Actualités :: Boucle du Mouhoun : Inondations enregistrées en 2022, une catastrophe (...)

Les pertes sont astronomiques : plus de 14 670 tonnes, toutes spéculations confondues et environ 5 881 têtes d’animaux, selon les statistiques de la direction régionale de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques de la Boucle du Mouhoun à la date du 4 novembre 2022. Ce sont là, les dégâts, encore susceptibles d’évoluer, causés par les inondations que la région a enregistrées au cours de la campagne agricole 2022 qui s’achève. Face à cette catastrophe, l’urgence est d’appuyer les producteurs sinistrés à se remettre au travail, selon le directeur régional chargé de l’agriculture, Minyemba Souobou, que Lefaso.net a rencontré le vendredi 02 décembre 2022.

5 393 producteurs agricoles et pastoraux dont 1 279 femmes ont tout ou partie perdu de leurs productions dans la région de la Boucle du Mouhoun. La cause de cette catastrophe, ce sont les inondations survenues dans la région courant les mois d’août et septembre 2022. Elles ont été provoquées par les débordements des cours d’eau comme le fleuve Mouhoun et la rivière Le Grand Balé. Selon Minyemba Souobou, directeur régional en charge de l’agriculture de la Boucle du Mouhoun, les producteurs sinistrés se recrutent essentiellement dans quatorze communes sur les quarante-sept que compte la région. « Toutes les localités qui partagent des limites avec ces cours d’eau ont été affectées par les inondations », a-t-il laissé entendre.

Une plantation de bananiers dévastée par les eaux dans les encablures du village de Badala

Des dégâts toujours à recenser

Affirmant que les données sont toujours évolutives, le directeur régional indique que les recensements réalisés à ce jour par les services régionaux de l’agriculture font état de plus de 18 876 hectares de superficies agricoles touchés. Il ressort des mêmes données que sur les 18 876 hectares, les productions agricoles de 8 260 hectares ont été déclarées totalement perdues par les producteurs. Au même moment, la superficie totale engloutie par les eaux dans la région, suite aux inondations, dépasserait la barre des 61 000 hectares.

A l’image de ce bovin piégé par les eaux, ce sont près de 6 000 têtes d’animaux qui ont été emportés par les inondations survenues dans la Boucle du Mouhoun en 2022

Le riz, le mil, le maïs, le sorgho, le coton, l’arachide, le niébé, le sésame et la culture fruitière notamment la banane sont entre autres les principales cultures concernées par les pertes. L’énormité des pertes fait dire à bien des acteurs que de mémoire d’hommes, la région de la Boucle du Mouhoun n’a pas encore connu des inondations d’une telle ampleur. Selon Sayouba Kindo, cultivateur à Badala, localité rurale située à une quinzaine de kilomètres de de la ville de Dédougou, jamais il n’a vu le fleuve Mouhoun sortir de son lit et « s’étendre sur plus de trois kilomètres de part et d’autre de ses berges ». Le témoignage de cet agriculteur qui a confié avoir perdu entièrement 10 hectares de sa production agricole semble confirmé par l’avis des techniciens du domaine agricole. « Les inondations de cette année pourraient se comparer à celles de 1999. Là, il y avait eu des crues spectaculaires aussi. Mais l’ampleur n’atteignait pas celles de cette année », a révélé Minyemba Souobou.

Le secteur de l’élevage a payé un lourd tribut

Dans leur furie dévastatrice, les eaux ont piégé des fermiers. Elles ont ainsi provoqué d’énormes pertes. Selon les données de la direction régionale en charge des ressources animales de la Boucle du Mouhoun, les dégâts à ce niveau sont de l’ordre de 408 têtes de bovins, 1 019 têtes de petits ruminants, 145 têtes de porcins, 23 têtes d’asins et 4 286 têtes de volaille emportées par les eaux. Au total, ce sont près de 300 éleveurs qui ont vu leur production se dissoudre. A cela s’ajoute la perte de plus de 1 589 tonnes de matière fourragère sèche.

Minyemba Souobou, directeur régional en charge de l’agriculture de la Boucle du Mouhoun

A en croire Monsieur Souobou, les producteurs ou encore les ménages directement victimes de la catastrophe sont dans une situation assez difficile au point qu’ils pourraient traverser des situations de crise alimentaire. Toutefois, il rassure que la production céréalière dans la région au cours de la campagne agricole qui s’achève est globalement satisfaisante pour mettre les populations à l’abri d’une éventuelle famine.

« Accompagner les producteurs agricoles et les éleveurs sinistrés à se relever », c’est la préoccupation pressante des services régionaux de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques de la Boucle du Mouhoun. Dès la survenue des inondations, lesdits services ont immédiatement procédé au recensement des acteurs sinistrés là où cela était possible. Minyemba Souobou a affirmé que des mesures et des conseils ont été prodigués aux éleveurs pour éviter la survenue des épizooties qui pouvaient être des facteurs aggravants dans les pertes d’animaux. Quant aux agriculteurs, ils ont bénéficié des appuis en conseil pour sauver ce qui pouvait encore l’être, selon les dires du directeur régional. « Des producteurs ont eu le courage d’aller récolter avec des pirogues, c’est sur la base de nos conseils », a-t-il déclaré.

Producteur agricole à Badala, Sayouba Kindo fonde son espoir sur une intervention de l’Etat pour aider les sinistrés à se remettre de la catastrophe.

Focus sur le relèvement des sinistrés

Au titre du relèvement des producteurs sinistrés, le premier responsable en charge de l’agriculture dans la région de la Boucle du Mouhoun a soutenu qu’avec l’adoption par le gouvernement du plan de soutien à la campagne sèche, les acteurs sinistrés pourront bénéficier d’accompagnement en vue de pouvoir reprendre le travail. Néanmoins, ce dernier a jugé insuffisants les moyens disponibles en considération des besoins des producteurs. « Ce sont les moyens que nous recevons du ministère qui vont permettre d’accompagner dans une certaine mesure les sinistrés. Ce n’est vraiment pas évident parce que les besoins sont très énormes », a fait savoir le directeur régional avant d’appeler à l’aide. « Toute structure, toute ONG ou tout projet qui pourrait nous accompagner dans le relèvement de ces acteurs-là sera vraiment la bienvenue », a-t-il lancé.

Pour barrer la voie à de telles catastrophes à l’avenir, le directeur régional en charge de l’agriculture pense à des actions de mitigation. « Qui parle d’actions de mitigation, parle de mesures à prendre pour réduire considérablement soit la survenue de ces catastrophes soit réduire l’impact qu’elles peuvent provoquer. Et pour réduire l’impact, c’est peut-être sensibiliser les acteurs à respecter la règlementation sur l’utilisation et la gestion des berges au niveau des cours d’eau », a-t-il conclu.

Yacouba SAMA

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