015, nous avons le Centre international de formation politique, que nous avons baptisé Kwamé Nkrumah, pour prendre une idole panafricaniste de gauche, social-démocrate (socialiste) qui a marqué l’Afrique. Deuxièmement, depuis que nous avons créé le centre, nous l’avons structuré. Nous avons un conseil scientifique, qui est dirigé par le Pr Basile Guissou ; un conseil d’administration présidé par le président du parti et nous avons une direction générale, qui est dirigée par moi-même.

Nous avons également des départements de formation : département science politique pure, département science juridique et institutionnelle, département relations internationales et de défense et sécurité, département communication politique. On avait également un département Genre et politique. Nous avons des enseignants expérimentés dans chacun des domaines, avec des modules bien cadencés, pour pouvoir former ceux qui veulent se former. Bien entendu, au début, la priorité (à tout seigneur tout honneur), ce sont les militants du MPP.

Nous avons formé, à ce jour, plus de 5 000 militants sur les fondamentaux mêmes de notre propre parti (statuts, programme politique, programme présidentiel…) et sur l’engagement politique, les droits et devoirs des militants, etc. Nous avons également des modules sur les relations internationales, sur la stratégie et la tactique en politique. Nous comptons évoluer sur l’histoire politique du Burkina Faso, syndicalisme et politique, l’économie politique, etc.

Il faut que les gens se forment pour comprendre comment agir et comment s’adapter au monde qui nous entoure. Donc, c’est tout un programme structuré et sous cette direction organisée que nous administrons la formation. Mais, le centre est ouvert à tout jeune, à toute personne qui veut soit renforcer ses capacités soit apprendre la chose politique. C’est ouvert et je l’ai dit à maintes reprises, le centre, c’est pour tous les Burkinabè.

C’est une idée originale, parce que c’est le premier parti à créer véritablement une école de cette nature et je suis heureux de constater que des partis prennent l’exemple de notre centre. Ça crée une émulation aujourd’hui. Les gens ne comprennent pas que la politique est une science et un art. Une science qui a ses règles, et un art. L’art, ce n’est pas facile, c’est ça qui fait la noblesse de la chose politique.

Tout cela s’enseigne, et de ce point de vue-là, je pense que notre centre va beaucoup aider le MPP à lutter politiquement pour les aspirations pour lesquelles, le parti a été créé. Nous voulons également que ce soit un centre qui appuie le parti MPP pour que ce soit un parti centenaire, qu’on ne soit pas là chaque jour en train de reconstituer des partis, en train de dissoudre et de recommencer. Ça ne fait pas joli. Si on veut être correct, il faut un centre qui dit au MPP que voilà sa ligne idéologique. La social-démocratie, qu’est-ce que c’est, le contenu politique du programme du MPP dans les domaines économique, culturel, social, démocratique, etc. Il faut bien que quand on milite, on sache tout ça.

Et cela permet de dégager des cadres qui sont aptes à gérer le pouvoir d’Etat, en cas de conquête du pouvoir d’Etat ; parce que si vous ne formez pas vos militants et vous prenez le pouvoir, ils ne connaissent pas dans quel sens on nomme un ministre, un directeur général et ils ne savent pas que c’est selon l’orientation politique du parti que vous devez gouverner, administrer vos plans d’actions. Tout cela relève d’une formation politique que le centre met à la disposition du parti.

Pour le jeune qui n’est pas militant du MPP, mais qui désire bénéficier d’une formation politique, quelle démarche doit-il adopter ?

Comme nous sommes à nos débuts, véritablement, la formation est bénévole. Avec l’appui des partenaires étrangers, le Centre est doté de matériel technique, informatique, prêt à une formation. Maintenant, nous demandons à ceux qui sont intéressés par la formation, de venir s’inscrire. Nous demandons également le niveau de celui qui vient s’inscrire ; parce que vous n’allez pas enseigner à un universitaire, la même chose que quelqu’un qui a un niveau CEP, BEPC.

Il y a le niveau de compréhension des éléments qu’il faut prendre en compte. Egalement, vous pouvez trouver des intellectuels qui ont déjà milité de par le passé et qui sont dotés d’une certaine formation ; en ce moment, c’est un renforcement de capacités. Mais, pour le moment, nous avons des modules de formation, que nous soumettons à tout élément qui veut se former, il regarde le module et nous lui administrons cette formation, en fonction de ce qu’il désire.

