Actualités :: Fonds national de solidarité : "Les contributions sont en de bonnes (...)

Contrairement aux deux précédentes éditions, le mois de solidarité, cette année, connaît une nouvelle formule. Le partage est mis au centre des actions. Pas de collecte d’argent. Cette formule s’avère-t-elle aussi "payante" ?

La confiance du contribuable est-elle toujours de mise ? Quelles difficultés rencontre le Fonds national de Solidarité ? Ce sont entre autres, les questions que nous avons posées à Gabriel T. Kiemdé, Secrétaire permanent dudit Fonds en poste depuis août 2001.

Le Pays : Quel est l’objectif qui a guidé la création du Fonds ?

Gabriel Kiemdé (secrétaire permanent du FSN) : Les attributions du Fonds, c’est de promouvoir la lutte contre la pauvreté, l’élan de solidarité et la prise en charge des groupes défavorisés.

Dans le concret, arrivez-vous à mener à bien cette mission ?

Tout à fait ! Nous avons un budget annuel puisque nous sommes subventionnés par l’Etat. Aussi, y a-t-il des contributions volontaires à l’occasion de certaines initiatives comme le Mois de la solidarité. Nous arrivons à prendre en charge, dans la mesure de nos possibilités, certaines couches sociales qui sont dans la détresse.

Il y a donc beaucoup de fonds dans le Fonds ?

(Rires...). Il y a des fonds dans le Fonds, mais ils ne sauraient suffire pour faire face aux multiples situations auxquelles nous sommes confrontés. Les situations de détresse sont permanentes et nombreuses, et nous ne pouvons pas affirmer que ces fonds sont suffisants, même si nous sommes d’accord que l’effort de l’Etat est fort considérable.

Est-ce à dire que le Fonds rencontre des difficultés ?

Les difficultés ne peuvent pas manquer. Les ressources ne permettent pas de prendre totalement en charge les populations. Il y a beaucoup de nécessiteux. La pauvreté existe. Tous les problèmes sociaux ne peuvent donc être résolus par le Fonds. Nous faisons ce que nous pouvons, avec ce dont nous disposons.

Sont-ce ces difficultés qui ont entraîné la création du "Mois de Solidarité" ?

L’esprit du mois de solidarité s’insère dans ce cadre.

Parlant du mois de solidarité, la nouvelle formule adoptée cette année est-elle mieux indiquée que celle de l’année dernière, qui a consisté à collecter des fonds ?

Effectivement, il n’y a pas de collecte d’argent cette année. La solidarité ne peut pas être évaluée seulement en terme d’argent. Ce n’est pas uniquement le don d’argent qui doit guider la solidarité. Même quand votre voisin est à pied et que vous le déposer à l’endroit où il veut se rendre, vous avez exprimé ainsi un geste de solidarité. Rien que la fois dernière, lors d’une de nos cérémonies, le député Saran Sérémé disait que le simple sourire est une forme de solidarité. Pour dire que cette formule est tout aussi importante que les autres.

Il n’en demeure pas moins que vous avez aussi besoin d’argent pour mener vos activités. Comment allez-vous renflouer vos caisses ?

Pour cette édition, nous avons voulu utiliser les contributions que nous avons reçues lors de l’édition précédente pour montrer au contribuable que l’effort qu’il a consenti va là où il faut. Une répartition a été faite. Les handicapés ont par exemple bénéficié de 50 millions de F CFA de tricycles, les personnes âgées ont eu 10 millions de F CFA, les orphelins et les enfants vulnérables ont bénéficié de 20 millions de F CFA (en vélos), etc. Tout cela montre que c’est une répartition qui a été faite à des couches qui sont dans un grand besoin.

Ceux qui n’ont pas confiance en la transparence de la gestion de ces fonds doivent-ils se rassurer désormais ?

Les fonds s’utilisent de façon transparente. Pour cette répartition, le dossier a été examiné en Conseil des ministres. Ce n’est donc pas uniquement au niveau du Secrétariat permanent ou du ministère de l’Action sociale que cela a été décidé. Je pense que tout cela concourt à une plus grande transparence.

Le contribuable n’a donc pas à s’inquiéter ?

Affirmatif ! Les fonds sont gérés de manière efficiente parce qu’il y a un comité de gestion qui est là pour examiner les dossiers avant que cela ne remonte.

Y a-t-il des critères particuliers pour la répartition de ces fonds ?

C’est en fonction de nos groupes. La plus grande part va vers les personnes handicapées, qui sont très nombreuses. Il y a ensuite les orphelins. Nous avons en plus ciblé ceux qui sont scolarisés et qui ont des difficultés pour aller à l’école. Ce sont des critères choisis en fonction de l’ampleur des problèmes que chaque groupe cible rencontre.

