Actualités :: Burkina : Déclaration relative à la gouvernance financière et administrative (...)

Dans une déclaration publiée en le 8 mai 2022 sur Lefaso.net, le Syndicat national des enseignants-chercheurs, section de l’université Nazi Boni (SYNADEC-UNB), s’insurgeait contre une mauvaise gouvernance financière et administrative qui gangrènerait le fonctionnement de leur université. Dans la foulée, il annonçait un certain nombre d’actions pour exiger le paiement de l’intégralité de la dette sociale. Deux mois après cette date, le syndicat fait à travers les lignes qui suivent, une analyse critique de la situation actuelle du mouvement du SYNDEC-UNB et de la réaction des autorités universitaire et ministérielle.

Camarades militants et sympathisants,

Dans notre déclaration du 08 Mai 2022, nous avons dénoncé la gouvernance financière et administrative du Président de l’Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso.

Deux mois après cette date, nous jugeons important que l’on fasse une analyse critique de la situation actuelle du mouvement du SYNDEC-UNB et de la réaction des autorités universitaire et ministérielle.

A. Du Bilan des actions du SYNADEC-UNB.

Depuis deux mois (17 Mai 2022) les enseignants-chercheurs de l’UNB ont entrepris des actions pour que l’autorité universitaire apure la dette sociale de plus de deux ans et qui ne fait que s’accumuler. Ces actions comprennent :

 des arrêts de cours de 72h à partir du 17 mai puis de 96h à partir du 28 juin 2022 chaque semaine,

 Une rétention des sujets, copies et notes à partir du 28 juin 2022.
Les enseignants-chercheurs ne le font pas de gaieté de cœur, mais entendent interpeller les autorités universitaire et ministérielle sur la situation intenable qu’ils endurent.

Le SYNADEC, secteur de l’UNB, salue la grande mobilisation et la ferme détermination manifestées par les enseignants pour la défense de leur droit à cette occasion par le suivi massif du mot d’ordre de grève qui constitue un succès sans aucun doute. Il leur réitère ses félicitations pour leur sens élevé des responsabilités et leur hauteur d’esprit et de sacrifices qui ont permis d’éviter le blocage total des activités de notre institution ; car la plupart des enseignants c’est-à-dire plus de 90% ont déjà rempli leurs obligations de l’année en cours en réalisant leurs enseignements au-delà des volumes statutaires exigés et ne sont donc pas obligés de continuer les activités d’enseignement. Cependant, ils le font pour la bonne marche de l’institution dans un esprit de sacrifice et dans l’intérêt supérieur de l’institution.

B. De l’inertie du MESRI.

Dès la publication de notre déclaration du 08 Mai dernier, le MESRI qui était de passage à Bobo-Dioulasso a tenu à rencontrer le SYNADEC pour s’enquérir de la situation prévalant à l’UNB le lundi 09 mai 2022. Nous tenons à saluer dans ces lignes, la spontanéité (à double tranchant) du Ministre à qui nous avons dépeint sans langue de bois la crise de à l’UNB.

Toutefois, le point sombre à relever lors de cette rencontre, reste la conception étrange du Ministre sur la portée de la grève passive.

En filigrane, pour lui, une grève (passive) est inopérante et sans issue. Une active lui conviendrait-elle donc ?

Ensuite une mission du MESRI conduite par le SG et le DGSUP, a également rencontré le SYNADEC et la F_SYNTER le 04 Juin 2022 pour une tentative de médiation.

Toutes ces initiatives, le SYNADEC les apprécie surtout que le MESRI a reconnu la justesse de nos préoccupations. Mais force est de constater qu’aucune solution concrète à nos pressantes préoccupations n’a été proposée. L’autorité se contente simplement de demander la compréhension, la patience et l’accompagnement des autorités universitaires par une suspension voire une levée du mot d’ordre de grève sans une proposition concrète pour arriver à la résolution de la situation.

C. De l’exploitation de la situation nationale.

Nous entendons bien et sommes très conscients que la situation sécuritaire terrible que vit le Burkina Faso ces temps-ci commande une retenue dans nos actions à mener pour entrer en possession du fruit de notre travail. Mais que l’autorité universitaire exploite cette situation pour gagner en temps est inadmissible !