Pour le moment, c’est le bénévolat ; nos enseignants ne sont pas payés, nous faisons appels à des compétences individuelles, des gens qui sont dotés de ces compétences et nous avons du matériel roulant, qui nous permet de nous déplacer pour faire des formations à distance.

Evidemment, comme le centre n’a pas de moyens financiers, il n’a pas de budget en tant que tel, nous demandons donc à ceux qui nous sollicitent de nous déplacer, d’assurer le carburant pour qu’on puisse arriver sur le lieu et qu’on puisse prendre en charge nos enseignants (formateurs), ne serait-ce que sur le plan de la restauration. Nous ne demandons pas plus que ça.

Les groupes qui veulent se former également au niveau du centre ici, on leur demande de penser à prendre en charge leur pause-café et maintenir le groupe (groupe électrogène, ndlr) qui est là pour la formation. Je pense que le mécanisme marche très bien. Le Centre va, dans une perspective, se transformer en Institut diplômant. C’est pour cela nous sommes en train de l’organiser avec des compétences qui puissent répondre aux normes internationales, aux normes académiques d’un institut diplômant de science politique et de géo-stratégie.

Mais pour le moment, on a été acculé par les élections qui se sont déroulées…, si fait que nous sommes en train de nous structurer davantage, de façon à ce qu’on puisse donner une formation soutenue à tous ceux qui veulent se former sur trois, quatre ans. Pour le moment, nous donnons des attestations de participation aux modules. Bien entendu, à partir d’un certain temps, nous allons donner des certificats au niveau du centre et plus tard, nous verrons certainement comment structurer les diplômes que nous allons délivrer.

Mais pour le moment, nous sommes au stade de délivrer des attestations de participation pour telle ou telle autre formation ou pour tel ou tel autre module. De sorte que les modules que chacun a eu à suivre sont bien notés, pour qu’on ne revienne pas, même si vous partez ailleurs, sur les mêmes choses (parce qu’il y a les fondamentaux de la science politique, qui se font partout et je pense que le centre essaie de rester comme un centre scientifique). Il est certes créé par le MPP, mais est ouvert à tout Burkinabè qui veut se former politiquement.

Parlant de niveaux…, on sait que les partis politiques sont, surtout ceux dits de masses, caractérisés par des militants qui ne sont pas instruits. Comment parvenez-vous à prendre en compte cette catégorie ou vous limitez-vous à la minorité instruite ?

Nous adaptons la formation à la catégorie de population. Par exemple, parmi nos 25 formateurs, il y a des enseignants en langues nationales (Fulfuldé, Mooré, Dioula, essentiellement). Mais, en tout état de cause, lorsque nous sortons vers la base, nous faisons tout pour adapter la formation aux structures de base. Si vous m’envoyer former à Toma, arrivé là-bas, je forme en San. Donc, on adapte la formation.

Mais à côté de cela, il y a la formation de l’élite intellectuelle, la formation des cadres où nous allons, là, à un niveau intellectuel de formation pour pouvoir leur inculquer ce qu’il y a. D’ailleurs, nous essayons de traduire nos modules en langues nationales, pour pouvoir administrer dans les secteurs, les villages sur ce qu’il y a comme fondamentaux et comme objectifs. Par exemple, nous enseignons la stratégie électorale, comment gagner une élection, comment parler à un public, comment s’adresser à un public-cible, les techniques de prise de la parole, etc.

Tout le monde a donc sa place et son compte dans le centre ?

Oui, tout le monde a sa place. Depuis sa création, nous avons parcouru plus d’une vingtaine de provinces, où nous sommes allés dispenser des formations à nos structures provinciales. Nous les faisons dans les langues locales, parce que dans nos structures provinciales, nombre de ceux qui y sont ne parlent pas la langue de Molière. A côté, vous avez nos militants qui sont dans les ministères, qui s’organisent et qui viennent pour des formations de haut vol.

Les formations à l’endroit des militants du parti se font sur programmation du responsable en charge de la formation politique, sur demande des militants eux-mêmes ou les deux cas sont-ils possibles ?

Par exemple, si je prends le parti, ce sont les structures qui font la demande de la formation et ensemble, nous nous concertons pour dégager les modules que nous leurs proposons. Si ça leur convient, on passe à la formation. Si eux aussi ont des thématiques spécifiques qui les intéressent, ils ajoutent et on fait la formation.