En attendant la fin de ce mois de partage, qu’est-ce qui a été fait concrètement dans ce cadre ?

A la fin de ce mois de partage, nous ferons le point de ce qui a été fait dans les provinces et à Ouagadougou. Concrètement, au niveau central, nous avons offert des vivres à la cour de Renaissance du secteur 15 à Ouagadougou. Dans certaines provinces, il y a eu des personnalités et d’autres bonnes volontés qui ont fait des gestes de solidarité en donnant des contributions matérielles.

Allez-vous continuer à opter pour cette formule ou allez-vous retourner à la collecte de l’argent ?

Cette année, l’idée était de laisser le citoyen souffler. Certainement, l’année prochaine (en attendant que les autorités le confirment) nous allons revenir à la première formule. La vision du ministre de l’Action sociale et de la solidarité nationale est de faire en sorte que les éditions ne se ressemblent pas.

Qui veille à la régularité dans la gestion du Fonds ?

Comme je l’ai dit, l’administration du Fonds est assurée par un comité de gestion composé de 9 membres qui viennent de divers départements ministériels. Chaque année, la subvention de l’Etat est adoptée par le biais du système classique. A partir de cette subvention, le Fonds élabore son programme d’activités annuel et son budget qu’il soumet au comité de gestion qui l’examine et l’approuve. C’est après cela que nous l’envoyons au cabinet du ministre des Finances puisque le Fonds relève financièrement de ce département et techniquement du ministère de l’Action sociale. Une fois que le budget est adopté, nous l’exécutons par rapport aux activités prévues dans le programme. Il y a un contrôleur financier qui veille à la régularité des dépenses, des décaissements, des engagements et de la liquidation. A la fin de l’année, le secrétariat permanent élabore les documents d’exécution du budget, les documents de compte de gestion qu’il soumet à nouveau au Comité de gestion. Ce dernier apporte ses amendements. A ce moment les comptes sont arrêtés, le rapport d’activités approuvé et le quitus est donné au Secrétariat permanent d’exécuter.

Quelle est la procédure de décaissement ?

Nous respectons le système de marché qui a été mis en place par le ministère des Finances et du Budget. S’il y a une dépense qui excède 100 000 F CFA, nous sommes obligés de faire ce qu’on appelle un contrat. Lorsque la dépense atteint un million de F CFA, nous faisons des lettres de commande ; c’est-à-dire que nous invitons une dizaine de fournisseurs à soumettre leurs offres et nous prenons le moins disant. Au-delà de 50 millions, nous faisons un marché ouvert.

Le Fonds accepte-t-il venir en aide à des individus qui organisent des activités sociales ?

Nous accordons la priorité aux groupes défavorisés qui sont réunis en association. Si une association soumet par exemple un projet d’élevage au ministère de l’Action sociale qui nous le transmet, nous l’étudions pour voir comment agir. Si le budget de ce dossier atteint 3 millions de F CFA, nous pouvons inviter l’association à prendre un petit prêt à notre niveau et nous suivons l’exécution du projet.
L’association peut rembourser la somme annuellement pendant trois ans. Si le dossier n’atteint pas un million, nous pouvons octroyer une subvention.

Comment résoudre l’équation de la forte demande de subventions individuelles ?

Par rapport au fonctionnement du Fonds, l’une de nos difficultés est liée, en effet, au fait que nous recevons beaucoup de dossiers qui demandent des interventions individuelles. Les ressources ne sont pas suffisantes pour prendre en charge tout le monde. C’est pourquoi nous encourageons les interventions au profit des groupes défavorisés organisés en association dont les activités vont leur permettre de s’auto-promouvoir et s’auto-prendre en charge. Si nous prenions les ressources du Fonds et que nous les divisions par le nombre de cas individuels, peut-être que chacun aurait 100 F CFA. Mais si l’on arrive à aider ces associations à s’auto-promouvoir, c’est déjà quelque chose.

Par rapport au mois de la solidarité, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour remercier tous ceux qui ont contribué depuis qu’il a été institué. Je puis assurer ces contribuables que ce qu’ils donnent est en de bonnes mains. En attendant que d’autres voix plus autorisées le fassent, je tiens à leur renouveler la reconnaissance des bénéficiaires et de tous ceux qui ont ancré dans leur tête, l’esprit de solidarité. Lorsqu’on donne et qu’on donne avec la paix du coeur, c’est vraiment sans arrière-pensée. Faisons en sorte que tout citoyen burkinabè ait dans son comportement quotidien, ce geste de solidarité.

Le mois de partage prend fin le 16 janvier prochain et toutes les bonnes initiatives sont toujours les bienvenues. Soyons solidaires, car quand il y a la solidarité entre les hommes, il y a la paix. Et rien ne vaut la paix.

Propos recueillis par Alexandre Le Grand ROUAMBA

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