Actualités :: Tentative présumée de putsch : Le procès en février ?
N. Babou

Le traitement du dossier sur la tentative présumée de putsch
vient de connaître de nouveaux développements : le
commandant René Sié Kambou a été inculpé et placé sous
mandat de dépôt le 2 janvier dernier.

Me Prosper Farama, lui, a
été "re-inculpé" le 8 janvier pour "divulgation du secret de
l’instruction", la première procédure d’inculpation s’étant avérée
"illégale". En outre, le ministre de la Défense, le Général
Kouamé Lougué, a été entendu dans le cadre de cette affaire.
Telle est la substance du point de presse animé le 9 janvier par
le Commissaire du gouvernement, Abdoulaye Barry, au Tribunal
militaire de Ouagadougou.

"Nous allons ratisser large", avait averti Abdoulaye Barry dès le
début de cette affaire. Ainsi, de ratissage en ratissage, on
compte aujourd’hui 17 inculpés dans cette affaire "qui a failli
ébranler" l’Etat burkinabè. Et le ratissage continue, si l’on en
croit le Commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire
de Ouagadougou :"Plus d’une dizaine d’officiers supérieurs de
l’Armée ont été entendus, de même que des personnalités
civiles", souligne-t-il.

Mais de qui s’agit-il ? Mystère et boule de
gomme. Abdoulaye Barry se montre en effet très réservé. Tout
au plus consent-il à faire un petit commentaire :"Est-ce que c’est
vraiment nécessaire qu’on vous dise les noms de ces gens-là ?
Je ne pense pas(...). Non, ce n’est pas la peine". Pas la peine
non plus d’insister. Abdoulaye Barry s’est résolu à ne pas lâcher
le morceau.
Il a préféré plutôt aborder un autre chapitre du dossier :"Le
Sergent Naon Babou (inculpé dans le "dossier putsch") a été
entendu dans le cadre de l’affaire Norbert Zongo, les 19 et 26
décembre 2003".

Deux autres militaires, Souleymane Zalla et
Soumaïla Konfé, ont également été auditionnés le 26 décembre
par le juge Wenceslas Ilboudo. Ces actes judiciaires ont eu lieu
suite à des articles d’investigation du bimensuel l’Événement.
Le Commissaire du gouvernement précise même que le
ministre de la Défense, Kouamé Lougué, est passé à la barre
des auditions connexes à la tentative présumée de putsch.

"RSF n’a pas besoin de venir au Burkina"

A propos de l’inculpation de Me Prosper Farama, Abdoulaye
Barry a été formel :"Les actes d’inculpation ont été annulés le 6
janvier parce que les conditions de leur formulation n’étaient pas
très légales". Mais attention :"La procédure a été régularisée",
s’empresse-t-il d’ajouter.

En clair, "Me Farama a été re-inclupé le
8 janvier" pour violation du secret de l’instruction". Il avait été
accusé d’avoir fourni à Reporters sans frontière (RSF), des
éléments d’audition du Sergent Naon Babou, connexes à
l’affaire Norbert Zongo. Mais cet avocat a-t-il été le seul à être en
possession du dossier ? Cette question a suscité moults
commentaires au sein de l’opinion publique .

A ce sujet, M. Barry
a donné des réponses à l’évidence contradictoires. Acte1 :"Me
Farama est le seul qui avait en sa possession le dossier". Acte2
 :"C’est lui et un autre avocat, Me René Adolphe Ouédraogo, qui
avaient le dossier". Mais pourquoi n’a-t-on pas inculpé ce
dernier ? "Les choses n’ont pas été faites au hasard", a déclaré
Abdoulaye Barry au terme de la conférence de presse.

Dans tous les cas, RSF a démenti catégoriquement avoir reçu
l’information de Me Prosper Farama. Selon les termes d’un
communiqué y relatif, il s’est dit prêt à venir au Burkina afin de
s’expliquer, si les autorités judiciaires nationales lui en font la
demande. A ce sujet, le Commissaire du gouvernement a coupé
court au débat : "RSF n’ a pas besoin de venir au Burkina. Nous
travaillons par commission rogatoire avec la France et nous
espérons qu’il sera entendu dans ce cadre ". Pour Abdoulaye
Barry, "RSF n’a fait que publier le document. Nous, ce qui nous
intéresse, c’est celui qui a fait sortir l’information alors qu’il
n’avait pas le droit de le faire".

Une commission rogatoire a aussi été formulée depuis le 1er
décembre 2003 en direction de la Côte d’Ivoire et du Togo, dans
le but de "confirmer" le chef d’inculpation formulé contre le
Capitaine Oualy Diapagri. Ce dernier avait été accusé de
trahison contre l’Etat burkinabè pour avoir contacté, selon le
Commissaire du gouvernement, des personnalités dans les
deux pays, au sujet de la tentative présumée de putsch.

Le lieutenant Minoungou "amputé d’un orteil"

En attendant le feed-back des autorités judiciaires togolaise et
ivoirienne, le Capitaine Oualy croupit toujours à la gendarmerie
nationale avec les 16 autres détenus. Certains d’entre eux se
portent mal et même très mal, si l’on en croit Abdoulaye Barry.

Le cas du lieutenant Philippe Minoungou est particulièrement
préoccupant. "Il est toujours hospitalisé et a même été amputé
d’un orteil", révèle le Commissaire du gouvernement. L’état de
santé de Norbert Tiendrébéogo, président du Front des forces
sociales (FFS) est tout aussi critique : "Au départ, il s’agissait de
la goutte, semble-t-il. Mais aujourd’hui, il s’avère qu’il s’agit d’un
problème de nerf". Et M. Barry d’ajouter qu’il "doit suivre bientôt
une visite médicale dans un cabinet". Il précise par ailleurs que
"tous les détenus ont fait l’objet d’un suivi médical
psychologique" dont les dépenses ont été prises en charge par
le Tribunal militaire de Ouagadougou.

Avant de clore ce chapitre,
Abdoulaye Barry a tenu à souligner que "ces derniers temps, le
sergent-chef Abdoulaye Konfé souffre de problèmes d’ordre
psychiatrique".
Une bonne nouvelle cependant : l’état de santé de Marcel
Kafando, inculpé dans l’affaire Norbert Zongo, "s’améliore
progressivement". Mais "il n’est pas actuellement en état d’être
entendu", indique Abdoulaye Barry.

Autre élément digne d’intérêt :
le mandat d’arrêt lancé contre Yemboini Combari et
Mahamoudou Ouoba (tous civils) n’a pas encore porté de fruit.
Quoi qu’il en soit, la procédure judiciaire se poursuit. Mais à
quand le procès ? Réponse d’Abdoulaye Barry : "Dans notre
prévision de départ, le procès devait avoir lieu en janvier ou
février 2004. Mais si nous n’arrivons pas à respecter l’échéance
de février, ce sera pour les mois qui suivent, en mars ou avril". "Il
faut que ça ait lieu le plus rapidement possible". En ce début
d’année 2004, le voeu le plus cher d’Abdoulaye Barry se résume
en une phrase : "J’espère que cette année nouvelle nous
permettra d’élucider certains dossiers qui nous sont précieux",
a-t-il notamment souhaité. Reste donc à oeuvrer pour le "grand
déballage" judiciaire.

Par Hervé D’AFRICK
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