Mais en tant que militants du MPP, il y a des thématiques obligatoires que nous administrons (ligne idéologique du parti, les autres idéologies pour montrer la différence avec la social-démocratie et pourquoi le parti a opté pour cette dernière ; les textes fondamentaux du parti ; la discipline dans le parti ; les droits et devoirs des militants...). Nous enseignons, obligatoirement, le programme politique : un parti politique, c’est une ligne idéologique, c’est une organisation, un manifeste et un programme politique.

Maintenant, nous pouvons ajouter d’autres aspects, tenant compte du domaine des militants (par exemple, si ce sont des camarades du ministère de l’agriculture, il faut insister sur le programme du parti ou le programme présidentiel dans son volet agriculture, pour que le militant à ce niveau-là sache qu’est-ce qu’il doit faire).

Le Centre bénéficie-t-il, du parti, de l’accompagnement nécessaire, à la hauteur des ambitions ?

Depuis que nous avons commencé nos congrès, nos tournées dans les différentes provinces, il y a toujours une recommandation sur la nécessité de la formation politique des militants du parti. Depuis que le parti a été créé, les militants demandent toujours que la formation soit intensifiée. Bien entendu, en matière de formation, on ne peut pas aller au même rythme que certaines activités. Mais nous faisons tout pour répondre aux vœux.

Je dois dire que la formation que nous avons commencée à administrer depuis 2015 a porté des fruits. Je me souviens en 2015, après les élections, c’était l’indiscipline à tous les niveaux : quand un militant n’est pas placé tête de liste, il quitte et il va ailleurs ou bien il vote contre son propre militant, dans les conseils municipaux. On avait vu qu’il y avait beaucoup de dérives. Mais la formation politique que nous avons eue à administrer a véritablement porté ses fruits parce qu’aux élections passées, nous n’avons pas eu ces guéguerres, ça s’est amélioré.

Les militants ont compris la démocratie interne, le respect des structures, des directives du parti. Cela fait partie du militantisme, si on est battu démocratiquement, on se soumet et on attend. Et celui qui a gagné doit travailler collégialement avec celui qui a perdu. Ce n’était pas facile au début du MPP, mais la formation politique a contribué véritablement à régler ce genre de comportements au sein du parti.

L’école du parti est tellement importante que cette année à ce congrès, nous allons institutionnaliser le statut de l’école du parti : dans les statuts et règlement intérieur du parti, et son organisation sera adoptée par le congrès. Véritablement, c’est pour que les gens comprennent que l’école est plus ou moins obligatoire. Nous sommes aujourd’hui à Ouagadougou, mais allons aller à Bobo-Dioulasso, créer une école régionale et il y a également le matériel qui nous permet de circuler dans les autres provinces pour administrer la formation.

Nous assurons donc la formation à distance, parce que tout le monde ne peut pas venir à l’école à Ouagadougou. Donc, nous insistons sur la formation à distance et je pense que c’est une course contre la montre. Je me dis que dans dix ans, les militants du MPP seront des militants véritablement aguerris et bien formés.

Il est dit que les jeunes ne sont plus disposés à se faire former (et ce, dans tous les domaines, pas seulement en politique), qu’ils réclament de l’argent quand on leur parle de formation. Alors que les aînés semblent être bien formés politiquement, ce qui laisse une sorte de rupture dans le paysage politique. Ce phénomène se ressent-il au niveau du Centre ?

C’est effectivement cela qui fait que l’école du parti est une grande innovation, parce qu’on a senti une rupture, à un moment donné, entre la génération comme nous autres, et votre génération. Nous autres, quand on partait à l’école, on entrait dans les mouvements scolaires et estudiantins, il y avait des cellules de formation un peu partout. Mais ces dernières années, cette tendance s’est vraiment inversée. Si fait que les jeunes viennent à la chose politique sans formation. Et quand ils viennent, notre souci, c’est de les former. Mais, vous connaissez aujourd’hui la complexité des problèmes de la jeunesse : le chômage, des salaires dérisoires, des difficultés de logements, des conditions difficiles d’études, etc.

Cela fait que le premier souci des jeunes, véritablement, c’est de résoudre ces problèmes. Ça fait que quand vous parlez de formation, le jeune doit se déplacer, pédaler, mettre du carburant pour venir se former et il n’y a rien à l’horizon…, voyez-vous ! Donc, il y a des facteurs objectifs, ils ont raison. Mais ça a également créé une habitude, qui fait que les gens pensent que lorsque tu appelles à la formation, il faut forcement des perdiems.

