Actualités :: Bobo-Dioulasso : Des délégués syndicaux dénoncent des velléités de remise en (...)

La coordination nationale de l’Unité d’action syndicale a tenu, ce samedi 13 août 2022 à Bobo-Dioulasso, une assemblée générale avec les délégués syndicaux et les délégués du personnel de la ville de Sya. Cette rencontre a essentiellement porté sur la situation nationale. Au cours de cette assemblée générale, la coordination a relevé des « tentatives de remise en cause des droits et acquis des travailleurs, mais aussi un manque de considération à l’endroit des syndicats ».

Cette assemblée générale est la toute première d’une série de rencontres dans les différentes régions du Burkina Faso. Elle donne ainsi l’occasion aux délégués syndicaux et militants de la coordination d’échanger sur un certain nombre de points de la vie syndicale, mais aussi sur la situation nationale. A Bobo-Dioulasso, elle a été le lieu, pour les premiers responsables de la coordination nationale, de faire le point des relations que l’Unité d’action syndicale (UAS) entretient avec les nouvelles autorités.

Les militants de la coordination de l’UAS des Hauts-Bassins sortis nombreux pour l’assemblée générale

Selon le porte-parole de la coordination de l’UAS, Olivier Guy Ouédraogo, avec l’avènement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), les nouvelles autorités avaient invité l’UAS à accompagner le gouvernement et à faire des propositions pour la transition. « Nous avons poliment décliné l’offre en indiquant que nous nous en tenions à notre mission de défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs, mais aussi de veille citoyenne », a-t-il laissé entendre, avant de déplorer le fait que les syndicats n’aient pas été associés aux rencontres sur la fixation des prix des produits de grande consommation. Face à ce fait, l’UAS aurait demandé des audiences avec le Premier ministre Albert Ouédraogo, sans suite favorable.

« Le chef du gouvernement a signé une lettre adressée à l’UAS dans laquelle il prétexte un agenda chargé pour nous renvoyer au ministre en charge du Travail. En réponse, nous lui avons gentiment dit que l’UAS n’éprouve aucune difficulté particulière à rencontrer le ministre en charge du Travail et que, prenant acte des contraintes liées à son agenda, nous nous imposerons de patienter jusqu’à ce qu’il trouve du temps pour nous écouter », a déploré le porte-parole de la coordination.

Le porte-parole de l’UAS, Olivier Guy Ouédraogo

Une situation nationale délétère

Face aux multiples attaques terroristes enregistrées au Burkina, les délégués syndicaux n’ont pas manqué d’interpeller les autorités de la transition à plus d’actions pour le retour de la paix et de la sécurité. Ils estiment que plus de six mois après le putsch, la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée. « Pire, elle s’est considérablement détériorée. Près de la moitié du territoire national est hors de contrôle, avec des terroristes qui mettent tout en œuvre pour isoler les grandes villes. Sans oublier le fait que nous assistons au contrôle de certains axes routiers et à la destruction d’infrastructures vitales par les groupes armés », a déploré Olivier Guy Ouédraogo.

Selon lui, face à la crise sécuritaire du pays, ajoutée aux effets de la guerre Russie-Ukraine, il faut craindre pour la période de soudure l’année prochaine. Car, prévient-il, « la présente campagne agricole, marquée par l’impossibilité pour de nombreux producteurs d’exploiter leurs terres, et l’indisponibilité et l’inaccessibilité des engrais, connaîtra à coup sûr un gros déficit ». Aussi, la coordination s’est prononcée sur le processus de réconciliation nationale enclenché par le président Damiba. Pour elle, le fait de faire venir l’ancien président Blaise Compaoré au Burkina en dépit du fait qu’il soit sous le coup d’une condamnation judiciaire et d’un mandat d’arrêt international est une « prime à l’impunité ». « Toute chose qui achève de convaincre les plus sceptiques sur les motivations et les plans réels du MPSR, à savoir la restauration de l’ancien régime Compaoré », a laissé entendre Olivier Guy Ouédraogo.

Au cours de cette assemblée générale, l’Unité d’action syndicale a aussi noté des tentatives de remise en cause des droits et acquis des travailleurs et un manque de considération à l’endroit des syndicats. « Le gouvernement envisage des mesures qui vont remettre en cause les droits et acquis des travailleurs. Il s’agit du projet de décret portant définition de critères d’octroi de la prime de bilan au sein des sociétés d’Etat et établissements publics de prévoyance sociale et d’autres mesures annoncées au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche », a souligné le porte-parole de l’UAS, Olivier Guy Ouédraogo.

Les militants de la coordination de l’UAS des Hauts-Bassins ont salué l’initiative de la rencontre

Ces mesures, dit-il, vont réduire davantage le pouvoir d’achat et rendre encore plus dures les conditions de vie et d’études. « Elles constituent d’une part un risque de trouble de la paix sociale et une sérieuse menace contre l’enseignement supérieur et la recherche dans notre pays. Ces mesures impopulaires sont en réalité la reprise et la poursuite de la politique de réduction des rémunérations des travailleurs, entreprise par le pouvoir MPP. Dans le contexte actuel d’insécurité et de renchérissement continu du coût de la vie, il n’est pas indiqué de chercher à réduire le maigre pouvoir d’achat des travailleurs et des populations », a-t-il fait savoir.

Le porte-parole de la coordination a invité ses camarades à la vigilance, à la cohésion sociale et à la mobilisation en vue d’une unité d’action. « Nous sommes à un tournent décisif de l’histoire du Burkina Faso. Face à la dégradation de la situation sécuritaire et aux tentatives de remise en cause des droits et acquis des travailleurs, l’UAS vous invite à la vigilance, à la cohésion et à la mobilisation en vue d’une unité d’action. Il est impératif de se mobiliser pour les actions qui s’imposent à nous en vue de la prise en compte de nos préoccupations dans la perspective d’une réaction à la hauteur des défis qui se posent aujourd’hui au peuple », a-t-il lancé à ses camarades. Olivier Guy Ouédraogo a salué la mobilisation des militants de la coordination de la région des Hauts-Bassins pour cette assemblée générale.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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