Actualités :: Burkina : Roch Kaboré veut de « bons, fidèles et loyaux serviteurs » des (...)

Le discours du président Roch Kaboré le 31 décembre 2020 n’évoque aucun chiffre. Même pas les dernières données démographiques de la population burkinabè, plus de 20 millions d’habitants. Ce qui implique des politiques publiques rigoureuses à définir.

Il y a cependant un passage de son message qui retient l’attention. « Dans quelques jours, une équipe gouvernementale sera constituée et va se mettre au travail immédiatement pour dérouler le programme pour lequel j’ai bénéficié de la confiance des Burkinabè pour les cinq années à venir. Les priorités sont connues et la feuille de route du gouvernement est prête.

J’en appelle au sens des responsabilités de tous afin que la noble et exaltante mission de servir le Peuple décuple les énergies des uns et des autres pour en faire de bons, fidèles et loyaux serviteurs du Peuple burkinabè.

C’est le prix que nous devons payer pour réhabiliter le politique et les hommes et femmes politiques. C’est aussi à ce prix que nous pourrons mobiliser tous les Burkinabè autour de leurs intérêts que nous devons servir, défendre et promouvoir. »
De mémoire, c’est la première fois que le président Kaboré emploie les termes « servir le Peuple », « serviteurs du Peuple ». Dans cette dynamique, il laisse sous-entendre que le gouvernement qui sera constitué dans les prochains jours sera celui d’Hommes qui ont pour seul souci, celui de servir les Burkinabè. Des Hommes vertueux, qui placent l’intérêt général au-dessus de tout. Ces Hommes existent toujours dans ce Burkina. Il suffit de le vouloir pour les trouver.

Le premier quinquennat a été émaillé de beaucoup de cas de mauvaise

gouvernance, de gabegie, de malversations impliquant des hauts fonctionnaires de l’administration, souvent même proches du président Kaboré. La gestion calamiteuse du carburant à Kosyam selon un audit de l’ASCE/LC ; les audiences monnayées, c’est toujours à Kosyam ; le cas Jean Claude Bouda ; l’affaire charbon fin, etc. Rares sont les sanctions qui ont suivi ces actes. Si Roch Marc Christian Kaboré veut laisser une bonne empreinte dans l’histoire du Burkina, son deuxième et dernier mandat (c’est lui-même qui le dit) doit être sans complaisance.

Le président du Faso est bien conscient que par leur manière de gouverner, les Burkinabè ne leur font plus confiance au point que même quand le gouvernement pose une action louable, elle est suspectée. On peut donc comprendre, dans une certaine mesure, quand il parle de « réhabiliter le politique et les hommes et femmes politiques ».

Il y a bien attendu une fracture entre les gouvernants et les gouvernés. Il faut quitter la gouvernance mouta-mouta et créer les cadres qui permettront aux citoyens d’avoir un regard sur la gestion des affaires publiques. Que les gouvernants sachent qu’ils sont des « serviteurs », par la même occasion, certains comportements qui frisent le mépris envers le peuple sont à proscrire.

On peut dire que le président a pris la mesure de la situation et qu’il ne souhaite certainement pas rééditer le quinquennat 2016-2020. Dans son message, on sent cette volonté d’amener les Burkinabè à adhérer à la même cause, de partager la même vision. « (…)

Nous devons, ici et maintenant, engager les réformes qui s’imposent pour améliorer la gouvernance aux plans politique, économique et social, lutter plus efficacement contre la corruption et amener les Burkinabè à aimer et à être fiers de leur pays. » Mais on a bien envie de dire que les Burkinabè aiment et sont fiers de leur pays. Le seul hic, c’est la gouvernance qui déçoit !

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