Mais, au niveau de l’école, pour le moment, nous disons aux gens de se former de façon bénévole. Notre contribution, c’est préparer les cours, préparer les enseignements, se déplacer avec notre matériel roulant, aux gens de se débrouiller. C’est pour cela d’ailleurs nous sommes toujours au système bénévolat. Sinon, normalement, l’école doit être payante, la formation doit être payante.

Mais nous connaissons les conditions difficiles des jeunes, donc nous dispensons les cours de façon bénévole. Et pour le moment, personne ne demande de perdiems pour se faire former. Cependant, lorsque nous partons en provinces, le problème de perdiems se pose ; parce que lorsqu’on fait la formation dans un chef-lieu de région, il faut faire venir les militants des communes et provinces de l’intérieur.

C’est cela même qui fait que nous faisons attention. Pour sortir, quand on nous invite à la formation, nous disons ce que nous pouvons prendre en charge et ce qu’on ne peut pas prendre en charge. Mais en tout état de cause, on a des partenaires qui nous soutiennent dans ce genre de formations.

Nous avons la fondation Friedrich-Ebert (nous faisons des formations à distance et c’est ce partenaire qui prend en charge la restauration et l’hébergement). Mais, il reste toujours posée la question des perdiems. La personne estime qu’elle vient de l’intérieur et s’attend à retourner avec quelque chose pour donner à la famille.

Compte-tenu du niveau aussi des militants, la question des perdiems se pose à la périphérie. Mais à Ouaga et à Bobo, je pense que les gens ont compris véritablement, la prise en charge se limite toujours à la restauration, à la pause-café et à l’hébergement. Nous sommes obligés de prendre ces éléments en charge, on ne peut pas dire à chaque militant de venir et de chercher à manger et à se loger. C’est quand nous réunissons ces conditions que nous dispensons les formations. Donc, c’est toujours un gros problème, la question des perdiems.

Qui sont vos partenaires et sur quels plans vous accompagnent-ils ?

Vous voyez que le Centre est bien équipé ! Que ce soit le matériel roulant, le groupe électrogène, le mobilier de bureau, etc. Tout cela constitue l’appui de partenaires. Bien-sûr, le parti contribue. Parmi les partenaires, nous avons notre allié traditionnel, à savoir le parti communiste chinois, la fondation Friedrich-Ebert (une fondation du parti social-démocrate allemand), le parti danois. Nous cherchons aussi à étendre nos relations à d’autres fondations, la fondation Jean-Jaurès (parti socialiste français) et bien d’autres relations que nous tentons de tisser pour pouvoir avoir un peu d’appuis pour assurer la formation et échanger des informations.

Le caractère international du centre fait qu’il y a des pays amis qui nous font appel (le Tchad, le Mali, le Niger, etc.). Ils nous dictent leurs besoins de faire venir leurs militants ici ou alors de voir dans quelle mesure, nous pouvons faire des missions d’enseignements pour former leurs militants. Le centre évolue petit-à-petit, avec ses petits moyens et je pense que dans les années à venir, ça va prendre une envergure.

Les gens seront surpris de savoir que c’est le centre d’un parti au pouvoir, qui est pauvre, (comme nous sommes un parti socio-démocrate, de gauche, nous n’allons pas piller les ressources de l’Etat au profit de notre centre), mais qui fait des merveilles. Donc, nous essayons d’être modestes, pour faire avancer la formation au niveau des jeunes burkinabè.

A vous de conclure !

J’ai un souhait, qui est que petit-à-petit, le Centre ait de la visibilité. Par ces échanges avec moi, ça participe à sa visibilité et je pense que c’est très important. Tout mon souhait, c’est que la jeunesse burkinabè, pourquoi pas la jeunesse africaine, s’approprie ce centre-là, pour en faire véritablement un levier important de son développement ; parce que la chose politique, les gens pensent que c’est facile de s’y engager. Tout le monde cherche à être maire, député, etc.

Mais celui qui a fait la formation politique, qui a fait une école de formation politique, réussit mieux ses tâches politiques partout on l’envoie. Mon seul souhait est donc que la jeunesse burkinabè, la jeunesse africaine s’approprient le centre pour le bonheur de notre peuple, des peuples africains.

Interview réalisée par Oumar L. Ouédraogo
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

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