Actualités :: Formation et insertion professionnelle au Burkina Faso : Plus de 6 000 (...)

Aviculteur à Sogpelcé dans la commune de Thyou, Yembi Rouamba avait du mal à joindre les deux bouts avec un cheptel d’à peine une trentaine de volailles. Depuis sa rencontre avec le Programme d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage de type dual (PAFPA Dual), il a perfectionné son savoir-faire et gagné en maturité. Aujourd’hui, il dispose de 450 têtes de volailles (pintades, poules locales et pondeuses). Tout comme lui, 6 251 jeunes et femmes ont été formés par ce programme dans plusieurs secteurs : agroalimentaire, agro-sylvo-pastoral, mines, bâtiment et travaux publics, artisanat, énergies renouvelables.

C’est un secret de polichinelle. Au Burkina Faso, les entreprises et les jeunes diplômés se trouvent confrontés, et ce, depuis longtemps, au problème de l’inadéquation entre la formation et les compétences attendues sur le marché. C’est dans un tel contexte qu’est né le Programme d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage de type dual (PAFPA Dual) dont l’ambition est de former 8 000 jeunes dont 50% de femmes de 15 à 35 ans dans la Boucle du Mouhoun, le Centre-Sud, les Cascades, les Hauts Bassins, le Centre et le Centre-ouest. Fruit d’un tandem entre le ministère en charge de la jeunesse, le Conseil national du patronat burkinabè, et la Coopération suisse, partenaire financier, le PAFPA Dual promeut une formation alliant 20% de théorie dans les centres de formation et 80% de pratique en entreprise.

Depuis son lancement en février 2019, et malgré la maladie à coronavirus intervenue une année après, le PAFPA Dual a engrangé plusieurs acquis. En vue de confronter la réalité du terrain d’avec les rapports qui leur sont soumis, les membres du Comité technique de suivi et d’orientation (CTSO) du programme, avec à leur tête, Issa Compaoré, ont effectué, du 28 juin au 2 juillet 2022, une mission à la rencontre de quelques bénéficiaires à Ouagadougou, Sakoinsé, Sogpelcé, Toussiana, Kiri et Bobo-Dioulasso.

Vue partielle de membres du Comité technique de suivi et d’orientation du PAFPA Dual

Plus de maturité dans la transformation de fruits et légumes

Dans la capitale burkinabè, la mission s’est d’abord rendue chez Aïssata Porgo, promotrice de Nour Délices, située dans l’arrondissement 9 de Ouagadougou. Malgré ses 30 années d’expérience dans la production de jus à base de fruits, elle a saisi l’opportunité offerte par le PAFPA Dual pour grandir. « Grâce à cette formation, j’ai pu développer mon unité de transformation. Je fais du jus 100% naturel d’une dizaine de saveurs de mangue, d’ananas, de liane, de kinkéliba (tisane de longue vie), de petit cola, de tamarin, etc. Je produis en moyenne 25 à 30 cartons de jus de 24 bouteilles par jour », a confié Mme Porgo qui emploie six personnes.

Formée par le Centre de formation professionnelle agricole, animale et alimentaire (CFP3A), elle a également bénéficié, de la part du PAFPA, d’un kit composé d’un pasteurisateur muni de foyer, d’un PH Mètre, un thermomètre et une capsuleuse manuelle d’une valeur de 400 000 FCFA. L’ambition de Dame Porgo est de grandir davantage et de toucher l’international. Et pour ce faire, elle a plaidé accompagnement du programme pour la formation en marketing.

Mme Aïssata Porgo transforme les fruits et légumes depuis trois décennies (2)

Associées et ambitieuses

Même doléance chez Fatimata Gansonré et Alimata Kaboré, deux femmes que le destin a réunies alors qu’elles menaient des activités différentes : l’une étant vendeuse de fruits et l’autre restauratrice. Après avoir suivi huit mois de formation dont six mois de pratique, elles ont créé JUMAMI, une unité de transformation d’une dizaine de saveurs de fruits et légumes en jus, installée au quartier Sinyiri.

Avec un appui du PAFPA Dual à hauteur de 800 000 FCFA, elles ont pu acquérir des récipients, du matériel de transformation et des appareils de mesures. Grâce à leur courage et leur volonté, elles ont remboursé, au bout d’une année, le prêt de 2 500 000 FCFA qu’elles avaient emprunté à une institution de microfinance ; cette dernière leur a de nouveau fait confiance avec une enveloppe de 4 500 000 F CFA.