Lors d’une rencontre avec Monsieur le Président de l’UNB le Mardi 28 Mai 2022, nous avons été révulsés de l’entendre nous interpeller sur notre fibre patriotique. Le lendemain, peut-être de façon fortuite, avec une note administrative il ré-instituait la montée des couleurs (auparavant lancée puis rangée aux oubliettes depuis Nasso) chaque Lundi (à compter du Lundi 04 Juillet) au CFR.

Nous tenons à dénoncer cet opportunisme mesquin et rappelons à Monsieur le Président que le patriotisme lui impose en ces temps difficiles et pour un pays à ressources limitées comme le Burkina Faso
 De renoncer à l’utilisation de ses deux V8 pour une économie subséquente en carburant.
 De sauver le patrimoine du site de Nasso (un amphi de 500 places, deux amphis de 250 places, un bloc pédagogique et une bibliothèque universitaire croulant, etc…) laissé en friche.
 D’arrêter la mercantilisation éhontée du pourtour du CFR transformé en bar et kiosques divers.
 De réduire le train de vie de la Présidence de l’Université en dégraissant l’organigramme (chargé à dessein et à l’excès) de l’UNB.

D. De l’avenir sombre de notre université

Il faut craindre le pire pour notre institution car depuis le début de cette année, la majorité des enseignants vacataires contactés pour assurer leur enseignement exigent d’abord le paiement des arriérés de vacations qui remontent à au moins deux ans. A cela, s’ajoute à la dette actuelle, celle de cette année au compte des heures de vacation et supplémentaires. Tout cela ne présage rien de bon car aucune lueur de proposition de sortie de crise ne se dessine à l’horizon, ce qui donne l’impression que les problèmes vont se résoudre d’eux-mêmes à en juger l’attitude de nos responsables.

L’Assemblée Générale du 09 juin 2022, invite par conséquent tous les camarades militants et sympathisants à toujours rester sereins et mobilisés autour de la défense de nos intérêts et ainsi de l’image de notre institution inscrite dans une vision d’excellence. Elle les invite, par ailleurs, à se tenir prêts pour la lutte qui s’annonce.

En avant pour la défense de nos intérêts.

Pour le Bureau SYNADEC, Secteur de l’UNB

Le Secrétaire Général

Dr Sagnaba SOULAMA
Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques

Vie de la rédaction : Zéliya Tamboura, responsable du (...)
Ligne électrique Ouaga-Sapouy : Des chauves-souris à (...)
Entrepreneuriat au Burkina : 60 jeunes formés par la (...)
Sécurité routière au Burkina : Les autorités sensibilisent (...)
Commune de Ouagadougou : Le Mogho Naaba Baongo invite (...)
Entrepreneuriat agricole à Gaoua : L’étudiant Adama Palé (...)
Don de sang au Burkina : « Le sang est gratuit pour (...)
Burkina Faso : Plus de 85% des victimes d’accidents de (...)
Banditisme en milieu urbain : Trois malfrats dans les (...)
Promotion sportive et éducative au Burkina : Des (...)
Enfance en difficultés : Hugues Fabrice Zango fait (...)
Circulation routière au Burkina : Ouagadougou, capitale (...)
Affaire Thomas Sankara : « Ce sont les gens que nous (...)
Communications électroniques au Burkina : Les pratiques (...)
Burkina/Santé : Les responsables du ministère de la Santé (...)
Lutte contre la cécité au Burkina : Le ministère renforce (...)
« Projet Lönni » : Quand l’art efface le handicap
Port de casques à Ouagadougou : « C’est trop protocolaire (...)
Startup Challenge, édition 2022 : La 5e phase d’accélération
Santé publique : Le Burkina se dote des plans d’urgence (...)
Burkina/humanitaire : Titao, il faut parer au plus (...)

Pages : 0 | 21 | 42 | 63 | 84 | 105 | 126 | 147 | 168 | ... | 31038

Les plus regardées



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés