Actualités :: Projet de renforcement de la cohésion sociale et de la stabilisation du (...)

A l’initiative de Expertise France, le CENASA a projeté dans la soirée de ce 29 septembre 2022, un documentaire portant sur le dispositif de chantiers-formation mis en œuvre dans le cadre du projet Renforcement de la cohésion sociale et de la stabilisation du Centre-nord (RENCOSS) lancé en 2021.

Cette séance de projection-débat du documentaire organisée en collaboration avec l’Union européenne visait deux objectifs spécifiques. Il s’agissait d’une part de partager avec les différents acteurs l’expérience du projet Renforcement de la cohésion sociale et de la stabilisation du Centre-nord (RENCOSS) et d’autre part, de sensibiliser et de valoriser auprès du grand public, la voie professionnelle. A l’occasion, plusieurs personnalités ont fait le déplacement au CENASA. Une cérémonie rehaussée également par la présence du gouverneur de la région du Centre-nord, et du représentant du ministère de la Jeunesse et de l’emploi.

Vue des participants

La vidéo qui a duré 25 minutes a montré comment ce projet a amélioré les conditions de vie des populations en général et celles des femmes, des jeunes et des personnes déplacées internes (PDI) en particulier. « Ayant obtenu un numéro UFI et un registre de commerce à la fin de ma formation, expertise France Burkina Faso m’a octroyé la somme de 50 000 francs CFA pour démarrer mon activité dans le domaine de la restauration. Je vends au minimum un sac de riz par jour. Également, j’arrive à écouler 40 miches de pains en une heure. Ce qui sous-entend que mon activité est florissante. En ma qualité de bénéficiaire de l’agence publique au Burkina Faso, j’ai obtenu un marché de près de trois millions de francs CFA en pause-café dans la ville de Kaya », a témoigné la restauratrice Aminata Ouédraogo. Elle a fui Barsalogho abandonnant son champ et ses animaux pour se réfugier dans « la cité du cuir ». Avec toutes les difficultés qu’elle a connues de par le passé, Mme Ouédraogo est aujourd’hui un bel exemple de réussite. Généreuse, elle n’hésite pas à tendre la main par moment à « ses sœurs » qui peinent à joindre les deux bouts. Dans son restaurant, dame Ouédraogo emploie cinq jeunes filles déplacées internes. Elle nourrit de grandes ambitions : ouvrir d’autres restaurants à Kaya mais aussi à Barsalogho à la fin de « la tempête arabe ».

Selon Alimata Ouédraogo, le projet a changé sa vie et celle de ses parents

1 500 emplois créés

D’une durée de deux ans, le projet RENCOSS a été lancé en 2021 dans la région du Centre-nord confrontée aux attaques terroristes qui touchent notamment les populations civiles, créant du même coup d’importantes migrations internes et aggravant un marché de l’emploi déjà fragile. Il entend contribuer à la stabilisation de la région. « Ce projet a été implémenté et réfléchi dans le but d’accompagner aussi bien les personnes déplacées internes que les populations-hôtes dans les 14 communes de la région du Centre-nord. Le conseil régional du Centre-nord et les autorités de ces différentes communes soutiennent ce projet », a indiqué le chef du projet, Aboubacar Sawadogo.

Nous sommes exactement à 32 jours de la fin du projet, informe Aboubacar Sawadogo

Pour atteindre cet objectif, le projet RENCOSS travaille sur deux volets essentiels : le développement des capacités entrepreneuriales des jeunes, des femmes et des moins jeunes qui ont été mobilisés pour les actions de formation, et le déploiement des activités d’animation socioculturelles dans le but de renforcer la cohésion sociale entre les PDI et les populations-hôtes. Les acteurs locaux (OSC, collectivités territoriales, conseils régionaux) sont au cœur de cette animation. En une année et demie, ce projet affiche plusieurs résultats concrets. « En attendant que des études scientifiques viennent corroborer ce que nous disons, nous pensons qu’il y a des motifs de satisfaction parce que nous sommes largement au-delà des indicateurs qui étaient prévus au départ. Pour un objectif de 4 000 personnes à former nous sommes à plus de 4 500 et ce dans 34 métiers. En matière d’insertion aussi, c’est vrai on n’a pas une visibilité claire là-dessus pour le moment mais il y a eu un certain nombre de partenariat avec des coopératives sœurs notamment des ONG et associations locales qui ont permis d’insérer pas mal de personnes que nous avons formé aussi bien à l’emploi salarié qu’à l’auto-emploi », a confié le chef de projet.

Des pistes de perspective

L’ambassadeur de l’Union européenne, Wolfram Vetter, suit de près la mise en œuvre des activités de ce projet. « Je suis très content et très fier que mon institution ait pu accompagner ce projet de formation de jeunes avec des résultats très concrets. Près de 5 000 jeunes formés et 1 500 emplois créés. Ça c’est déjà bien. Deuxièmement, c’est impressionnant de voir que les activités ont pu se dérouler dans des zones difficiles voir fragiles. En plus de donner des perspectives, ce projet permet aux PDI de retrouver leur dignité et mener des activités génératrices de revenus. Ça c’est très important », a souligné l’ambassadeur Vetter.

L’ambassadeur de l’Union européenne, Wolfram Vetter, a invité les personnes formées dans le cadre de ce projet à persévérer dans leurs compétences acquises

Convaincue qu’en offrant des opportunités économiques aux jeunes et aux femmes, l’Union européenne contribue auprès des autorités burkinabè, à la construction de la paix et de la stabilité du pays. Au regard de l’impact positif du projet RENCOSS, il y a une perspective de pérenniser l’initiative. Actuellement, expertise France Burkina Faso est en train de discuter avec l’Union européenne dans le cadre d’un grand programme qui va accentuer ses efforts sur l’axe Ouaga-Kaya-Dori, afin de mieux contribuer à la stabilisation du pays et au bien-être des populations burkinabè. Les interventions se feront de concert avec les État membres de l’Union européenne présents au « pays des hommes intègres », dans le cadre de la « Team Europe », afin d’avoir plus d’impact.

La projection du documentaire a été suivie d’un panel animé sous la modération du directeur général de la télévision Burkina Info, Ismaël Ouédraogo. Les panelistes étaient au nombre de trois. Il s’agit notamment de Aminata Ouédraogo, restauratrice au sein d’une coopérative à Kaya, Boubacar Bâ, conseiller en emploi et en formation, par ailleurs directeur du Centre de formation professionnelle de référence de Ziniaré et enfin le directeur de l’Action économique du conseil régional du Sahel, Cheick Moussa Traoré. Les échanges étaient, entre autres, axés sur le système de recrutement des bénéficiaires du projet, la formation dispensée et la mise en œuvre du projet.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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