Actualités :: Dori (Burkina Faso) : La coalition des OSC et des syndicats apporte des (...)

Dans une déclaration parvenue à la rédaction du Faso.net ce 2 septembre 2022, la coalition des organisations de la société civile et des syndicats du Sahel revient sur les événements qui se sont déroulés lors de la marche pacifique tenue le 27 août dernier et qui a été jugée illégale par les autorités de la région. Elle apporte un démenti et donne sa part de vérité. Selon elle, la coalition a bel et bien eu une autorisation des autorités, notamment de la délégation spéciale, avant de tenir sa marche pacifique. Plus de précisions dans la déclaration ci-après.

Déclaration sur la marche pacifique du samedi 27 août à Dori

Le samedi 27 août 2022, une Coalition des organisations de la société civile et des syndicats du Sahel a organisé une marche pacifique pour dénoncer la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans toute la région du Sahel. A l’issue de la marche, une lettre adressée au Chef de l’Etat devrait être lue et transmise au Gouverneur de la région du Sahel.

Le mardi 23 août 2022, une lettre d’information a été déposée à la Mairie de Dori, au Gouvernorat du Sahel, au Haut-Commissariat du Seno, à la Direction Régionale de la Police Nationale et à la Brigade Territoriale de la Gendarmerie Nationale de Dori afin de satisfaire les procédures administratives préalables nécessaires en matière de manifestation publique, informant ainsi les autorités de la marche, ses motifs, ses date et heure ainsi que de l’itinéraire.

Le vendredi 26 août, le préfet de Dori, par ailleurs, président de la Délégation Spéciale de la commune de Dori a organisé une rencontre entre les organisateurs de la marche, les autorités municipales et policières afin de préparer ensemble la marche pacifique. A la fin de la rencontre, la mairie nous a remis une note signée du président de la Délégation Spéciale de la commune de Dori dans laquelle il accuse réception de notre lettre d’information et nous engage au respect de l’itinéraire, de l’ordre public et la sécurisation de la marche du début jusqu’à la fin.

Le jour de la marche pacifique, comme prévu, les populations se sont massivement rassemblées par centaines au rond-point Hama-Arba-Diallo et ont suivi l’itinéraire prévu en prenant la route nationale numéro 3 jusqu’au rond-point du Berger en le contournant pour se rendre au Gouvernorat. L’ensemble du parcours s’est effectué sans aucun incident, de manière totalement pacifique. Après avoir lu et traduit en langue locale le contenu de la correspondance devant les manifestants, les organisateurs s’attendaient à voir le Gouverneur sortir comme cela est de tradition pour recevoir la lettre adressée au Chef de l’Etat. A la surprise générale, les envoyés du gouverneur demandent à la délégation de rentrer dans la cour du Gouvernorat.

Malgré des avis divergents et les risques de débordement de la foule, les organisateurs ont accepté faire ce pas de plus. Une fois dans la cour du Gouvernorat, la délégation a été surprise de ne pas voir le gouverneur et d’entendre l’ordre qui leur est intimé de rentrer dans le bureau de celui-ci. Les organisateurs ont à juste titre, demandé aux envoyés du Gouverneur de lui rappeler la tradition en matière de marche pacifique et lui demander de sortir sous le hall du Gouvernorat recevoir la lettre. Contre toute attente, l’un des envoyés du gouverneur nous a traités d’être dans une position « illégale » avant d’ajouter que le Gouverneur ne sortira pas. Suite à ces propos désobligeants et à cette attitude de mépris, les organisateurs conscients de leurs responsabilités envers les manifestants ont rebroussé chemin et rendu compte à l’assistance en invitant chaque manifestant à la retenue et à rentrer tranquillement et en bon ordre à la maison en attendant les prochains mots d’ordre.

Plus tard, c’est avec étonnement que nous avons entendu les propos du gouverneur qui s’est hâté à travers les médias en disant que « la marche est illégale », qu’il a abandonné une activité de « l’opération mana mana » pour nous attendre et que c’est nous qui refusons le dialogue. Il est mal aisé de comprendre aujourd’hui une autorité nous parler de légalité alors même que nous avons observé les procédures administratives prévues et que nous sommes sous un régime installé par la force des armes.

Quant à « l’opération mana mana », nous voudrions dire sinon rappeler au Gouverneur que dans la région du Sahel, la préoccupation des populations sahéliennes, loin d’être l’insalubrité, c’est l’insécurité et la situation humanitaire désastreuse auxquelles l’Etat peine à apporter une solution. De plus, comment le Gouverneur explique-t-il le fait que nous soyons entrés jusque dans la cour du Gouvernorat si nous ne voulions pas le rencontrer ? Enfin, si le gouverneur semble occulter cette partie, nous avons clairement exprimé, à ses envoyés, notre bonne disposition et notre entière disponibilité au dialogue au cas où il nous inviterait.

Au regard de tout ce qui précède, la Coalition des organisations de la société civile et des syndicats du Sahel :

Félicite et remercie les populations du Sahel pour leur forte mobilisation et leur sens élevé de responsabilité durant toute la marche ;

Condamne l’attitude méprisante du gouverneur du Sahel et lui appelle lui et ses supérieurs à tirer toutes les conséquences y afférentes ;

Rappelle au gouverneur du Sahel que nos structures ont toujours organisé en toute responsabilité des manifestations pacifiques avant lui et qu’elles continueront bien après lui ;

Invite les populations du Sahel à rester mobilisées et prêtes à des actions futures ;
Informe l’opinion publique de la création d’un vaste organe régional de veille citoyenne ;

Prend l’opinion publique à témoin de la responsabilité des autorités de tout ce qu’il adviendra.

Vive le Faso
Vive le Sahel

La Coordination

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