Actualités :: Audit international du fichier électoral : Opposition et Majorité d’accord, (...)

Le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) a, au cours de sa conférence de presse de ce mardi 14 juillet 2020, porté l’analyse autour du rapport de Human Rights Watch sur des exécutions sommaires dans le Soum, le conflit intercommunautaire dans le Poni, le Congrès d’investiture du candidat du MPP à la présidentielle, l’enrôlement des électeurs dans les zones en crise et les examens scolaires du Primaire, session 2020.

Au cours de cette sortie, animée par Victorien Tougouma et Amadou Diemdioda Dicko, respectivement président du Mouvement Africain des peuples (MAP) et vice-président de l’Union pour le progrès et le Changement (UPC), il est ressorti, au sujet des élections du 22 novembre 2020, qu’Opposition et Majorité sont toutes d’accord pour un audit international et indépendant du fichier.

« L’auditeur sera choisi de manière consensuelle par le Dialogue politique, une fois que la CENI (Commission électorale nationale indépendante) aura fini l’enrôlement, et avant qu’on aille aux élections », précisent les conférenciers. Rappelons que face aux suspicions de fraudes à l’enrôlement, le porte-parole du CFOP-BF, Zéphirin Diabré, avait, il y a quelques semaines, lancé que sans un audit international, les élections ne se tiendront pas.

Par la même occasion, les conférenciers sont revenus sur le processus d’enrôlement, en rappelant que les zones qui n’avaient pas pu être touchées par l’enrôlement sont sur le point de l’être, grâce à la conjugaison des efforts. « L’organisation du vote dans ces provinces a été demandée et obtenue par la délégation de l’Opposition au Comité de suivi du Dialogue politique. Il convient donc de féliciter la délégation de l’Opposition et celle de la Majorité pour avoir trouvé une solution permettant l’implication de l’ensemble des provinces dans le processus électoral », se sont félicité les porte-paroles du CFOP-BF.

Cependant ont-ils déploré plus loin : « Il reste entendu que de sérieux problèmes demeurent. Par exemple, le Président du CDP, Eddie Komboïgo, a révélé qu’à Bobo-Dioulasso, certains partis de la Majorité ont fait venir des non nationaux, en l’occurrence des Nigérians et des Libériens, pour leur faire confectionner des Cartes nationales d’identité burkinabè avant de les faire enrôler sur le fichier électoral. Ces informations viennent s’ajouter à celles relatives à l’arrestation de plusieurs cadres de la Majorité pour tentative de fraudes électorales. Tout cela convainc une fois de plus l’Opposition qu’il faut un audit international et indépendant du fichier électoral, afin de lever tout doute concernant l’intégrité dudit fichier ».

En lien avec les élections, le CFOP-BF est revenu sur le Congrès d’investiture du candidat du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), Roch Kaboré, à la course pour la Présidence du Faso. Pour le CFOP-BF, le bilan du président Kaboré et de son parti est plus que chaotique.

« En cinq ans de pouvoir, le MPP et ses alliés ont réussi la triste prouesse d’activer tous les leviers de corruption et de pillage. Ils n’ont pas pu empêcher l’assassinat de 2000 Burkinabè, l’occupation de près de la moitié du territoire, l’abandon de plus d’un million de Burkinabè qui sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, et la fermeture de 4000 écoles », ont soutenu les conférenciers, estimant que le MPP devrait avoir simplement « la décence de faire un second mea culpa » et de s’éclipser avec ses multiples malédictions. C’est pourquoi, pour eux, « bouter » le MPP hors de Kosyam est une question de survie nationale, et les Burkinabè doivent le faire à traver les urnes le 22 novembre prochain.

Le rapport de l’ONG (Organisation non-gouvernementale) Human Rights Watch (HRW), portant accusations des éléments des Forces de défense et de sécurité burkinabè d’atteinte aux droits humains dans la province du Soum a été l’autre sujet abordé par le CFOP-BF au cours de sa sortie. « Les événements dont Human Rights Watch parle se seraient déroulés entre novembre 2019 et avril 2020, et auraient causé la mort d’environ 170 personnes. Comme explication, le gouvernement, à travers son porte-parole, a dit : Ces Groupes armés terroristes, après s’être emparés de certains matériels et tenues militaires des Forces armées, se sont spécialisés dans l’instauration de la confusion, en se faisant passer, auprès des populations pour des éléments des Forces de Défense et de Sécurité », a situé l’institution, demandant la lumière sur ces préoccupations car, pour elle, les accusations d’exécutions sommaires répétitives sont de nature à diviser davantage les Burkinabè et à créer un terreau fertile au recrutement des terroristes.

Intervenant sur le conflit communautaire qui a opposé deux ethnies dans la commune de Loropéni (Sud-ouest), dans la nuit de vendredi, 10 juillet à samedi, 11 juillet 2020, faisant un bilan provisoire de trois morts et d’un disparu, le CFOP-BF invite toutes les institutions républicaines de médiation, de réconciliation et de préservation de la paix, à mieux s’outiller pour prévenir et gérer les affrontements communautaires.

Cette conférence hebdomadaire qui se tient alors que les examens du CEP, du CAP, du BEPC, et le concours d’entrée en 6ème viennent de démarrer, a été un moment propice pour les responsables du CFOP-BF pour demander au gouvernement Dabiré de « mettre tout en œuvre, avec anticipation et engagement, pour que le maximum d’enfants retourne en classe à la rentrée prochaine ».

Il s’inquiète également que le ministre de l’Education nationale n’indique pas clairement le sort des élèves déplacés internes et ceux en classe d’examens dont les cours ont été fortement perturbés par les attaques terroristes. « Aussi, l’Opposition voudrait-elle inviter le gouvernement à bien vouloir rendre publique ces informations, et à dire au peuple ce qu’il entreprend pour pouvoir sauver l’année scolaire de ces enfants en difficulté », ont requis les porte-paroles de la semaine du Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF).

O. L

Lefaso.net

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