Les promotrices de l’unité de transformation Jumami ont présenté leurs produits aux membres de la mission

La volonté malgré la distance

La tournée de la mission s’est poursuivie au sein de l’entreprise CAPELEC, spécialisée dans l’électronique, l’automatisme, la domotique, le contrôle d’accès et la communication visuelle. Située à Wemtenga, cette entreprise emploie un bénéficiaire du programme du nom de Sidiki Ki. Titulaire d’un Brevet de qualification professionnelle (BQP), il a été formé en construction métallique (soudure) par l’Association des ouvriers du BTP (AOBTP).

« La formation s’est bien passée ce qui m’a permis de décrocher un emploi à CAPELEC. Ce n’était pas facile au début. Le centre de formation est situé à Kamboinsin, au nord de Ouagadougou. Je quittais Balkuy (sud de Ouagadougou) pour y aller. Beaucoup ont dû abandonner en chemin, mais pas moi », a indiqué le jeune soudeur dont le sérieux et la compétence ont été salués par son employeur.

L’apprenant Sidiki Ki dans l’atelier de l’entreprise CAPELEC

64 jeunes formés à la maintenance des systèmes photovoltaïques et en électricité

D’autres jeunes connus pour leur sérieux, munis de leurs outils d’électricien, s’affairaient lorsque les membres du CTSO ont foulé le sol de l’atelier de l’entreprise formatrice CECOMA Génimec Sarl. Dans ce temple du savoir, 64 jeunes ont été formés en deux groupes : 47 jeunes en apprentissage de trois mois et 17 jeunes en perfectionnement d’un mois. Après leur formation, certains se sont lancés à leur propre compte. C’est le cas de Francine Diarra, étudiante de l’Institut supérieur de génie électrique et qui s’est perfectionnée dans le cadre du PAFPA Dual, est aujourd’hui à la tête de Francelec Burkina, ou du trio formé par Kader Bonkoungou, Issouf Ouédraogo et Bassirou Compaoré, fondateurs de ASELEC Sarl.

Les membres du CTSO posant avec l’aviculteur Amara Dao (3e à partir de la gauche)

« Nous sommes allés beaucoup plus sur la pratique. Cela a permis aux jeunes, au bout des trois mois, de pouvoir comprendre comment se fait une installation, les normes en matière d’installation bâtiment, comment évaluer une installation solaire, comment se fait la maintenance, etc. Je crois que ce sont ces éléments qui doivent leur permettre sur le terrain de pouvoir aller offrir des services et créer des ressources pour les entreprises ou pour eux-mêmes en tant qu’artisan individuel », a expliqué Jacques Sédégo, directeur de CECOMA Génimec Sarl.

Quelques bouteilles d’un cocktail de melon de l’unité Jumami

Un nouveau souffle

« Le PAFPA Dual est venu apporter un souffle nouveau à la localité », a confié, Bila Abdoulaye Sawadogo, le coordonnateur du Centre de formation agro-mécanique de Sakoinsé, dans la commune rurale de Kokologho. Ce centre, dont la stratégie de mobilisation des jeunes a été saluée par le CTSO au deuxième jour de la mission, a formé 150 apprenants des communes de Kokologho, de Sabou et de Thyou en maraîchage, aviculture, production agroécologique de maïs.

« Au-delà de l’appui du programme qui a consisté à doter certains apprenants en matériels, nous avons encouragé les apprenants à s’installer eux-mêmes sur le terrain. Nous avons également encouragé les entreprises à profiter des services des apprenants, pas de façon gratuite, mais en les rémunérant de plusieurs façons comme avec quelques têtes de poulets ou des plants pour le maraîchage », a laissé entendre Bila Abdoulaye Sawadogo.

Il n’a pas manqué de faire visiter la salle de classe d’une capacité de 50 places, nouvellement construite, grâce à un appui de quatre millions de francs CFA du PAFPA Dual.

L’étudiante et promotrice de Francelec Burkina, Francine Diarra, en plein exercice avec un autre apprenant

La poule aux œufs d’or de Yembi Rouamba

A Sogpelcé, dans la commune de Thyou, Yembi Rouamba pratiquait l’aviculture de manière traditionnelle avec un cheptel d’à peine 40 volailles. Mais après avoir bénéficié, dans le cadre du programme, de l’expérience de El Hadj Adama Kabré, un homme connu pour son humilité et son ouverture dans la transmission du savoir, Yembi Rouamba a su se bonifier. Il dispose aujourd’hui de plus de 300 têtes de pintades et 150 poules locales et pondeuses. « A la formation, j’ai beaucoup appris sur les déparasitants et sur la façon d’enrichir et doser les aliments pour volaille. Avant, quand je nourrissais les poules et les pintades, elles avaient un faible poids. Ce n’est plus le cas à présent et l’activité est très bénéfique », a témoigné Yembi Rouamba.

