Actualités :: Interventions chirurgicales sur le noma et le bec-de-lièvre

Le Centre « Une vie meilleure », au secteur 25 de Ouagadougou, accueille depuis le 3 janvier 2005 une mission norvégienne qui a déjà réalisé en 5 jours plus de 64 interventions chirurgicales sur des cas de becs-de-lièvre et de noma. Ces interventions gratuites qui se dérouleront jusqu’au 15 janvier 2004 permettront aux malades d’avoir une vie plus digne.

Le bec-de-lièvre est une malformation congénitale avec donc la lèvre fendue de l’enfant (à sa naissance) à l’image de celle d’un lièvre. Quant au noma, qui est courant lors du sevrage de l’enfant (2 ans et 5 ans), il est dû à une malnutrition et à une mauvaise, voire un manque d’hygiène bucco-dentaire. C’est une maladie qui ronge le visage, a indiqué le directeur du centre « Une vie meilleure », Alexandre Tapsoba.

Des maladies comme le noma, le bec-de-lièvre sont des pathologies le plus souvent choquantes et conduisent à l’exclusion de bien de malades. Et en nous rendant dans ce centre pour voir à l’œuvre la mission norvégienne conduite par Nils H. Tronrud, forte de 10 membres, nous avons eu droit aux témoignages de certains malades, souvent les larmes aux yeux, nous racontant leur difficultés d’insertion dans leur milieu.

Sont de ceux-là, Sibila Séogo, âgé de 20 ans, atteint du noma, Tohorèta, une jeune fille de 16 ans, malade du bec-de-lièvre, venue de Dano avec son père, Germain Somé pour son intervention. Le géniteur de celle-ci relève que lorsqu’elle se rend au marché ou à tout autre lieu, elle fait l’objet de railleries par la population. En plus contrairement à toutes les filles de son âge qui sont courtisées, Tohorèta est délaissée parce qu’elle serait malade.

C’est un père soulagé et très heureux qu’on a aperçu car l’opération de sa fille fut une réussite. « Voyez comment ma fille est devenue, on aurait dit de la magie. C’est d’ailleurs ce que beaucoup de gens diront lorsque nous allons retourner chez nous. Elle a maintenant un visage plus digne et la prise en charge de l’intervention a été gratuite. Je remercie les blancs-là et le centre d’avoir donné une autre chance à ma fille », a lâché Germain Somé. A côté de lui, une femme avec son bébé dans les bras, semble plus qu’inquiète. Une soixantaine de malades déjà soulagés

Il s’agit d’Asta Tiemtoré née Ouédraogo, mère de Fayçal (11 mois), qui est atteint d’un bec-de-lièvre. Depuis le 2 janvier, elle a élu domicile au centre, attendant le tour de son nourrisson. Elle nous confia qu’elle ne sait pas ce qu’elle a fait à Dieu pour que son enfant naisse avec une telle malformation. « Après mon accouchement, lorsque j’ai vu mon enfant, je n’ai su à quel moment mes larmes ont coulé. Mon mari, aussi, en déplacement lors de la venue au monde de Fayçal, a failli pleurer lorsqu’il a vu pour la première fois son fils. On a dû s’encourager pour tenir jusqu’à présent. (NDLR : Mme Tiemtoré commença à verser des larmes et c’est lorsqu’elle retrouva sa lucidité que l’échange continua). Après mon accouchement, les mauvaises langues ont dit que cette malformation est due au port du préservatif. Une femme me dira également que c’est un sort jeté par des génies. Vraiment j’ai tout entendu sur la maladie de mon fils, heureusement que beaucoup de personnes nous ont beaucoup soutenu parmi lesquels les agents du centre « Une vie meilleure ».

Nous sommes une famille ici et dès que j’y suis arrivée, j’ai cessé de pleurer parce que j’ai vu des cas plus sérieux que celui de Fayçal. Je remercie les spécialistes norvégiens et le centre parce que sans eux, je ne sais pas ce que mon enfant deviendrait plus tard surtout avec les regards bizarres de nous, Africains ». En définitive, c’est ce lundi que le petit Fayçal sera opéré car le mercredi dernier son intervention a été reportée pour raison de paludisme. Et c’était une mère martyrisée qu’on a eu du mal à consoler.

Pour l’heure, la mission, appuyée par deux attachés de santé burkinabè, a pu opéré une soixantaine de malades du 3 au 8 janvier 2005. Les interventions, qui se poursuivront jusqu’au 15 janvier 2005, sont gratuites ainsi que la restauration. En plus, les frais de transport des patients leur sont remboursés. Depuis l’inauguration du centre le 12 février 2002, c’est au total 506 malades de noma et de bec-de-lièvre, et 136 pieds-bots qui ont été opérés.

Cyr Payim Ouédraogo
L’Observateur Paalga

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