Actualités :: Pneumonie : Premier motif d’hospitalisation au Burkina Faso en (...)

En 2020, la pneumonie était le premier motif d’hospitalisation dans les centres médicaux et les hôpitaux au Burkina Faso devant l’angine et le paludisme grave. En tout, 239 047 personnes ont été hospitalisées dont 92 920 enfants de 1 à 4 ans, selon l’annuaire statistique du ministère de la Santé en 2020. L’on peut prévenir cette infection respiratoire aiguë par la vaccination et une bonne hygiène de vie, à en croire le Professeur Georges Ouédraogo, pneumologue et tabacologue en service au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo. Dans le cadre de la journée mondiale de la pneumonie, célébrée chaque 12 novembre, il nous a accordé un entretien.

Lefaso.net : Qu’est-ce que la pneumonie ?

Professeur Georges Ouédraogo : L’appareil respiratoire est composé essentiellement des voies respiratoires d’une part et aussi des deux poumons que nous connaissons. Et la pneumonie va surtout toucher les deux poumons. Et à l’intérieur des poumons, c’est la terminaison des voies respiratoires qu’on appelle les alvéoles qui vont être colonisées par les microbes et la maladie va être localisée au niveau du poumon. C’est pourquoi on parle de pneumonie.

Quelles sont les causes de cette maladie ?

Les causes sont multiformes et variées. Ce sont surtout les causes infectieuses, liées donc à des microbes. Ça peut être des virus, des bactéries, des parasites… Il y a toutes ces causes-là qui viennent coloniser le parenchyme pulmonaire et entraîner la maladie.

Quels sont ses symptômes ?

Il y a la toux qui va se manifester d’une part et la toux peut être productive. C’est-à-dire que la personne va tousser et rejeter des sécrétions qui viennent du poumon. Il y a aussi la fièvre et d’autres signes comme la fatigue.

Est-ce une maladie contagieuse ?

Oui, elle est contagieuse. Je parlais tantôt de toux. L’on va rejeter des gouttelettes qui contiennent le virus. Si je prends l’infection à SARS-CoV-2, on dit de porter un masque de protection pour éviter que les gouttelettes ne touchent une personne à côté de vous. Pour la tuberculose par exemple, on a des techniques de tousser pour empêcher que ces gouttelettes ne soient en aérosol dans l’ambiance qui entoure la personne malade.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic se fait déjà par les signes fonctionnels. Le malade va dire, je tousse, j’ai de la fièvre. Et quand on va examiner la personne, on va trouver des signes qui sont localisés au niveau du parenchyme pulmonaire. La radiographie pulmonaire et les examens biologiques vont venir confirmer le diagnostic. Et cela est assez aisé quel que soit le centre de santé.

Quelles sont les complications de la maladie ?

Ce qu’on redoute le plus, c’est la septicémie dans ce sens que le microbe va se disséminer dans le sang et aller toucher d’autres organes. C’est ce que l’on craint le plus, mais il y a aussi le fait que ça peut creuser une cavité en quelque sorte à l’intérieur du poumon et donner ce qu’on appelle un abcès du poumon. Ça peut aussi se diffuser pour aller toucher les enveloppes du poumon, la plèvre et il y aura de l’eau. On parle donc de pleurésie possible. Voilà donc quelques complications qui concernent donc la pneumonie.

Quelles sont les personnes à risques ?

Les personnes à risque, ce sont surtout les enfants de moins de cinq ans et les personnes âgées de plus de 65 ans. Ce sont les extrêmes. Mais entre ces extrêmes, il y a des personnes porteuses d’autres maladies : ceux qui ont par exemple une insuffisance cardiaque, une insuffisance respiratoire, ceux qui ont le diabète qui n’est pas équilibré, ceux qui ont une maladie liée à une baisse du système de défense comme l’infection à VIH. Voilà les personnes qui sont les plus exposées à cette maladie. Parmi les facteurs favorisants, il y a également l’hygiène du milieu, la précarité, les personnes qui consomment de l’alcool ou qui fument. La consommation du tabac est aussi un facteur qui favorise l’installation de la pneumonie.

Comment prévenir la maladie ?

Il y a des vaccins qui existent et qui ciblent d’ailleurs les extrêmes, les moins de cinq ans et les plus de 65 ans. Il y a le vaccin antipneumococcique qui est dans le programme élargie de vaccination au Burkina Faso et qui touche donc les enfants de moins de cinq ans. Les vaccins sont là et les conseils d’hygiène de vie permettent d’éviter la maladie comme arrêter la consommation de tabac, réduire ou arrêter la consommation d’alcool. Il faut également respecter les conseils des médecins si vous avez l’infection à VIH ou si vous êtes diabétique, une insuffisance rénale, etc. Respectez les conseils pour que tout soit plus ou moins équilibré. Cela vous permet de lutter efficacement contre les germes qui causent la pneumonie.

Existe-t-il des statistiques sur le nombre de malades ou de décès liés à la maladie au Burkina ?

Le ministère de la Santé publie chaque année l’annuaire statistique. En 2020, concernant les consultations externes reçues dans les différents centres de notre pays, la pneumonie vient en deuxième position, mais quand on voit ceux qui sont admis déjà en hospitalisation, la pneumonie vient en première position. Grosso modo, chaque année, on va recruter environ cinq millions de cas de pneumonie tant en consultations externes qu’en hospitalisation. C’est un problème de santé publique pour notre pays et pour tous les pays du monde.

Avec l’harmattan qui s’installe, quels conseils avez-vous à l’endroit des Burkinabè ?

L’harmattan est un vent qui est tantôt chaud, tantôt sec et qui va donc emporter des particules qui peuvent être végétales, animales et autres. Ces particules contiennent souvent des microbes que nous pouvons inhaler. Les conseils que l’on peut donner, c’est déjà de porter le masque. Je crois qu’avec le covid-19, on a déjà un bon réflexe qui est de porter le masque en cette période quand on marche, ou qu’on est à moto, à vélo ou en voiture. Il faut bien s’hydrater, bien se couvrir. Cela aide les uns et les autres à éviter d’entrer en contact avec des microbes qui peuvent venir déséquilibrer le mécanisme de défense de notre appareil respiratoire.

Chaque année, le monde célèbre la journée de la pneumonie. Avez-vous un message à l’endroit des populations ?

Comme je l’ai dit, c’est vraiment un problème de santé publique. Selon les statistiques, il y a près de deux millions de décès chez les enfants de moins de cinq ans. Dans notre pays aussi les enfants de moins de cinq ans sont vraiment touchés et il est bon que les gens adhèrent au vaccin pour les enfants surtout. Que les personnes âgées puissent se faire vacciner et je crois que cela va nous aider à vivre plus longtemps, à nous éloigner de cette maladie. Je recommande aux gens de ne pas pratiquer l’automédication dès qu’ils ont des signes, mais d’aller dans un centre de santé pour bénéficier d’un traitement approprié.

Herman Frédéric Bassolé

Lefaso.net

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