Le directeur de CECOMA Génimec Sarl (à gauche) échangeant avec les membres du CTSO

Africa Shalom et la production de la mangue séchée

Le marathon du CTSO s’est poursuivi dans la ville de Bobo-Dioulasso où les membres de la mission ont visité l’entreprise formatrice Africa Shalom, spécialisée entre autres dans le séchage de mangues. Classée première entreprise formatrice en marge de la première édition de la Rencontre des patrons burkinabè (REPAB), en juin dernier, Africa Shalom a formé 39 apprenants du PAFPA Dual et recruté 16 apprenants formés.

Le premier responsable des lieux, Emmanuel Ouattara, a exprimé sa fierté à l’endroit de l’une des recrues formées au sein de son entreprise. Il s’agit de Maïmouna Ouattara. Après la formation reçue dans le cadre du programme, elle a partagé ses connaissances avec les autres femmes de l’unité de production notamment dans le domaine de l’hygiène.

Avant de prendre congés de leur hôte, les membres du CTSO ont parcouru les différentes étapes du processus de production de la mangue séchée, depuis le tri des mangues en passant par le mûrissement des mangues, la découpe en tranches, la mise en claie et le passage dans les séchoirs ainsi que le conditionnement.

La mise sur claies des mangues découpées avant leur passage dans le séchoir

« Nous avons foi en nous »

Implantée dans la commune de Kiri, la ferme de l’Abondance est une ferme pluridisciplinaire qui fait dans l’élevage porcin, avicole, l’arboriculture, le maraîchage, le compostage et la formation. Cité en modèle par les responsables du PAFPA Dual, cette ferme a formé 76 jeunes et femmes répartis dans des localités telles que Koumbia, Peni, Toussiana, Padéma et Bobo-Dioulasso.

Son promoteur, Clément Poda, véritable bourreau du travail, a joué le rôle de guide, dans la matinée du 1er juillet, lors du passage de la mission du CTSO. Une visite qui a permis de parcourir les différents compartiments de la ferme qui, il faut le rappeler, a bénéficié d’une contribution du programme pour la construction de trois bâtiments. Il s’agit de deux salles de classes d’une capacité de 50 places chacune, et d’une salle devant servir de laboratoire.

« Nous vendons ce que nous produisons et nous réinvestissons cet argent à la ferme. Notre objectif est de continuer à bâtir une structure entrepreneuriale solide qui contribue à la formation et à l’insertion professionnelle des jeunes et femmes. Nous avons foi en nous et en nos partenaires tels que le PAFPA Dual », a laissé entendre Clément Poda.

Le promoteur de Africa Shalom, Emmanuel Ouattara a salué la qualité de la collaboration avec le PAFPA Dual

Amara Dao au ralenti

A Noumoudara, dans la commune de Péni, à une vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, Amara Dao est l’un des apprenants en aviculture de la ferme de l’abondance. Lui qui pratiquait exclusivement l’élevage de porcs avant la formation, a pu renforcer son activité grâce au PAFPA Dual, qui lui a offert 100 poussins, dix tôles, 90 briques en pierre taillé, un panneau solaire, une batterie, une brouette, un sac de ciment et un sac et demi d’aliments volailles. Même s’il a obtenu la somme de de 110 000 F CFA grâce à la vente de 25 poulets, Amara Dao peine à développer convenablement son activité à cause de la cherté de l’aliment volaille.

Clément Dao milieu des porcs qu’il élève dans sa ferme agro-sylvo-pastorale

Fatogoma, Ousmane et le piment

Contrairement à Amara Dao, Ousmane Coulibaly arrive visiblement à tirer son épingle de jeu. Formé par la ferme de l’Abondance, il a également bénéficié, dans le cadre du PAFPA Dual, du savoir-faire de la ferme Fatogoma Coulibaly en production maraichère. Depuis la formation, il est passé d’une superficie de 0,25 hectares (2 500m2) où il produisait de la tomate, à une superficie de 0,75 hectares (7 500 m2) où il produit de la tomate, de l’aubergine et surtout du piment.

