Actualités :: Fait divers : "Ils menacèrent d’égorger le bébé"

Dans la vie, certaines personnes utilisent la ruse pour atteindre leurs objectifs. C’est l’exemple du sieur Ouédraogo Idrissa. D’autres, la violence, comme Yaméogo Daniel et Zoma Alassane, des bandits de grand chemin. Zanga Moumouni, étudiant de son état quant à lui, semble ne pas se situer dans ces extrêmes.

Il préfère appliquer à la lettre l’adage qui dit que la chèvre broute là où elle est attachée, puisqu’il faisait dans le vol des VTT de ses copains d’université. Ces individus, désormais de sinistre réputation, ont été présentés à la presse, le vendredi 30 avril au commissariat central de police de Ouagadougou.

C’est un escroc vraiment hors pair. Il s’appelle Ouédraogo Idrissa. Il n’a que 22 ans, mais est très rusé. Il opère dans toute la sous-région : au Togo, au Bénin, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Niger. Au Burkina Faso, il a utilisé le nom d’un cheik, prédicateur sur une chaîne de Radio FM, pour escroquer une Yamaha dame neuve d’une valeur de 1 500 000 à un commerçant de la place.

Il s’est d’abord présenté au cheik au téléphone en disant qu’il s’appelle El hadj Ouédraogo Amadé, maître coranique à Dédougou. Il lui disait qu’il était intéressé par ses cassettes de prédications qu’il a mises en vente sur le marché.

Mais qu’il enverrait son fils Ouédraogo Idrissa chez lui, les acheter après quoi le prêcheur aiderait son rejeton à acquérir une moto neuve. Quelques jours plus tard, effectivement, le cheik a reçu quelqu’un. En réalité, c’était l’escroc lui-même, qui s’est présenté comme étant le fils de celui avec qui il avait eu une conversation auparavant.

Après audition, le prédicateur s’est rendu compte qu’il faisait vraiment une bonne affaire, car il venait racheter ses cassettes qu’il avait déposées dans la maison de distribution Bazar Music. Après leur entretien, le cheik le fait accompagner par un guide, M. Idrissa disant ne pas connaître Ouaga, à Bazar Music où les cassettes devaient être achetées. Le "bon client" en a alors trié près de 140. Il fit faire un colis qu’il laissa sur place, promettant de revenir payer avant de les récupérer, les prétextant une course beaucoup plus urgente à faire.

Un cheik roulé dans la farine

Puisqu’il avait également parlé de motocyclette, il a demandé au cheik de lui faciliter les contacts pour en acheter une à Ouagadougou. Ce dernier a donné donc instruction à son guide de l’accompagner aux Etablissements OBOUF. Malheureusement pour l’escroc ou heureusement pour l’entreprise OBOUF, ils n’ont pas trouvé le modèle demandé. Mais il n’a pas désarmé.

Il est allé avec le guide du cheik vers un autre commerçant de la place. Là, ils ont trouvé la moto à son goût. Il a alors fait appeler le cheik par le commerçant, et les deux ont marchandé, et sont tombés d’accord sur 1 million 50 mille FCFA que l’escroc devait payer, en principe rubis sur l’ongle.

Mais il dit au commerçant que lui était très croyant, de sorte qu’avant de faire une nouvelle acquisition il se devait de la faire bénir. Il fit sortir de petits papiers d’un sachet, faisant croire à l’argent de la moto. Le commerçant appâté et mis en confiance remit donc une Yamaha neuve à son employé de commerce pour qu’il le suive avec. Le guide et l’escroc étant venus en P50, ils devaient retourner chez le cheik pour que l’employé récupère l’argent.

Chemin faisant, il a distrait et le guide, et l’employé de commerce. Vers le marché de Sankar-Yaaré, il leur a dit qu’il devait retrouver une dame qui lui avait acheté du sésame. Il voulait donc récupérer son argent avant qu’ils ne continuent leur chemin. Naturellement, il est entré dans le marché, et en est ressorti, disant qu’il n’a pas trouvé la dame.

Il leur a tendu deux bouilloires, leur disant que comme c’était l’heure de la prière, de faire leurs ablutions. En attendant, il prendra la moto pour retrouver la dame, qui n’était pas loin de là. C’est ainsi qu’il a disparu avec la moto, laissant le guide et l’employé de commerce sur place. Ils l’attendront en vain.

Naturellement, pour le commerçant, il n’y avait pas de perte, parce que c’est le cheik qui devait lui remettre l’argent. Mais il a su que tous les deux, ils ont été dupés. Le cheik ne connaissait pas en réalité celui qui est allé pour l’achat de la moto.

Dieu aidant, deux jours après, l’escroc a été pris. Comme c’était quelqu’un de connu par les services de sécurité et de recherché d’ailleurs, quand on l’a retrouvé sur une moto toute neuve, cela a intrigué les policiers. On lui a demandé à qui appartenait la moto, et il répliqua que la mobylette appartenait à son logeur ; et il donna le nom du cheik. Appelé, celui-là a demandé de le maintenir en attendant qu’ils arrivent.

Nous t’attendons au tournant

Si l’escroc Ouédraogo Idrissa utilise beaucoup de doigté pour rouler les gens, d’autres ne s’entourent pas de beaucoup de délicatesse.

C’est le cas de Zoma Alassane et Yaméogo Daniel plus un receleur du nom de Ouédraogo Séini. Les deux opèrent sur les routes à la sortie de Koudougou. Au moment où on les prennait, ils avaient à leur actif le vol de 7 cyclomoteurs et de 1 vélo retrouvé entre les mains d"un receleur à Ouagadougou.

Ce groupe, armé, se postait sous les ponts, dans les virages, à certains détours, où ils surprenaient leurs victimes, généralement à Sabou, Poa, Réo, Batondo, Sigoguim, Salvisgo, etc. C’est surtout la violence utilisée pendant leurs opérations qui nous interpelle.

Le cas patent est l’agression d’une dame sur la route de Salvisgo. Ils lui ont cassé le bras pour récupérer son engin, une P50. Mais cette dernière est restée courageusement agripée à sa moto, refusant de la leur céder. Pour venir à bout de sa résistance, ils lui ont arraché son bébé, se sont éloignés de quelques mètres, menaçant d’égorger l’enfant si la maman ne cédait pas.

La dame a donc dû remettre la moto aux bandits. Le dernier cas a eu lieu à l’université de Ouagadougou, où un étudiant en 1re année d’anglais est passé maître dans l’art de voler les VTT.

Il avait à son actif, au moment où on le prenait, le vol de 19 VTT dont 18 ont pu être récupérés. Etant un habitué du l’université, il savait que certains parkings n’étaient pas gérés : les gens y allaient et abandonnaient leurs engins sans sécurité aucune. Pendant que les autres étaient en cours, il y allait et jetait son dévolu sur un des vélos.

Si la bicyclette était cadenassée, il en brisait l’entrave. Il retrouvait plus tard un mécanicien, et avec un faux cachet, ils faisaient un reçu. Ainsi, il écoulait les VTT. Bien qu’il fût étudiant, il circulait sur une Yamaha dame, laquelle, disait-il, lui avait été offerte par ses parents. Ce dont on peut douter légitimement.

Chris Olsen
L’Observateur

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