Le maraicher Ousmane Coulibaly récoltant quelques gousses de piment

Sa production mensuelle de piments est d’environ 30 sacs de 120 kg pour un chiffre d’affaires moyen de 1 350 000 FCFA par mois. Grâce à la vente du piment le bénéficiaire a pu acheter 3 motos dont une pour son épouse. Il s’est également lancé dans la construction d’une maison de 48 tôles évaluée à environ 2 000 000 FCFA. Ousmane Coulibaly n’est pas le seul apprenant à s’être installé à son propre compte. Dix-neuf autres jeunes arrivent à se dépêtrer, en sollicitant par moments l’accompagnement de leur « mentor » Fatogoma Coulibaly.

Dans le champ d’Ousmane Coulibaly, le maraicher qui cultive du piment, de la tomate et de l’aubergine

Lourdeurs administratives

Même si les différents responsables des centres de formation et entreprises formatrices apprécient la collaboration d’une façon générale avec le PAFPA Dual, ils ont pointé du doigt les lourdeurs administratives constatées notamment dans le déblocage des ressources. « C’est une difficulté que nous avons rencontrée. Mais on s’était préparé à cela. Certaines choses ne sont pas bien définies au départ », a lancé le directeur de CECOMA Génimec Sarl, Jacques Sédégo.

A cette inquiétude, le coordonnateur du PAFPA Dual, Jean Marie Bado, a indiqué qu’au regard de l’insuffisance des ressources humaines, le programme s’est appuyé sur les organisations professionnelles membres du patronat pour atteindre plus de 400 entreprises et plus d’une cinquantaine de centres de formation. Mais, à l’en croire, cette stratégie rallongeait la chaine de distribution des ressources. « Si c’est à recommencer, nous traiterons directement avec les entreprises et les centre de formation pour réduire les lourdeurs constatées par-ci, par-là », a signifié Jean Marie Bado.

Jean Marie Bado, coordonnateur du PAFPA Dual

Un réajustement des fonds en vue

Au départ, le programme avait fait l’option d’accompagner, en fonction des fonds disponibles, 8% des jeunes pour leur installation. Mais, près de 1200 d’entre eux ont été insérés soit un taux d’insertion de près de 20%. « Nous sommes à quelque dix mois de la clôture, nous allons nous réunir dans le cadre du CTSO, ce mois de juillet, voir comment réajuster les fonds pour améliorer les performances du programme. Il y a également des défis au niveau de l’insertion et nous allons veiller à cela. Il y a des jeunes qui sont installés qui ont besoin d’un coup de pouce pour commencer à être plus performants et employer plus de monde », a indiqué le président du CTSO, Issa Compaoré.

Le président du CTSO, Issa Compaoré, a annoncé qu’un réajustement des fonds est en vue pour améliorer les performances du programme

« Il ne faut pas s’attendre à ce que l’Etat fasse tout »

« J’ai eu du plaisir à entendre que l’approche duale est l’une des approches performantes sur laquelle on peut construire. J’ai aussi apprécié cette motivation des entreprises de formation. Lorsque des entreprises de formation accompagnent et stimulent des jeunes à créer d’autres entreprises, c’est important. Il ne faut pas s’attendre à ce que l’Etat fasse tout », a laissé entendre Tengandé François Niada, de Helvetas, organisation suisse de coopération au développement représentant le Backstopping.

Tengandé François Niada du backstopping à l’ONG suisse Helvetas était de la mission

En tant que regard externe au projet, Tengandé François Niada a déploré le fait que le travail de suivi, de capitalisation de ce qui existe sur le terrain ne soit pas encore performant. « Nous aimerions que le programme s’investisse davantage là-dessus et surtout travaille de sorte que les acteurs du système de la formation professionnelle (Etat, secteur privé, entreprises de formation, collectivités et apprenants) puissent travailler ensemble. La Suisse est un pays qui soutient les initiatives sur le long terme. Dès lors qu’on arrive à prouver que le dispositif qui est testé fonctionne, la Suisse sera toujours prête à accompagner le Burkina à aller de l’avant. C’est l’intérêt de cette coopération. », a conclu M. Niada.

En attendant, il est prévu en fin juillet, une autre mission de suivi, cette fois-ci des membres de la Commission éducation et formation professionnelle du Conseil national du patronat burkinabè sur d’autres réalisations du Programme.

Fredo Bassolé
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